Ch­rist: Le pre­mier tou­riste en Egypte

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Le pape Ta­wa­dros II a re­çu une sta­tue de Sal­va­dor Dali en re­con­nais­sance de l'Egypte comme étant le pays de la paix.

Mar­quant la cé­ré­mo­nie, le pape Ta­wa­dros a été re­çu par le mi­nistre du Tou­risme Yé­hia Ra­ched, Juan-Ja­vier Bo­fill, le di­rec­teur de l'ex­po­si­tion Sal­va­dor Dali à Bar­ce­lone, le di­rec­teur com­mer­cial de Bo­fill, Fran­cis­co La­ra Mo­ra, et Ham­di Za­ki, an­cien conseiller tou­ris­tique de l'Egypte en Amé­rique la­tine et ac­tuel­le­ment conseiller à un groupe de ré­flexion à Ma­drid et Bar­ce­lone.

Au cours de la réunion, Bo­fill a pré­sen­té une sta­tue ori­gi­nale de Saint Georges le tueur de dra­gon faite par Dali, le peintre sur­réa­liste es­pa­gnol. La sta­tue de 80-cm a été pré­sen­tée en re­con­nais­sance du rôle de l'Egypte comme la mère de la ci­vi­li­sa­tion et la terre de la paix, qui à tra­vers l'his­toire a pro­té­gé le monde de la bar­ba­rie - une mis­sion que l'Egypte conti­nue à ac­com­plir au­jourd'hui.

«Nous avons choi­si l'Egypte pour être la mai­son de cette sta­tue pour des rai­sons his­to­riques, étant vues dans les sculp­tures pha­rao­niques au Temple de Hi­bis à Khar­ga, qui montrent Ho­rus ter­ras­sant un ser­pent, sym­bole du mal, tout comme Saint George tue le dra­gon et le mal ", a dé­cla­ré Fran­cis­co La­ra Mo­ra. "Main­te­nant, au 21e siècle, nous le voyons comme ter­ras­sant l'igno­rance", a-t-il ajou­té

Il a sou­li­gné la né­ces­si­té pour le monde de tour­ner son at­ten­tion vers l'Egypte et la né­ces­si­té de pro­mou­voir le voyage de la Sainte Fa­mille ayant conduit Bo­fill à consa­crer la sta­tue à l'Egypte. D'une va­leur de 1,9 mil­lions d'eu­ros, la sta­tue fait par­tie de la col­lec­tion de Bo­fill et fai­sait par­tie d'une ex­po­si­tion réus­sie au Bré­sil.

Za­ki a dé­cla­ré que Bo­fill a été ins­pi­rée pour don­ner la sta­tue à l'Egypte par son ami La­ra Mo­ra. De 650 pièces de Dali dis­per­sées à tra­vers le monde, Bo­fill pos­sède 44, y com­pris deux pièces mon­trant Saint George le tueur de dra­gon. Il a don­né l'une des pièces, d'une va­leur de 2,25 mil­lions d'eu­ros, à la ca­thé­drale de Bar­ce­lone et l'autre à l'Egypte.

Ra­ched a dé­cla­ré que le tou­risme re­li­gieux est en plein es­sor dans le monde en­tier. Quelque 10 mil­lions de vi­si­teurs viennent chaque an­née en Es­pagne pour le tou­risme re­li­gieux. "Et nous avons le voyage de la Sainte Fa­mille, qui a vé­cu en Egypte pen­dant trois ans et de­mi», a no­té Ra­ched.

Il a ajou­té que, en ac­cord avec le pape Ta­wa­dros, un fes­ti­val in­ter­na­tio­nal se tien­dra à adop­ter de nou­veau au cours des voyages de la Sainte Fa­mille en Egypte. Des mil­liers de re­pré­sen­tants d'Eglises du monde en­tier se­ront in­vi­tés, ain­si que des per­son­na­li­tés ayant une in­fluence sur les dé­ci­sions de voyage. Le pape Ta­wa­dros, qui est pré­oc­cu­pé par le tou­risme, a sug­gé­ré le slo­gan, "Ch­rist: Le pre­mier tou­riste en Egypte". Pen­dant le fes­ti­val, une ré­plique de la sta­tue de Dali de 3,2 mètres de Saint George se­ra dé­voi­lée.

Le fes­ti­val ver­ra éga­le­ment un mil­lion d'en­fants égyp­tiens de la terre de paix et ber­ceau de la ci­vi­li­sa­tion et de la re­li­gion en­voyer un mes­sage sur les mé­dias so­ciaux à des di­zaines de mil­lions d'en­fants à tra­vers le monde, en les in­vi­tant à par­ti­ci­per à un concours en sou­met­tant un es­sai ou l'oeuvre sur l'Egypte.

Le mi­nis­tère du Tou­risme dé­cer­ne­ra 1000 prix aux ga­gnants, y com­pris les ré­pliques des tré­sors de Tou­tan­kha­mon et la sta­tue de Saint George. Les 100 meilleures sou­mis­sions pro­ve­nant de 50 na­tions vont ga­gner un voyage en Egypte.

