La 9e édi­tion du Pa­no­ra­ma du film eu­ro­péen

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية -

La 9e édi­tion du Pa­no­ra­ma du film eu­ro­péen se dé­roule du 2 au 12 no­vembre, avec la par­ti­ci­pa­tion de nom­breux ci­néastes, co­mé­diens, cri­tiques et ci­né­philes. Le Pa­no­ra­ma ap­porte une sé­lec­tion des der­niers films in­ter­na­tio­naux ac­cla­més et pri­més par la cri­tique à des lieux de pro­jec­tion de l'Egypte. Il est pré­si­dé par Ma­rianne Khou­ry, avec la di­rec­trice ar­tis­tique Sté­pha­nie Si­card.

Le pro­gramme de cette an­née com­prend cer­tains des titres les plus im­por­tants de l'an­née, y com­pris "The Unk­nown Girl" (La Fille In­con­nue), un film réa­li­sé par les frères Dar­denne, qui ont concou­ru pour la Palme d'Or au Fes­ti­val de Cannes 2016. Outre une soixan­taine de longs mé­trages ve­nus de tous les pays d’Eu­rope, en in­cluant cette an­née la Tur­quie et sont pro­je­tés dans les salles Zawya, Ka­rim et 90 Point au Caire, ain­si que dans les trois centres cultu­rels fran­çais, al­le­mand et es­pa­gnol, en plus d’autres salles à Alexan­drie, Is­maï­lia et Port-Saïd. Les autres faits saillants du pro­gramme de cette an­née com­prennent "Fire At Sea", un do­cu­men­taire par le réa­li­sa­teur ita­lien Gian­fran­co Ro­si cen­tré sur la crise eu­ro­péenne des mi­grants. Le film a rem­por­té le prix Ours d'Or au 66e Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film de Ber­lin et est en­tré Meilleur film en langue étran­gère de l'Ita­lie pour 2017 Aca­de­my Awards.

La liste com­prend éga­le­ment "The Wait" (L'at­tente) par le réa­li­sa­teur ita­lien Pie­ro Mes­si­na, met­tant en ve­dette l'ac­trice fran­çaise Ju­liette Bi­noche. Le film a par­ti­ci­pé au 72e Fes­ti­val de Ve­nise.

D'autres films in­cluent "Sie­ra­ne­va­da" par le réa­li­sa­teur rou­main Cris­ti Puiu. Le film a été à la com­pé­ti­tion of­fi­cielle Cannes 2016 et est l'en­trée rou­maine pour le meilleur film en langue étran­gère pour les Os­cars 2017.

La pro­jec­tion de cette an­née aus­si est "Af­ter Love" (après l'amour) par le réa­li­sa­teur belge Joa­chim La­fosse, met­tant en ve­dette l'ac­trice fran­co-argentine Bé­ré­nice Be­jo. Af­ter Love a été pro­je­té à la Quin­zaine des réa­li­sa­teurs à Cannes 2016, Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film.

Le 9e Pa­no­ra­ma du Film eu­ro­péen com­prend huit sous­sec­tions, y com­pris les sec­tions sui­vantes de ses édi­tions pré­cé­dentes: sec­tion eu­ro­péenne de Ci­né­ma, Do­cu­men­taire Ren­dez-vous, Di­rec­teurs émer­gents, Pa­no­ra­ma Clas­siques, Cross­roads, et Carte Blanche.

Au me­nu de l’édi­tion 2016, en plus de la sé­lec­tion des longs mé­trages eu­ro­péens, la sec­tion des pre­miers films de leurs réa­li­sa­teurs, où se­ra at­ten­due une pa­no­plie de films, dont l’Ita­lien "Lat­te­sa", le film fran­çais "Good Luck Sam" (bonne chance Sam), le long mé­trage belge "Les Ar­dennes", et la fic­tion au­tri­chienne "One of us" (un par­mi nous).

Sec­tion do­cu­men­taires

A at­tendre éga­le­ment la pro­jec­tion de plu­sieurs do­cu­men­taires en pro­ve­nance du vieux conti­nent à tra­vers une sec­tion dé­diée à l’art du do­cu­men­taire. Par­mi les oeuvres sé­lec­tion­nées pour cette édi­tion du pa­no­ra­ma, fi­gurent les deux do­cu­men­taires fran­çais "To­mor­row" (de­main) et "La Faille", le sué­dois "Be­co­ming Zla­tan" (de­ve­nant Zla­tan), l’ita­lien "Fire at Sea" (du feu à la mer) et le do­cu­men­taire belge "Bet­ween Sis­ters" (entre soeurs).

