La France et le monde fêtent la mu­sique, "la meilleure ré­ponse au ter­ro­risme"

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De Pa­ris à Van­cou­ver et de Rome à New York, la France et le monde avec elle ont fê­té mar­di soir la mu­sique, "la meilleure ré­ponse au ter­ro­risme", se­lon Ma­nuel Valls, alors que l'hexa­gone est pla­cé en état d'ur­gence.

Cette 35e édi­tion de la Fête de la mu­sique, dont le thème est cette an­née "la mu­sique plus forte que...", tombe dans une pé­riode où les ef­fec­tifs po­li­ciers sont par­ti­cu­liè­re­ment mo­bi­li­sés pour cause d'Euro de foot­ball et de me­nace ter­ro­riste en France.

"La meilleure ré­ponse, LA ré­ponse au ter­ro­risme, à la me­nace en ma­tière de sé­cu­ri­té, c'est la vie", a dé­cla­ré le Pre­mier mi­nistre.

"C'est la culture, la Fête de la mu­sique, c'est l'Euro avec des stades de foot­ball qui sont rem­plis", a-t-il ajou­té dans la cour de l'Hô­tel Ma­ti­gnon alors que la mu­si­cienne ma­lienne Ro­kia Trao­ré chan­tait der­rière lui. Ma­nu Kat­ché et Nol­wenn Le­roy se sont éga­le­ment pro­duits dans la soi­rée.

Ma­nuel Valls s'est vu re­mettre dans la jour­née un rap­port du vio­lo­niste Di­dier Lo­ck­wood, qui pré­co­nise no­tam­ment de per­mettre aux en­fants de pra­ti­quer tout de suite l'ins­tru­ment sans pas­ser par l'ap­pren­tis­sage du sol­fège.

Les notes de mu­sique ré­son­naient aus­si au mi­nis­tère de la Culture où se pro­dui­saient, près des cé­lèbres co­lonnes de Bu­ren, le chan­teur Mar­vin Jou­no, l'au­teure-com­po­si­trice Ra­phaële Lan­na­dère et la ro­ckeuse Jeanne Ad­ded.

En dé­but de soi­rée, quelque 200 per­sonnes as­sis­taient au spec­tacle sous une pluie fine.

Ini­tia­tive ori­gi­nale, celle de l'as­so­cia­tion Ta­tane qui a choi­si de ma­rier foot­ball et mu­sique à la Phil­har­mo­nie de Pa­ris.

Pro­je­té en di­rect sur un écran géant, le match Croa­tie-Es­pagne était "com­men­té" en mu­sique et en di­rect par l'or­chestre sym­pho­nique du Conser­va­toire de Pa­ris.

En ré­gions, c'est Tou­louse qui a don­né le "la" avec le grand concert ani­mé par Ga­rou Place du Ca­pi­tole et re­trans­mis en di­rect sur France 2 et TV 5 Monde. Le chan­teur Re­naud était l'in­vi­té ve­dette de la soi­rée.

Bor­deaux a pro­cé­dé à une "re­dis­po­si­tion" hors du centre ville des scènes of­fi­cielles, la cé­lèbre place des Quin­conces, coeur ha­bi­tuel de la Fête, étant cette an­née ré­ser­vée à la "fan zone" de l'Euro.

Lille a choi­si d'ins­tal­ler la scène prin­ci­pale au sein même de la" fan zone", rai­son pour la­quelle il n'y a pas eu de me­sure de sé­cu­ri­té sup­plé­men­taire.

Créée il y a 34 ans par Jack Lang, la Fête de la mu­sique conti­nue à es­sai­mer dans le monde. Quelque 120 pays la cé­lé­braient cette an­née, de Yaoun­dé à Van­cou­ver, en pas­sant par Bue­nos Aires ou Hong Kong...

Jack Lang en­cou­rage la «ré­sis­tance cultu­relle»

Au Li­ban, les mu­si­ciens ont fait en­tendre leur ta­lent dans la ca­pi­tale mar­di soir. Le pré­sident de l'Ins­ti­tut du monde arabe, Jack Lang, qui ache­vait une vi­site au pays du cèdre, est ve­nu ap­por­ter son sou­tien à la créa­ti­vi­té en amont de cette fête. Une ré­sis­tance, a-t-il dit, face à l'obs­cu­ran­tisme et à la me­nace ter­ro­riste.

Mu­si­ciens li­ba­nais, sy­riens ou étran­gers, ils ont fait dan­ser Bey­routh... Le Li­ban a été le pre­mier pays au Moyen-Orient à se mettre au dia­pa­son de la Fête de la mu­sique. Un élan que le créa­teur de cet évé­ne­ment, Jack Lang, est ve­nu sa­luer. «Bey­routh est une grande ca­pi­tale cultu­relle du monde arabe. Je sou- hai­tais mar­quer la pré­sence de la Fête de la mu­sique dans le monde arabe et dans une ville et un pays qui in­carnent cet idéal de li­ber­té, de culture et de créa­ti­vi­té», ex­plique l'an­cien mi­nistre fran­çais.

Bey­routh, c'est aus­si l'in­sta­bi­li­té, po­li­tique ou sé­cu­ri­taire. Créer, c'est faire de la «ré­sis­tance cultu­relle». Une éner­gie qui force l'ad­mi­ra­tion du pré­sident de l'Ins­ti­tut du monde arabe: «L'éner­gie li­ba­naise est si forte, la vo­lon­té de vivre est si puis­sante que les ar­tistes, les créa­teurs, les in­tel­lec­tuels avancent. Il faut vivre. Et vivre est une des meilleures ré­ponses à tous ceux qui vou­draient im­po­ser la loi de la vio­lence».

Ne­j­meh Square ou place de l'Etoile où la mu­sique a aus­si été fê­tée

Fête de la mu­sique, le 21 juin 2016 à Pa­ris

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