Mère Te­re­sa ca­no­ni­sée par le pape

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Le Pape Fran­çois a dé­cla­ré sainte mère Te­re­sa de Cal­cut­ta, la re­li­gieuse au sa­ri blanc bor­dé de bleu de­ve­nue une icône mon­diale de l'en­ga­ge­ment en fa­veur des plus déshé­ri­tés, di­manche 4 sep­tembre, lors d'une messe de ca­no­ni­sa­tion.

On la sur­nom­mait la "Sainte des ca­ni­veaux", mère Te­re­sa est of­fi­ciel­le­ment de­ve­nue sainte au cours d’une messe de ca­no­ni­sa­tion cé­lé­brée par le Pape Fran­çois, 19 ans après sa mort.

La ca­no­ni­sa­tion, qui s'est dé­rou­lée en pré­sence d'une dou­zaine de chefs d'État, consti­tue un temps fort du Ju­bi­lé de la mi­sé­ri­corde vou­lu par le Pape ar­gen­tin. La re­li­gieuse au sa­ri blanc bor­dé de bleu "mé­rite" d'être pro­cla­mée sainte, a sou­li­gné sa­me­di ma­tin le Pape Fran­çois lors d'une ca­té­chèse sur la place Saint-Pierre. Elle était "une in­fa­ti­gable bien­fai­trice de l'hu­ma­ni­té", avait lan­cé Jean-Paul II lors de sa béa­ti­fi­ca­tion en 2003, cé­ré­mo­nie qui avait alors at­ti­ré 300 000 fi­dèles à Rome.

Ra­len­ti sous Benoît XVI, le dos­sier de ca­no­ni­sa­tion a été re­lan­cé sous Fran­çois, qui voit dans Mère Te­re­sa une in­car­na­tion de son idéal d'une "Église pauvre pour les pauvres"... même s'il a dé­cla­ré qu'il au­rait eu "peur" si cette pe­tite femme dé­ter­mi­née et em­preinte d'ab­so­lu avait été sa su­pé­rieure.

Une ca­no­ni­sa­tion consti­tue la dé­cla­ra­tion of­fi­cielle qu'une per­sonne dé­cé­dée est au pa­ra­dis. Pour ce­la, le fu­tur saint doit avoir ob­te­nu deux mi­racles, l'un pour la béa­ti­fi­ca­tion, l'autre pour la ca­no­ni­sa­tion, signes de sa proxi­mi­té avec Dieu.

Un Bré­si­lien, dont le té­moi­gnage a ou­vert la voie à la ca­no­ni­sa­tion de mère Te- re­sa, a ra­con­té ven­dre­di de­vant la presse conviée au Va­ti­can com­ment il s'était, se­lon lui, brus­que­ment re­mis de tu­meurs au cer­veau en 2008 grâce aux prières ré­pé­tées adres­sées à la re­li­gieuse. L'autre mi­racle at­tri­bué à la re­li­gieuse est la gué­ri­son d'une In­dienne at­teinte d'un can­cer de l'es­to­mac, en ré­mis­sion en 1998, un an après la mort de mère Te­re­sa.

Quelque 100 000 per­sonnes ont re­çu un sé­same pour vivre cet évé­ne­ment sur la place Saint-Pierre. Par­mi elles, Te­re­sa Bur­ley, en­sei­gnante amé­ri­caine s'oc­cu­pant à Naples d'en­fants han­di­ca­pés, ex­plique que mère Te­re­sa a ins­pi­ré sa vo­ca­tion. "Je porte son pré­nom et j'ai gran­di en ad­mi­rant ce qu'elle fai­sait pour les pauvres et les en­fants", confie-t-elle. "Nous sommes là pour nous ai­der les uns les autres, mais aus­si pour ceux qui ne peuvent pas s'ai­der eux-mêmes", in­siste Te­re­sa.

"Les mi­racles sont dif­fi­ciles à prou­ver, mais ils ar­rivent au quo­ti­dien", élude-t-elle. "Ce qui im­porte, c'est que mère Te­re­sa a en­cou­ra­gé des mil­liers de per­sonnes à être plus ai­mantes et plus gé­né­reuses. Elle était pro­fon­dé­ment hu­maine et elle a tel­le­ment don­né de sa per­sonne !".

De nom­breux In­diens ont éga­le­ment fait le dé­pla­ce­ment, comme Ki­ran Ka­ku­ma­nu, 40 ans, ve­nu à Rome avec ses pa­rents et son frère. Il fut bé­ni par mère Te­re­sa lors­qu'il était en­core dans son ber­ceau et a choi­si de de­ve­nir prêtre. Pour Abra­ham, un In­dien ex­pa­trié à Londres, "mère Te­re­sa pra­ti­quait réel­le­ment le chris­tia­nisme, alors qu'une ma­jo­ri­té de chré­tiens se contentent d'en par­ler".

Mère Te­re­sa, née en 1910 dans une fa­mille al­ba­naise à Skopje et dé­cé­dée le 5 sep­tembre 1997 dans sa congré­ga­tion à Cal­cut­ta, a re­çu le Prix No­bel de la paix en 1979. En 1950, elle avait fon­dé en Inde les Mis­sion­naires de la Cha­ri­té, qui comptent au­jourd'hui 5 000 re­li­gieuses consa­crant leur vie aux plus pauvres et vi­vant dans une grande aus­té­ri­té.

Son ac­tuelle su­pé­rieure gé­né­rale, mère Ma­ry Pre­ma Pie­rick, a rap­pe­lé au Va­ti­can que l'ob­jec­tif de mère Te­re­sa n'était pas de "sup­pri­mer la mi­sère" à Cal­cut­ta et dans le monde, mais "d'ap­por­ter de l'amour à des in­di­vi­dus qui souffrent". Do­tée d'une no­to­rié­té mon­diale, la re­li­gieuse a été par­fois cri­ti­quée pour n'avoir pas pro­di­gué des soins pal­lia­tifs aux ma­lades en phase ter­mi­nale, ni usé de son in­fluence au­près des dé­ci­deurs pour s'at­ta­quer aux ra­cines de la pau­vre­té.

Des écrits pu­bliés après sa mort ont ré­vé­lé en outre qu'elle s'est sen­tie re­je­tée par Dieu pen­dant la ma­jeure par­tie de sa vie, al­lant jus­qu'à dou­ter de son exis­tence.

Les fi­dèles ras­sem­blés à la place Saint Pierre

Le Pape Fran­çois lors de la cé­ré­mo­nie de béa­ti­fi­ca­tion

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