Le mu­sée de Mal­laoui rouvre ses portes

Dans une am­biance fes­tive qui re­flète la joie de sur­mon­ter le ter­ro­risme, le Mu­sée Mal­la­wi à Mi­nya a été rou­vert le jeu­di 22 Sep­tembre. Le mi­nistre des An­ti­qui­tés Kha­led al- Ena­ny a rou­vert le mu­sée; il a été re­joint par gou­ver­neur de Mi­nya Es­sam al- Bede

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Le mu­sée de Mal­la­wi pré­sente une ex­po­si­tion ex­cep­tion­nelle de 944 pièces. Avec 503 pièces an­tiques ex­po­sées pour la pre­mière fois, le mu­sée re­trace l’his­toire de la ville. Ces nou­velles pièces ont été soi­gneu­se­ment choi­sies des en­tre­pôts des sites ar­chéo­lo­giques d’Al- Bah­nas­sa et d’Al-Ach­mou­niya qui se trouvent à Mi­nya. Ces pièces sont le ré­sul­tat des tra­vaux de fouilles ar­chéo­lo­giques ef­fec­tuées dans le gou­ver­no­rat.

Le mu­sée na­tio­nal de Mal­la­wi qui fut ou­vert le 23 juillet 1963 dans la ville de Mi­nya en Haute-Egypte, est com­po­sé de quatre salles qui com­prennent des an­ti­qui­tés dé­cou­vertes dans la ré­gion de Tou­nah el-Dje­bel, site ar­chéo­lo­gique de Moyenne-Egypte, c'était la né­cro­pole de la ville d'Her­mo­po­lis Ma­gna, la Khé­mé­nou des anciens Égyp­tiens. Si­tué dans le dé­sert oc­ci­den­tal, le site est sur­tout connu pour le fa­meux tom­beau de Pé­to­si­ris, prêtre de Thot qui vé­cut à la fin de la pé­riode dy­nas­tique peu avant la se­conde in­va­sion perse.

Edi­fié en l'hon­neur du dieu Thot, Tou­nah el-Dje­bel re­gorge de salles sou­ter­raines abri­tant près de quatre mil­lions de mo­mies. On y trouve éga­le­ment une né­cro­pole gré­co-ro­maine et des ca­ta­combes conte­nant d'in­nom­brables mo­mies d'ibis et de ba­bouins, ani­maux sa­crés du dieu épo­nyme de la ville toute proche.

Ce fa­meux mu­sée com­prend aus­si Her­mo­po­lis (El Ash­mou­nime), pa­trie du dieu Thot, agis­sant ici en tant que Créa­teur du Monde. Ves­tiges d’un temple de Thot conser­vant une sta­tue co­los­sale de ba­bouin. A proxi­mi­té se dresse l’im­pres­sion­nante ba­si­lique ro­maine d’Her­mo­po­lis.

Aus­si, on trouve «L’Ho­ri­zon d’Aton» (Tell el-Amar­na), ca­pi­tale du pha­raon Akhe­na­ton. Ele­vée dans un méandre du Nil, sur un ter­rain vierge de toute construc­tion vers 1373 avant J.-C., cette cité est ra­pi­de­ment aban­don­née après le règne du roi «hé­ré­tique». Elle re­naît pro­gres­si­ve­ment grâce aux ar­chéo­logues d’une mis­sion an­glaise, no­tam­ment le pa­lais de Né­fer­ti­ti, une stèle fron­tière ru­pestre mo­nu­men­tale et des tombes de hauts per­son­nages du ré­gime, dont celle du grand prêtre d’Aton dont les pa­rois re­cèlent le plan du grand temple d’Amar­na.

En­vi­ron 1000 ar­te­facts cou­vrant quelques 3500 ans d’his­toire d’un pe­tit Mu­sée des An­ti­qui­tés au sud du Caire ont été pillés.

Des ran­gées de vi­trines ont été bri­sées et vi­dées au Mu­sée des An­ti­qui­tés Mal­la­wi après avoir été sac­ca­gées et pillées dans la soi­rée du jeu­di 15 août 2013, au sud de Mi­nya, en Haute-Egypte.