A la sec­tion Car­re­four, des oeuvres pres­ti­gieuses re­flètent la di­ver­si­té et la ri­chesse de la culture eu­ro­péenne. Elles com­prennent le film égyp­to-fran­çais, "Au Bal­con de Ti­ti" de Yas­mi­na Be­na­ri, ain­si que la pro­duc­tion an­glo-li­ba­no­sy­rienne, "A Sy­rian Love Sto­ry" (his­toire d’amour sy­rienne).

Par ailleurs, "Adieu Bo­na­parte" de Yous­sef Cha­hine et "Le Grand Dic­ta­teur de Char­lie Cha­plin" sont pro­je­tés dans le cadre de la sec­tion Clas­siques.

Deux autres sec­tions sont aus­si au pro­gramme. La pre­mière est une sé­lec­tion de films as­so­ciée à une thé­ma­tique pré­cise, celle des ci­tés et des villes eu­ro­péennes. Cette an­née, il s’agit de Ber­lin. Quatre films se­ront pro­je­tés, dont "B-Mo­vie", "The Lives of Others" (les vies des autres), "Run Lo­la Run" (cours Lo­la, cours) et "Neu­kolln Un­li­mi­ted". La se­conde sec­tion se nomme Pa­no­ra­ma­tion. Il s'agit d'un bou­quet de films d’ani­ma­tion eu­ro­péens, dont le film d’ani­ma­tion fran­çais "Louise en hi­ver".

Le Pa­no­ra­ma du Film eu­ro­péen a été lan­cé en 2004 par la co­gé­rante de Misr In­ter­na­tio­nal Films (MIF) Ma­rianne Khou­ry.

Il a été la se­mence condui­sant à la nais­sance de Zawya, l'ini­tia­tive art-house lan­cée par MIF en 2014 pour que les écrans pro­jettent une sé­lec­tion al­ter­na­tive de films tout au long de l'an­née. L'équipe de Zawya est ac­tuel­le­ment la pro­mo­trice de l'or­ga­ni­sa­tion du Pa­no­ra­ma.

Cons­trui­sant sur les édi­tions réus­sies des an­nées an­té­rieures, le Pa­no­ra­ma se dresse comme un pi­lier de la culture ci­né­ma­to­gra­phique contem­po­raine de l'Egypte, ce qui porte à des écrans égyp­tiens im­por­tants des films pri­més.

Le Pa­no­ra­ma du Film eu­ro­péen est co­fi­nan­cé par l'Union eu­ro­péenne et est or­ga­ni­sé sous les aus­pices du mi­nis­tère de la Culture et le Centre du ci­né­ma égyp­tien.

La Fille In­con­nue

Une jeune mé­de­cin pleine de re­mords ( Adèle Hae­nel) pour­suit le sou­ve­nir d'une fille morte faute d'avoir été se­cou­rue. Une sorte de po­lar dans la li­gnée de ce que savent faire les frères Dar­denne, mais qui sus­cite moins d'émo­tion chez le spec­ta­teur que les pré­cé­dents.

Parce qu'elle était en train de ser­mon­ner son sta­giaire – elle lui prou­vait sa su­pé­rio­ri­té, en fait, Jen­ny, jeune mé­de­cin gé­né­ra­liste de Liège ( Adèle Hae­nel), n'ouvre pas, alors que son ca­bi­net mé­di­cal est fer­mé de­puis plus d'une heure, à un pa­tient re­tar­da­taire. Elle ap­prend, le len­de­main, qu'il s'agis­sait d'une toute jeune fille, pro­ba­ble­ment agres­sée et dé­cé­dée… Un lien étrange se tisse entre la vive et cette morte que nul ne semble connaître. Pour lui rendre tout ce qui lui a été dé­ro­bé, à com­men­cer par son iden­ti­té, Jen­ny en­tame son pé­riple et une fois en­core, une fois de plus, les Dar­denne la suivent avec une éton­nante fer­veur. Mais une fer­veur sèche, cette fois, presque dé­nuée de sen­ti­ment.

Jen­ny pour­suit le sou­ve­nir de la dis­pa­rue comme elle soigne ses pa­tients : avec vaillance et obs­ti­na­tion. Et son re­mords obs­ti­né fi­nit par sus­ci­ter ce­lui des autres : à tour de rôle, ils viennent lui avouer lui confes­ser des bouts de vé­ri­té, puis, la vé­ri­té toute en­tière… C'est ce qui est beau dans le nou­veau film des Dar­denne : la pro­gres­sion, en cha­cun des per­son­nages, du dé­sir de re­trou­ver sa di­gni­té per­due. L'im­pos­si­bi­li­té d'échap­per au meilleur de soi, en quelque sorte.

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