Le fes­ti­val est pré­vu pour amé­lio­rer l'image de l'Egypte et ren­for­cer le tou­risme, ain­si que des tra­vaux d'ap­pro­vi­sion­ne­ment pour les in­dus­tries du tou­risme qui ont été gran­de­ment tou­chées.

No­tons que Ma­drid re­çoit nor­ma­le­ment moins de 1,5 mil­lions de tou­ristes en six mois, mais il y a quelques an­nées, avec la vi­site par le pape ca­tho­lique Fran­çois, 1,5 mil­lions d'Eu­ro­péens ont vi­si­té Ma­drid en six jours en août, ce qui a rap­por­té 180 mil­lions de $. Ac­tuel­le­ment, quelque 70 mil­lions de tou­ristes vi­sitent l'Es­pagne chaque an­née, dé­pen­sant plus de 80 mil­liards de $ dans le pays.

Bio­gra­phie de Sal­va­dor Dali

Sal­va­dor Dali fut l'un des ar­tistes les plus cha­ris­ma­tiques du 20e siècle. To­ta­le­ment aty­pique et do­té d'un ca­rac­tère com­plexe, cet ar­tiste peintre in­carne le mou­ve­ment sur- réa­liste.

Sal­va­dor Dali naît à Fi­gue­ras, en Es­pagne, en 1904. Quelques mois avant sa nais­sance, son frère aî­né por­tant le même nom est dé­cé­dé. Tou­jours ob­sé­dé par ce double dis­pa­ru, Sal­va­dor dé­ci­de­ra très jeune qu'il veut prou­ver au monde sa per­son­na­li­té unique. Do­té d'un ca­rac­tère très fort et d'un pen­chant pour le monde ima­gi­naire, Sal­va­dor se tourne na­tu­rel­le­ment très jeune vers la pein­ture.

Il dé­couvre la pein­ture lors d'une vi­site de sa fa­mille chez le peintre im­pres­sion­niste Pin­chot, en 1916. Sur ses conseils, Dali com­mence à suivre des cours de pein­ture à l'école mu­ni­ci­pale de gra­vure. Dali ex­pose dès l'âge de 14 ans ses toiles dont l'in­fluence im­pres­sion­niste se fait sen­tir jus­qu'en 1919.

Après son bac­ca­lau­réat, Dali en­tre­prend des études à l'Aca­dé­mie royale des beaux-arts de San Fer­nan­do. Il s'y fait re­mar­quer pour son ca­rac­tère ex­cen­trique et ses ta­bleaux tein­tés de cu­bisme et de fu­tu­risme. Il se lie d'ami­tié avec le ci­néaste Bu­nuel. Il est ex­pul­sé de l'Aca­dé­mie en 1926 pour son com­por­te­ment et son re­fus de se faire éva­luer par des pro­fes­seurs qu'il juge mé­diocres.

En 1927, Dali se rend pour la pre­mière fois dans la ca­pi­tale fran­çaise. Il y ren­contre Pi­cas­so qu'il ad­mire pro­fon­dé­ment. Il se rend une deuxième fois à Pa­ris à l'oc­ca­sion du tour­nage du film Un chien an­da­lou, de Bu­nuel, dont il est le cos­cé­na­riste, en 1929. Lors de ce voyage, Joan Mi­ro in­tro­dui­ra Sal­va­dor dans le groupe sur­réa­liste. Dali y ren­con­tre­ra sa fu­ture femme Ga­la et An­dré Bre­ton. Dali s'in­té­resse alors aux tech­niques psy­cha­na­ly­tiques de Freud et crée sa tech­nique «pa­ra­noïaque-cri­tique». Il peint, lors de cette pé­riode, ses ta­bleaux les plus ma­gis­traux, peu­plés d'élé­ments oni­riques et fan­tas­tiques, pleins de sym­bo­lisme, à l'image de ses Montres molles. Il se fe­ra en­suite ex­clure du mou­ve­ment sur­réa­liste en 1934.

Après la guerre ci­vile es­pa­gnole, Dali s'en­gage po­li­ti­que­ment et dé­clare vou­loir re­ve­nir à une pein­ture plus réa­liste tout en gar­dant son ori­gi­na­li­té. Ses thèmes sont la guerre, la femme et le sexe.

Dali conti­nue­ra de faire des ap­pa­ri­tions pu­bliques re­mar­quées et, après dix ans de tra­vail, il ouvre son propre mu­sée en 1974. Ses der­nières re­cherches le pousse à faire des pein­tures de style sté­réo­sco­pique en 1975. Dali s'éteint à Bar­ce­lone en 1989. Confor­mé­ment à sa vo­lon­té, Sal­va­dor Dalí se fit em­bau­mer puis ex­po­ser dans son «Teatre-Mu­seu», où il re­pose dé­sor­mais. Une simple pierre in­dique le lieu de sa sé­pul­ture. Par tes­ta­ment, il lé­gua l’en­semble de ses biens et de son oeuvre à l’État es­pa­gnol.

Le pape Ta­wa­dros II re­ce­vant la sta­tue de Sal­va­dor Dali

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