Par­mi les an­ti­qui­tés vo­lées se trou­vait une sta­tue de la fille du pha­raon Akhe­na­ton, qui a ré­gné pen­dant la 18ème dy­nas­tie. D’autres ob­jets pillés com­prennent des pièces gré­co-ro­maines en or et en bronze, de la po­te­rie et des sculp­tures de bronze dé­taillant des ani­maux sa­crés à Thot, di­vi­ni­té sou­vent re­pré­sen­tée avec une tête d’ibis ou de ba­bouin.

A tra­vers les au­to­ri­tés égyp­tiennes et avec la co­opé­ra­tion de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale, la po­lice égyp­tienne a réus­si à ré­cu­pé­rer près de 950 des 1089 ob­jets ins­crits dans l'in­ven­taire du Mu­sée na­tio­nal du mu­sée de Mal­laoui. par­mi les­quels la sta­tue en cal­caire de la fille du pha­raon Akhe­na­ton, qui a ré­gné pen­dant la 18ème dy­nas­tie.

La ma­jo­ri­té des ar­te­facts ont été ré­cu­pé­rés, re­mis par les ré­si­dents du Ma­la­wi et li­vrés au mu­sée après que le mi­nis­tère a dé­cla­ré une am­nis­tie pour la res­ti­tu­tion des ob­jets pillés.

El­ham Sa­lah, chef du Sec­teur des Mu­sées au mi­nis­tère des An­ti­qui­tés, a ex­pli­qué que les tra­vaux de res­tau­ra­tion ont com­men­cé en 2013 après que le rap­port fi­nal d'un co­mi­té ar­chéo­lo­gique a été at­tri­bué pour dé­ter­mi­ner les dom­mages su­bis par le mu­sée. Elle a dit que le bâ­ti­ment du mu­sée de deux étages a été re­ma­nié et sa dé­co­ra­tion in­té­rieure et le de­si­gn re­nou­ve­lés.

Un nou­veau concept mu­séo­lo­gique a été adop­té, afin de four­nir un ser­vice édu­ca­tif plus large aux vi­si­teurs. Il in­forme de la vie quo­ti­dienne des ha­bi­tants dans les temps anciens, leurs in­dus­tries, de l'ar­ti­sa­nat et de la culture.

Waa­dal­lah Aboul-Ezz, chef du Sec­teur des pro­jets au mi­nis­tère, a dé­cla­ré que la res­tau­ra­tion avait coû­té en­vi­ron 10 mil­lions de livres, fi­nan­cée par le mi­nis­tère, le gou­ver­no­rat de Mi­nya et le gou­ver­ne­ment ita­lien dans un pro­gramme d'échange de la dette Ita­lie-Egypte. Le bâ­ti­ment, a-t-il dit, avait été en­tiè­re­ment ré­no­vé, avec de nou­velles salles d'ex­po­si­tion à l'in­té­rieur. Un nou­veau sys­tème d'éclai­rage et de sé­cu­ri­té a été ins­tal­lé et toutes les vi­trines en­dom­ma­gées rem­pla­cées par de nou­velles.

Ju­bi­lant M. Ena­ny a dé­cla­ré que le Mu­sée de Mal­la­wi était main­te­nant de retour sur la carte tou­ris­tique de l'Egypte après trois ans de tra­vaux de res­tau­ra­tion mi­nu­tieuse. "C'est un mes­sage clair au monde en­tier que l'Egypte ne cé­de­ra pas au ter­ro­risme ou ceux qui tentent de dé­truire son pa­tri­moine et de la civilisation», a-t-il dit. Le mi­nistre a pro­mis aux par­ti­ci­pants qu'une autre his­toire de suc­cès dans la lutte de l'Egypte contre le ter­ro­risme est en at­tente au Caire. Le Mu­sée d'art is­la­mique, éga­le­ment gra­ve­ment en­dom­ma­gé par une at­taque is­la­miste en Jan­vier 2014, "va rou­vrir très pro­chai­ne­ment", a-t-il as­su­ré.

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