Le 43ème an­ni­ver­saire de la vic­toire du 6 oc­tobre

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية -

Cette vic­toire du 6 oc­tobre 1973, dont l'Egypte cé­lèbre jeu­di pro­chain le 43ème an­ni­ver­saire, ne fut pas rem­por­tée dans le but d'une guerre d'agres­sion, mais seule­ment pour la li­bé­ra­tion de son sol na­tio­nal, la terre du Si­naï.

Le 7 oc­tobre 1973, tous les jour­naux na­tio­naux égyp­tiens avaient écrit dans de grandes man­chettes: "Nos forces tra­versent le Ca­nal et oc­cupent une par­tie du Si­naï".

Cette grande épo­pée, dont l'Egypte est fière et qui fut une in­tro­duc­tion à la paix, com­men­ça le sa­me­di 6 oc­tobre 1973 (10 du mois de ra­ma­dan) à 14 heures. Rien ne lais­sait pré­voir cette at­taque égyp­tienne. La veille en­core, les jour­naux par­laient de concen­tra­tions is­raé­liennes sur les lignes du ces­sez-le-feu avec la Sy­rie et le Li­ban. Tout le monde crai­gnait une nou­velle agres­sion de ce cô­té.

Le sa­me­di 6 oc­tobre 1973, à 14 heures, l'avia­tion égyp­tienne tra­ver­sait le Ca­nal de Suez avec une pre­mière vague de 222 su­per­so­niques qui ache­va sa mis­sion en vingt mi­nutes.

Cette at­taque aé­rienne sur les po­si­tions is­raé­liennes fut un suc­cès sur­pre­nant. Quatre-vingt-dix pour cent des ob­jec­tifs vi­sés avaient été dé­truits. En vingt mi­nutes, l'avia­tion égyp­tienne avait frap­pé les postes de com­man­de­ment de l'ar­mée is­raé­lienne, tous ses quar­tiers gé­né­raux de com­bat aé­rien, tous ses centres de dé­fense aé­rienne et d'équi­pe­ments élec­tro­niques, toutes ses sta­tions de brouillage de ra­dar, tous les points de liai­son, toutes les bat­te­ries de fu­sées et les dé­pôts d'armes dans le Si­naï.

Grâce à cette of­fen­sive aé­rienne, l'avia­tion égyp­tienne ré­cu­pé­ra tout ce qu'elle avait per­du du­rant les guerres de 1956 et 1967. Elle fraya la voie aux troupes et leur per­mirent de rem­por­ter cette vic­toire qui ren­dit confiance à l'Egypte toute en­tière ain­si qu'à la na­tion arabe, fai­sant vo­ler en éclat le mythe d'un Etat is­raé­lien in­vin­cible.

A l'at­taque aé­rienne, suc­cé­dèrent les gron­de­ments de l'ar­tille­rie. Plus de deux mille bouches à feu com­men­cèrent à bom­bar­der, avec la plus grande pré­ci­sion, les cibles qui leur avaient été as­si­gnées. Ce fut la plus forte con­cen­tra­tion d'ar­tille­rie à la­quelle le monde as­sis­ta de­puis la ba­taille d'El-Ala­mein du­rant la Se­conde Guerre mon­diale.

Ain­si dé­bu­ta la grande épo­pée mi­li­taire du 6 oc­tobre 1973. Les troupes égyp­tiennes, ran­gées sur la rive oc­ci­den­tale du Ca­nal de Suez, n'at­ten­dirent pas l'ordre de la fran­chir. A l'ins­tant même où les 222 avions re­pas­sèrent au-des­sus de leurs têtes, don­nant libre cours à leur ar­deur si long­temps conte­nue, les troupes mirent à l'eau des ba­teaux dis­si­mu­lés der­rière des ta­lus et tra­ver­sèrent le Ca­nal en criant : "Al­lah est grand".

La VIIème bri­gade tra­ver­sa la pre­mière le Ca­nal. Ce fut à elle que re­vint le pri­vi­lège et l'hon­neur de faire flot­ter le dra­peau égyp­tien sur la rive orien­tale, la terre du Si­naï, si­gna­lant ain­si la chute de la fa­meuse ligne Bar-Lev, dite im­pre­nable.

Il est 20 heures, le 6 oc­tobre 1973, après 6 heures d'at­taques les Is­raé­liens sont to­ta­le­ment désar­çon­nés. Le Ca­nal est tra­ver­sé et la vic­toire est entre les mains des troupes égyp­tiennes.

Cette vic­toire du 6 oc­tobre inau­gu­ra une nou­velle ère en Egypte et elle fut le pré­lude à la li­bé­ra­tion du Si­naï com­men­cée ce jour-là. Cette li­bé­ra­tion du Si­naï s'achè­ve­ra le 19 mars 1989 avec les re­trou­vailles de Ta­ba avec l'Egypte. La vic­toire du 6 oc­tobre 1973 per­mit aus­si de re­prendre la cir­cu­la­tion dans le Ca­nal de Suez in­ter­rom­pue de­puis la guerre de juin 1967, date à la­quelle le Si­naï fut oc­cu­pé par les troupes is­raé­liennes.

Cette li­bé­ra­tion du Si­naï, le fruit d'une vic­toire mi­li­taire, fut réa­li­sée grâce à la di­plo­ma­tie de l'Egypte, à son sens pro­fond de la paix et à sa vo­lon­té de ré­soudre les conflits d'une ma­nière pa­ci­fique.

En dif­fé­rentes étapes, les Is­raé­liens se re­ti­rèrent du Si­naï, au nord, au centre puis au sud pour en ter­mi­ner avec l'en­clave de Ta­ba le 19 mars 1989. Le Si­naï, terre égyp­tienne de­puis tou­jours, était en­fin re­ve­nu à l'Egypte en sa to­ta­li­té.

Nul Egyp­tien, en cette aube du 6 oc­tobre 1973, ne pen­sait à cette grande vic­toire et à ses consé­quences pour l'his­toire de la pa­trie et celle de tout le Proche-Orient.

La vic­toire égyp­tienne du 6 oc­tobre 1973 s'ins­crit dans la liste des grandes ba­tailles que li­vra l'Egypte pour la dé­fense de son in­té­gri­té ter­ri­to­riale aux dif­fé­rentes époques de sa longue his­toire.

De­puis cette vic­toire du 6 oc­tobre, l'Egypte oeuvre à trou­ver une so­lu­tion po­li­tique à tous les pro­blèmes du Proche-Orient et en Afrique, à y as­su­rer le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et so­cial et à faire en sorte que chaque pays vive dans des fron­tières sûres et re­con­nues par tous. Cette vic­toire a per­mis à l'Egypte d'ob­te­nir une grande im­por­tance sur tous les plans po­li­tiques et diplomatiques.

Newspapers in French

Newspapers from Egypt

© PressReader. All rights reserved.