La France pour un "chan­ge­ment pro­fond" du pro­jet eu­ro­péen

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Après l'an­nonce du dé­part du Royaume-Uni de l'Union eu­ro­péenne (UE), la classe po­li­tique fran­çaise - à l'ex­cep­tion du Front na­tio­nal (FN) - ré­clame un chan­ge­ment pro­fond du pro­jet po­li­tique eu­ro­péen, no­tam­ment les ques­tions re­la­tives à la crise mi­gra­toire et à la me­nace ter­ro­riste, pour évi­ter le re­pli.

Du par­ti so­cia­liste au pou­voir en pas­sant par le prin­ci­pal par­ti d'op­po­si­tion, Les Ré­pu­bli­cains, au par­ti de gauche, les lea­ders po­li­tiques fran­çais qui ont ré­agi à la sor­tie du Royaume-Uni de l'UE, de­mandent une re­fon­da­tion pour sau­ver l'UE.

Seul le FN reste fi­dèle à sa po­si­tion : la te­nue d'un ré­fé­ren­dum à l'ins­tar de la Grande-Bre­tagne pour ac­ter le dé­part de la France de l'Union.

"La dé­ci­sion de la Grande-Bre­tagne exige aus­si de prendre lu­ci­de­ment conscience des in­suf­fi­sances du fonc­tion­ne­ment de l'Eu­rope et de la perte de confiance des peuples dans le pro­jet qu'elle porte", a dé­cla­ré le pré­sident fran­çais Fran­çois Hol­lande. Pour lui, un sur­saut est donc né­ces­saire car, dit-il, l'Eu­rope pour al­ler de l'avant ne peut plus faire comme avant.

Les chan­ge­ments à ap­por­ter doivent ain­si concer­ner se­lon M. Hol­lande la "sé­cu­ri­té et la dé­fense de notre conti­nent pour pro­té­ger nos fron­tières et pour pré­ser­ver la paix face aux me­naces, l'in­ves­tis­se­ment pour la crois­sance et pour l'em­ploi, l'har­mo­ni­sa­tion fis­cale et so­ciale, ren­for­ce­ment de la zone eu­ro et de sa gou­ver­nance dé­mo­cra­tique".

"Ce qui se joue, c'est la di­vi­sion de l'Eu­rope au risque du re­pli ou la ré­af­fir­ma­tion de son exis­tence au prix de chan­ge­ments pro­fonds. Je fe­rai tout pour que ce soit le change- ment pro­fond plus tôt que le re­pli", a dit M. Hol­lande.

Le Pre­mier mi­nistre fran­çais, Ma­nuel Valls qui a qua­li­fié le choix des bri­tan­niques "d'élec­tro­choc" et de "dé­fla­gra­tion à l'échelle du conti­nent ", pense que ce dé­part est aus­si ré­vé­la­teur d'un ma­laise trop long­temps igno­ré.

"Trop long­temps on a fer­mé les yeux sur les aver­tis­se­ments et les doutes ex­pri­més par les peuples eu­ro­péens, nous y sommes : me­naces ter­ro­ristes, crise mi­gra­toire, mon­tée de l'ex­trême droite dans notre conti­nent qui tour­ne­rait ain­si le dos à ses va­leurs fon­da­trice", a-t-il in­di­qué.

Le mo­ment est donc ve­nu se­lon M. Valls de "re­fon­der, ré­in­ven­ter" une autre Eu­rope en écou­tant les peuples. "Il faut re­bâ­tir le pro­jet eu­ro­péen en ré­pon­dant à ses ques­tions : quel pro­jet ? Quelle va­leur ? Quelle iden­ti­té et Quelle fron­tière ? C'est ain­si que nos conci­toyens se ré­ap­pro­prie­ront plei­ne­ment le pro­jet eu­ro­péen", a es­ti­mé le Pre­mier mi­nistre fran­çais.

Quelques mil­liers de Bri­tan­niques se sont ras­sem­blés mar­di sur Tra­fal­gar Square puis de­vant le Par­le­ment de Londres pour pro­tes­ter contre le Brexit. Un sym­bole fort dans un pays peu ha­bi­tué à ma­ni­fes­ter.

Ce ras­sem­ble­ment, fait plu­tôt rare au Royaume-Uni, peu ha­bi­tué aux ma­ni­fes­ta­tions, illustre les di­vi­sions d'un pays grog­gy après la vic­toire du Brexit au ré­fé­ren­dum sur la place du Royaume-Uni dans l'UE.

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