Im­por­tant consen­sus sur le bar­rage Grande Re­nais­sance

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L'Egypte, l'Ethio­pie et le Sou­dan ont at­teint un consen­sus sur les étapes sui­vantes pour le pro­jet du bar­rage Grande Re­nais­sance, en plein en­ga­ge­ment à la Dé­cla­ra­tion de prin­cipes.

L'Egypte, l'Ethio­pie et le Sou­dan se sont mis d'ac­cord sur cer­tains points re­liés au bar­rage éthio­pien Grande Re­nais­sance au terme de leurs réunions.

Les pour­par­lers à six entre les mi­nistres des Af­faires étran­gères et de l'Eau des trois pays ont eu lieu à Khar­toum, di­manche, lun­di et mar­di.

Mais les trois pays sont d'ac­cord sur plu­sieurs points, y com­pris le choix d'un nou­veau bu­reau pour exé­cu­ter des études tech­niques sur les ef­fets du bar­rage après qu'une firme néer­lan­daise s'est re­ti­rée.

L'ac­cord si­gné par les mi­nistres des Af­faires étran­gères et de l'Eau d'Egypte, d'Ethio­pie et du Sou­dan a été bap­ti­sé « Le do­cu­ment de Khar­toum ». Il dé­signe no­tam­ment deux so­cié­tés d'ingénierie fran­çaises BRL et Ar­te­lia pour faire une étude tech­nique sur les consé­quences de la construc­tion du bar­rage.

Le chef de la di­plo­ma­tie sou­da­naise Ibra­him Ghan­dour a in­di­qué mar­di à

l’is­sue d’une réunion à Khar­toum que les mi­nistres des Af­faires étran­gères et de l’Eau et de l’Ir­ri­ga­tion de ces trois pays étaient "tom­bés d’ac­cord sur l’ar­bi­trage de BRL et d’Ar­te­lia". "BRL fe­ra 70% des études et le reste se­ra confié à Ar­te­lia", a pré­ci­sé le mi­nistre sou­da­nais de l’Eau et de l’Elec­tri­ci­té, Mou­taz Mous­sa Sa­lim.

"Ces deux bu­reaux vont en­ta­mer dé­but fé­vrier 2016 leurs études pour une du­rée de six mois et leur ar­bi­trage se­ra ac­cep­té par les trois pays", at-il ajou­té.

L’Ethio­pie construit de­puis 2012 un im­mense bar­rage hy­dro-élec­trique sur le Nil bleu et en dé­pit de onze ses­sions de né­go­cia­tions de­puis cette date, les trois pays n’ont pas réus­si à sur­mon­ter leurs dif­fé­rends sur la part des eaux de cha­cun. L’Egypte, qui tire du Nil en­vi­ron 90% de son eau et craint que ce bar­rage n’en af­fecte le dé­bit, in­siste sur ses "droits his­to­riques" sur le fleuve,

ga­ran­tis par des trai­tés da­tant de 1929 et 1959. Ceux-ci lui ac­cordent, ain­si qu’au Sou­dan, des droits sur 87% du dé­bit du Nil.

Le Nil bleu re­joint le Nil blanc à Khar­toum pour for­mer le Nil qui tra­verse le Sou­dan et l’Egypte avant de se je­ter dans la Mé­di­ter­ra­née.

L’Ethio­pie doit inau­gu­rer en 2017 ce bar­rage sur­nom­mé "Grande re­nais­sance" et pré­sen­té comme le plus grand d’Afrique. Sa ca­pa­ci­té, an­non­cée à 6.000 mé­ga­watts, doit mettre le pays à l’abri des in­suf­fi­sances éner­gé­tiques en­tra­vant son dé­ve­lop­pe­ment.

Quand l’Ethio­pie avait com­men­cé les tra­vaux en 2012, Le Caire avait ma­ni­fes­té son mé­con­ten­te­ment en se re­ti­rant de l’Ini­tia­tive du Bas­sin du Nil (NBI) qui re­groupe les dix Etats ri­ve­rains du fleuve. L’Egypte a tou­te­fois ré­in­té­gré la NBI en fé­vrier. En mars, lors d’une ren­contre à Khar­toum avec le pré­sident égyp­tien Ab­del Fat­tah al-Sis­si et son ho­mo­logue sou­da­nais Omar el-Béchir, le Pre­mier mi­nistre éthio­pien Hai­le­ma­riam De­sa­le­gn avait af­fir­mé que la construc­tion du bar­rage "ne nui­ra pas à nos trois Etats, et en par­ti­cu­lier au peuple égyp­tien".

En signe de bonne vo­lon­té, l'Ethio­pie s'est en­ga­gée à ne pas pro­cé­der au rem­plis­sage du bar­rage avant la fin de l'étude qui de­vrait du­rer un an. Ad­dis-Abe­ba a par ailleurs in­di­qué être dis­po­sée à ac­cueillir des en­voyés d'Egypte et du Sou­dan sur les lieux des tra­vaux à tout mo­ment.

