Comment le mi­nistre égyp­tien des An­ti­qui­tés pré­voit de faire re­ve­nir les tou­ristes?

Le mi­nis­tère des An­ti­qui­tés a été confron­té à de nom­breux dé­fis au mi­lieu de crises éco­no­miques suc­ces­sives et du dé­clin du tou­risme en Egypte. Le manque de fi­nan­ce­ment a été au coeur des pro­blèmes du mi­nis­tère qui en­travent de nom­breuses me­sures de sé­cur

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Ce­pen­dant, Kha­led al-Ana­ni, qui est de­ve­nu mi­nistre des An­ti­qui­tés le 24 mars, a es­sayé de pen­ser d'une ma­nière non tra­di­tion­nelle à la re­cherche d'autres al­ter­na­tives pour le fi­nan­ce­ment. Il a tra­vaillé sur la pro­mo­tion du tou­risme en créant de nou­velles at­trac­tions tou­ris­tiques. Il a ou­vert la mai­son de re­pos royal du roi Fa­rouk pour les vi­si­teurs après avoir été fer­mée pen­dant cinq ans, après la ré­vo­lu­tion du 25 Jan­vier. Ana­ni a éga­le­ment an­non­cé l'inau­gu­ra­tion du Mu­sée de Mal­la­wi. Le 13 août 2013, le mu­sée avait été pris d'as­saut par 13 vo­leurs, qui ont vo­lé 1.040 ob­jets, après l'achè­ve­ment des tra­vaux de res­tau­ra­tion.

Ana­ni a dé­cla­ré que le mi­nis­tère souffre en­core des sé­quelles de la ré­vo­lu­tion du 25 Jan­vier. «Avant le dé­clen­che­ment de la ré­vo­lu­tion, les re­ve­nus du mi­nis­tère se sont éle­vés à 100 mil­lions de livres (11,2 mil­lions de $) par mois, alors que main­te­nant, ils se si­tuent entre 20 mil­lions et 26 mil­lions de livres par mois, rien de plus, alors que nous avons be­soin d'en­vi­ron 80 mil­lions de livres pour payer les sa­laires des em­ployés et le per­son­nel du mi­nis­tère. Nous sommes confron­tés à un grave pro­blème afin d'être en me­sure de payer les sa­laires, et nous cher­chons à ob­te­nir une sub­ven­tion men­suelle du gou­ver­ne­ment pour com­bler ce dé­fi­cit, jus­qu'à ce que la si­tua­tion soit re­ve­nue à la nor­male ", a-t-il dit.

Ana­ni a dit que le mi­nis­tère est en re­tard dans la sé­cu­ri­sa­tion des sites ar­chéo­lo­giques. «La sé­cu­ri­sa­tion des sites ar­chéo­lo­giques a be­soin des mil­liards de livres. Construire un mur ou une clô­ture au­tour d'un site pour­rait coû­ter des cen­taines de mil­lions, il n'est donc pas très fai­sable pour le mi­nis­tère de sé­cu­ri­ser tous les sites, ins­tal­ler des ca­mé­ras de sur­veillance et d'autres moyens de sé­cu­ri­té à la lu­mière des cir­cons­tances ac­tuelles ".

Ana­ni a no­té que le mi­nis­tère met en avant un plan pour do­ter le per­son­nel de sé­cu­ri­té du mi­nis­tère, dans les li­mites des res­sources dis­po­nibles afin d'as­su­rer la sé­cu­ri­té sur les sites ar­chéo­lo­giques.

Com­men­tant sur le sta­tut des an­ti­qui­tés juives et les plaintes fré­quentes qu'elles ne sont pas prises en charge, avec plus d'at­ten­tion étant ac­cor­dée aux mo­nu­ments is­la­miques et coptes, Ana­ni a dit: «Je suis le mi­nistre égyp­tien des An­ti­qui­tés, le prin­ci­pal res­pon­sable de chaque Site ar­chéo­lo­gique en Egypte - que ce soit is­la­mique, copte ou juif, sans dis­tinc­tion. Les an­ti­qui­tés juives sont une par­tie es­sen­tielle du pa­tri­moine de l'Egypte, et nous avons dé­jà un plan pour com­men­cer la re­fonte des oeuvres dans toutes les 11 des sy­na­gogues d'Egypte. Nous avons com­men­cé avec la sy­na­gogue Maï­mo­nide de Moïse. Nous avons res­tau­ré le temple et l'avons rou­vert au pu­blic. Nous al­lons com­men­cer la re­fonte des oeuvres dans la Sy­na­gogue Ha­na­vi Eliya­hu à Alexan­drie ".

Le mi­nistre a in­di­qué que le Mu­sée na­tio­nal de la ci­vi­li­sa­tion égyp­tienne est l'un des pro­jets les plus im­por­tants du mi­nis­tère. Il est si­tué dans la ville d'Al-Fo­stat, qui a été créée par Amr ibn alAs en 640 sur une su­per­fi­cie de 25 fed­dans. Il est le seul mu­sée qui ex­pose les dif­fé­rentes époques de la ci­vi­li­sa­tion égyp­tienne. Il de­vrait in­clure 50.000 ar­te­facts re­flé­tant les stades d'évo­lu­tion de la ci­vi­li­sa­tion égyp­tienne et les réa­li­sa­tions du peuple égyp­tien dans les dif­fé­rents do­maines de la vie de­puis l'aube de l'his­toire jus­qu'à nos jours. Il contient éga­le­ment des mo­dèles, des pho­to­gra­phies, des ma­nus­crits, des pein­tures, des chefs-d'oeuvre et des ar­te­facts da­tant de l'âge de pierre et des époques pha­rao­nique, ro­maine, grecque et copte.

