La Mai­son de Ga­mal Ab­del Nas­ser trans­for­mée en une bi­blio­thèque

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Les vi­si­teurs au­ront bien­tôt ac­cès à la mai­son de l'an­cien pré­sident égyp­tien Ga­mal Ab­del Nas­ser après Dr Ni­vine al-Ki­la­ni, di­rec­trice du Fonds de dé­ve­lop­pe­ment cul­tu­rel, a an­non­cé que la mai­son se­ra trans­for­mée en une bi­blio­thèque après un pro­ces­sus de ré­pa­ra­tion qui a pris deux ans. Al-Ki­la­ni a dit que le «coût de la ré­pa­ra­tion de la mai­son a at­teint 350.000 livres. Elle se­ra inau­gu­rée dans une brève pé­riode. L'es­pace de la mai­son est de 160 mètres car­rés, est si­tuée sur un ter­rain de 380 mètres car­rés. Elle se com­pose de cinq chambres et une salle de ré­cep­tion. En plus de la bi­blio­thèque, la mai­son com­pren­dra un théâtre et se­ra équi­pée de trois salles. "Le dé­funt pré­sident avait des po­si­tions his­to­riques et la trans­for­ma­tion de sa mai­son à Alexan­drie en mu­sée était un rêve pour les ha­bi­tants de la ville. Tou­te­fois, cette mai­son a été né­gli­gée pen­dant plus de 46 an­nées. La mai­son où Ab­del Nas­ser (1918 à 1970) est né re­monte à 1904 quand son père l'a ache­tée. La fa­mille est res­tée là pour des an­nées; puis le père s'est dé­pla­cé au Caire pour le tra­vail après avoir ven­du la mai­son pour 3.000 livres à la fa­mille Al-Sa­wi. Des an­nées après, le pré­sident Anouar el-Sa­date a or­don­né l'éva­cua­tion de la mai­son pour en faire un mu­sée à la mé­moire d'Ab­del Nas­ser. Le Gou­ver­no­rat d'Alexan­drie a ache­té la mai­son pour 30.000 livres. Elle est im­por­tante car elle est où Ab­del Nas­ser a com­men­cé à af­fron­ter le man­dat, bien que le dé- funt pré­sident ait eu plu­sieurs mai­sons en Egypte et chaque mai­son était té­moin d'un cha­pitre de sa vie et ain­si de l'his­toire de l'Egypte. Dans une dé­cla­ra­tion cé­lèbre faite par Ab­del Nas­ser lors d'une in­ter­view avec Da­vid Mor­gan au Sun­day Times, il a dit: "Je me sou­viens en­core de mon pre­mier affrontement avec les pou­voirs en place (l'au­to­ri­té). C'était en 1933; à l'époque où j'étais étu­diant à Alexan­drie et j'avais quinze ans. Je tra­ver­sais la place Man­cheya à Alexan­drie quand je suis tom­bé sur un affrontement entre une ma­ni­fes­ta­tion d'étu­diants et la po­lice. Je suis en­tré en pri­son comme un étu­diant en- thou­siaste et y a été lais­sé plein de rage. Un long temps est pas­sé avec mes idées, des croyances et des plans ayant pris forme, mais même à ce stade pré­coce, je sa­vais que mon pays a été im­pli­qué dans une lutte conti­nue pour la li­ber­té. "

Ga­mal Ab­del Nas­ser est né le 15 jan­vier 1918 à Ba­kos dans les fau­bourgs d'Alexan­drie ; il était le pre­mier fils de Fa­hi­ma et d'Ab­del Nas­ser Hus­sein. Son père était un em­ployé de la poste né à Bé­ni Mur en Haute-Égypte mais qui avait gran­di à Alex- an­drie tan­dis que la fa­mille de sa mère ve­nait de Mal­la­wi dans l'ac­tuel gou­ver­no­rat de Mi­nya. Ses pa­rents s'étaient ma­riés en 1917 et ils eurent deux autres fils : Izz al-Arab et al-Lei­thi. La fa­mille de Nas­ser dé­mé­na­geait fré­quem­ment au gré des af­fec­ta­tions de son père.

En 1928, Nas­ser s'ins­tal­la à Alexan­drie chez son grand-père ma­ter­nel. Il étu­dia un temps dans un in­ter­nat à Hel­wan avant de re­ve­nir à Alexan­drie en 1933 lorsque son père fut trans­fé­ré dans les ser­vices pos­taux de la ville. Nas­ser s'im­pli­qua très tôt dans l'ac­ti­visme politique. Après avoir as­sis­té à des af­fron­te­ments entre des ma­ni­fest- ants et la po­lice sur la place Man­chiyeh d'Alexan­drie, il re­joi­gnit la ma­ni­fes­ta­tion sans connaître son ob­jec­tif. La pro­tes­ta­tion, or­ga­ni­sée par le par­ti na­tio­na­liste Jeune Égypte, exi­geait la fin de l'in­fluence étran­gère en Égypte à la suite de l'abro­ga­tion de la Cons­ti­tu­tion de 1923 par le Pre­mier mi­nistre Is­maïl Sed­ki. Nas­ser fut ar­rê­té et pas­sa la nuit en dé­ten­tion avant d'être ré­cu­pé­ré par son père.

Se­lon l'his­to­rien Saïd K. Aboul­rich, Nas­ser ne fut pas af­fec­té par ses fré­quents dé­mé­na­ge­ments qui élar­girent son ho­ri­zon et lui firent prendre conscience des di­vi­sions de la so­cié­té égyp­tienne. Il consa­crait beau­coup de temps à la lec­ture en par­ti­cu­lier en 1933 car il vi­vait non loin de la bi­blio­thèque na­tio­nale. Il avait lu les bio­gra­phies de chefs na­tio­na­listes comme Na­po­léon, Atatürk, Bis­marck, Ga­ri­bal­di ain­si que l'au­to­bio­gra­phie de Wins­ton Chur­chill. Il fut for­te­ment in­fluen­cé par le na­tio­na­lisme égyp­tien dé­fen­du par l'homme politique Mous­ta­fa Ka­mil, le poète Ah­med Chaw­qi et son ins­truc­teur de l'aca­dé­mie mi­li­taire, Aziz Ali al-Mas­ri, au­quel Nas­ser ex­pri­ma sa gra­ti­tude dans un en­tre­tien en 1961. Il in­di­qua par la suite que le ro­man "La conscience re­trou­vée" dans le­quel Taw­fiq al-Ha­kim avait écrit que le peuple égyp­tien n'avait be­soin que «d'un homme qui re­pré­sen­te­rait tous leurs dé­si­rs et sen­ti­ments et qui se­rait leur sym­bole» lui avait ser­vi d'ins­pi­ra­tion au mo­ment de la ré­vo­lu­tion de 1952.

Pho­tos d'ob­jets à l'in­té­rieur de la mai­son de Nas­ser

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