Les trois pays ont éga­le­ment conve­nu de la ré­duc­tion du temps uti­li­sé pour réa­li­ser l'étude de 11 à neuf mois et d'es­sayer un "sto­ckage pi­lote" de trois mil­lions de mètres cubes d'eau du Nil, une quan­ti­té qui ne de­vrait pas avoir un ef­fet sur la part d'eau de l'Egypte.

Les réunions des six par­ties s'étaient te­nues au mi­lieu des craintes de ré­pé­ter les échecs de né­go­cia­tions pré­cé­dentes. Le pre­mier jour des né­go­cia­tions, la mi­nistre des Af­faires étran­gères de l'Egypte Sa­meh Chou­kry a ren­con­tré le pré­sident Omar el-Béchir du Sou­dan pour dis­cu­ter de la co­opé­ra­tion entre les deux pays.

Chou­kry, se­lon un com­mu­ni­qué des Af­faires étran­gères, a sou­li­gné à Béchir l'im­por­tance de res­pec­ter la dé­cla­ra­tion de prin­cipes de la com­mis­sion tri­par­tite char­gée d'as­su­rer la confiance mu­tuelle entre les trois par­ties et réa­li­ser des gains com­muns.

Les trois par­ties étaient à la re­cherche de si­gner un do­cu­ment qui ré­git les résultats des études, afin de veiller à ce qu'elles soient en­ga­gées à des né­go­cia­tions suite à l'an­nonce de ces résultats.

L'étude per­met­tra de dé­ter­mi­ner les impacts en­vi­ron­ne­men­taux, so­ciaux et éco­no­miques de la construc­tion du bar­rage. En mars, les trois pays avaient si­gné une dé­cla­ra­tion de prin­cipes sur le bar­rage, en ac­cep­tant de sau­ve­gar­der les in­té­rêts de toutes les par­ties.

Le mi­nistre égyp­tien des Af­faires étran­gères Sa­meh Chou­kry, a pour sa part ex­pri­mé la vo­lon­té de l'Egypte de ren­for­cer ses liens avec l'Ethio­pie en di­sant: «Nous sommes conscients de l'im­por­tance de la ré­ac­ti­va­tion de la re­la­tion avec l'Ethio­pie avec la­quelle nous par­ta­geons le pa­tri­moine com­mun de l'hu­ma­ni­té. Nous sommes éga­le­ment conscients de l'im­por­tance de la réa­li­sa­tion du bien-être et du dé­ve­lop­pe­ment pour les trois pays et de ren­for­cer les liens po­si­tifs qui per­mettent d'at­teindre les in­té­rêts des trois pays de ma­nière équi­table ".

Des sources égyp­tiennes of­fi­cielles ont in­di­qué que la réunion des six par­ties se pro­dui­sait au mi­lieu des condi­tions po­li­tiques qui poussent les trois pays à par­ve­nir à un com­pro­mis en vue de ré­pondre aux as­pi­ra­tions des peuples des pays en ma­tière de dé­ve­lop­pe­ment.

L’Egypte a de­man­dé que les consul­tants se penchent sur les mo­da­li­tés de rem­plis­sage du bar­rage éthio­pien. Le Caire sou­haite que ce rem­plis­sage soit éta­lé sur une pé­riode d’au moins sept ans pour ne pas pri­ver l’Egypte d’une bonne par­tie des 47 mil­liards de mètres cubes qu’elle re­çoit an­nuel­le­ment du Nil Bleu éthio­pien.

Le gou­ver­ne­ment éthio­pien avait an­non­cé le dé­tour­ne­ment du cours de Nil Bleu à cou­ler à tra­vers le nou­veau bar­rage Grande Re­nais­sance pour la pre­mière fois, après que la construc­tion des quatre pre­mières en­trées d'eau a été ache­vée.

Cette an­nonce in­ter­vient quelques heures avant une ronde de né­go­cia­tions, im­por­tante qui se dé­rou­laient entre l'Egypte, le Sou­dan et l'Ethio­pie di­manche.

L'Ethio­pie a dé­tour­né le cours du fleuve en 2013 pour com­men­cer à construire le corps du bar­rage, et l'a main­te­nant fait re­ve­nir à son cours nor­mal pour cou­ler à tra­vers le bar­rage.

Le mi­nistre égyp­tien de l'Ir­ri­ga­tion et des Res­sources en eau Hos­sam El-Mo­gha­zy a dit que ce­ci est une étape nor­male qui vient comme une par­tie des opé­ra­tions de construc­tion éthio­piennes, que le cours a été dé­tour­né il y a deux ans pour com­men­cer les construc­tions, et est main­te­nant ré-dé­tour­né à son par­cours ini­tial.

Il a sou­li­gné que cette étape ne va pas af­fec­ter les né­go­cia­tions en cours au Sou­dan.

Le mi­nistre égyp­tien des Af­faires étran­gères (G.) ser­rant la main de son ho­mo­logue éthio­pien (D.)

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