La troi­sième étape du pro­jet coûte près de 300 mil­lions de livres, et une ou­ver­ture par­tielle, qui com­prend la salle d'ex­po­si­tion tem­po­raire, au­ra lieu à la fin de l'an­née.

Par ailleurs, le mi­nis­tère a or­ga­ni­sé des re­pro­duc­tions des ex­po­si­tions ar­chéo­lo­giques qui ont réa­li­sé 150.000 livres dans les pre­miers jours. Ce­la a gé­né­ré de bons ren­de­ments pour le mi­nis­tère et l'idée a été bien ac­cueillie par de nom­breux am­bas­sa­deurs en Egypte, qui l'ont re­layée dans leur pays et ont de­man­dé l'or­ga­ni­sa­tion d'ex­po­si­tions dans leur propre pays. Ce se­rait at­ti­rer l'at­ten­tion une fois de plus à l'Egypte, en plus des ré­duc­tions sur les livres de sen­si­bi­li­sa­tion, des ra­bais sur les frais d'en­trée à tous les sites ar­chéo­lo­giques, faire des offres spé­ciales pour les étran­gers qui ont été en Egypte pen­dant de longues pé­riodes, ce qui pour­rait aug­men­ter le re­ve­nu du pays en de­vises étran­gères.

La zone ar­chéo­lo­gique au­tour des py­ra­mides de Gui­zeh est l'un des plus cé­lèbres et les plus im­por­tants sites his­to­riques dans le monde. Elle a une place spé­ciale dans le coeur des tou­ristes et des vi­si­teurs de toutes les na­tio­na­li­tés. Les der­niers dé­ve­lop­pe­ments du plan du mi­nis­tère des An­ti­qui­tés pré­voient de l'amé­lio­rer et rendre le temps des vi­si­teurs plus agréable.

Le pro­jet com­prend la construc­tion d'un centre de vi­si­teurs, ain­si que la deuxième en­trée du site de la route Fayoum, qui de­vien­dra plus tard l'en­trée prin­ci­pale, afin d'em­pê­cher la conges­tion sur la route des py­ra­mides.

Le mi­nis­tère des An­ti­qui­tés se pré­pare à fi­na­li­ser tous les tra­vaux de la deuxième (et der­nière) phase du pro­jet de dé­ve­lop­pe­ment, qui se­ra ou­vert avant la fin de l'an­née. Il a ajou­té que 70% du to­tal des tra­vaux ont dé­jà été réa­li­sés. Les 30% res­tants se­ront terminés dans les pro­chains mois. Ce­la com­prend la fi­ni­tion du bâ­ti­ment de l'ad­mi­nis­tra­tion et le centre des vi­si­teurs, ain­si que de com­plé­ter les routes au­tour du site et des contrats avec les en­tre­prises qui four­nissent des voi­tures élec­triques.

La pre­mière phase du pro­jet avait dé­jà été ache­vée avant 2011, y com­pris le nou­veau bâ­ti­ment de billets et la construc­tion d'une nou­velle en­trée sur la route de Fayoum, en plus de clô­tures du site.

La der­nière étape consiste à dé­pla­cer le Me­na House Hô­tel à la route prin­ci­pale de Fayoum.

La nou­velle en­trée met­tra en ve­dette un large es­pace de sta­tion­ne­ment pour ac­cueillir les bus tou­ris­tiques et les voi­tures des vi­si­teurs. Les vi­si­teurs du site se­ront en­suite ac­cueillis par le Centre des vi­si­teurs, qui com­pren­dra des sté­réo­grammes des py­ra­mides et des mo­nu­ments dans le site, ain­si qu'un plan pour la ré­gion. De plus, le centre au­ra un théâtre pour pré­sen­ter un court do­cu­men­taire de six mi­nutes in­tro­dui­sant les vi­si­teurs du site et de ses mo­nu­ments.

Après le dé­ve­lop­pe­ment, le site of­fri­ra des voi­tures élec­triques pour trans­por­ter les vi­si­teurs au­tour des sanc­tuaires et des mo­nu­ments. La vi­site com­prend les trois grandes py­ra­mides, Khéops le na­vire, et le Sphinx. Les voi­tures pren­dront en­suite les vi­si­teurs vers le par­king.

Le mi­nis­tère des An­ti­qui­tés en­vi­sage un cer­tain nombre d'offres sou­mises par les en­tre­prises pour sé­cu­ri­ser les voi­tures élec­triques en fonc­tion de leur efficacité et de la ca­pa­ci­té des voi­tures pour sup­por­ter le ter­rain, a dit Mo­hi.

Une zone spé­ciale se­ra dé­si­gnée pour une pro­me­nade où les che­vaux et les cha­meaux peuvent être mon­tés. Les ba­zars et les ven­deurs se­ront dé­pla­cés vers une zone ad­ja­cente à l'en­trée prin­ci­pale.

Le site des py­ra­mides de Gui­zeh

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