Al-Sis­si et Trump : une ami­tié spé­ciale

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Ab­del Mas­sih Fel­li - Mi­chael Vic­tor

Le pré­sident Ab­del-Fat­tah Al-Sis­si a été le plus prompt des chefs d’Etat du monde arabe à fé­li­ci­ter le pré­sident élu des Etats-Unis, Do­nald Trump, l’ap­pe­lant à «re­don­ner vie» aux re­la­tions égyp­to-amé­ri­caines. C’était une pro­messe du can­di­dat Trump à al-Sis­si: «Les Etats-Unis sont un ami loyal, et non un simple al­lié, sur le­quel l’Egypte pour­ra comp­ter». Des pro­pos que le pré­sident n’a pas tar­dé à re­prendre à son compte pour adres­ser ses fé­li­ci­ta­tions au 45ème pré­sident des Etats-Unis.

Dans son com­mu­ni­qué, al-Sis­si a sou­li­gné la «re­la­tion stra­té­gique spé­ciale» entre l’Egypte et les Etats-Unis, longue de plu­sieurs dé­cen­nies. «La Ré­pu­blique arabe d’Egypte s’at­tend à ce que la pré­si­dence de Do­nald Trump in­suffle une nou­velle vie aux re­la­tions égyp­to-amé­ri­caines et da­van­tage de co­opé­ra­tion et de co­or­di­na­tion au bé­né­fice des deux peuples égyp­tien et amé­ri­cain, et qu’elle pro­meuve la paix, la sta­bi­li­té et le dé­ve­lop­pe­ment dans le Moyen-Orient au re­gard des im­menses dé­fis aux­quels la ré­gion est confron­tée».

La cause de l’op­ti­misme et de l’em­pres­se­ment d’Ab­del-Fat­tah al-Sis­si est à trou­ver lors de la ren­contre entre les deux hommes, à New York en sep­tembre der­nier, à l’oc­ca­sion de l’As­sem­blée gé­né­rale de l’ONU. Et c’était alors une pre­mière : ja­mais un can­di­dat ré­pu­bli­cain à la pré­si­dence des Etats-Unis n’avait dis­cu­té avec un lea­der du monde mu­sul­man du­rant sa cam­pagne. Et c’est dans ce cadre que Trump avait for­mu­lé sa pro­messe de faire des Etats-Unis un « ami loyal » et fiable de l’Egypte.

Et l’élec­tion de Do­nald Trump ne change rien à la donne, au contraire même : le pré­sident élu amé­ri­cain en­tend conso­li­der les re­la­tions avec Pou­tine, le­quel a été aus­si l’un des pre­miers chefs d’Etat à le fé­li­ci­ter. Ce qui est une bonne nou­velle pour le gou­ver­ne­ment égyp­tien ne l’est peut-être pas au­tant pour les is­la­mistes, quand on sait que Trump sou­tient Al-Sis­si dans sa guerre contre les groupes ter­ro­ristes au Moyen-Orient. No­tons que la re­la­tion avec l’Egypte sous l’ad­mi­nis­tra­tion des li­bé­raux d’Oba­ma et Hilla­ry Clin­ton a connu beau­coup de ten­sion. L’ad­mi­nis­tra­tion Oba­ma avait sus­pen­du les ventes d’armes à l’Egypte, même si elle est re­ve­nue plus tard sur cette dé­ci­sion, les re­la­tions entre Le Caire et Wa­shing­ton s’étaient dé­té­rio­rées et sont res­tées de­puis très ten­dues.

Ryan re­con­duit

Par ailleurs, les élus ré­pu­bli­cains de la Chambre des re­pré­sen­tants des États-Unis ont vo­té mar­di sans sur­prise pour re­con­duire Paul Ryan à la tête de l'ins­ti­tu­tion.

Il va devoir com­po­ser avec Do­nald Trump. Paul Ryan a été re­con­duit mar­di, sans sur­prise, à la tête de la Chambre des re­pré­sen­tants des États-Unis par les élus ré­pu­bli­cains dans la fou­lée de leur vic­toire aux élec­tions du 8 du­rant la cam­pagne et même cri­ti­qué le can­di­dat Do­nald Trump, pa­rie sur la co­opé­ra­tion et ne cesse de chan­ter les louanges du 45e pré­sident des États-Unis, qui prê­te­ra ser­ment au Ca­pi­tole le 20 jan­vier. "Le pré­sident élu et moi sommes sur la même lon­gueur d'onde", a in­sis­té Paul Ryan. "Je parle avec Do­nald Trump tous les jours ou presque".

Sans op­po­si­tion des ul­tra­con­ser­va­teurs is­sus du Tea Par­ty, Paul Ryan a été dé­si­gné à l'una­ni­mi­té par ses pairs lors d'un vote à huis clos au Ca­pi­tole comme can­di­dat of­fi­ciel du par­ti ma­jo­ri­taire pour le poste de pré­sident de la chambre basse du Con­grès ("spea­ker"), fonc­tion qu'il oc­cupe de­puis dé­jà en­vi­ron un an.

"C'est un im­mense hon­neur d'être dé­si­gné par mes col­lègues pour être le pré­sident de la Chambre. Il est dé­sor­mais temps d'être au­da­cieux", a ré­agi sur Twit­ter Paul Ryan, après avoir été ap­plau­di par ses col­lègues.

Trump au­ra les cou­dées franches

Les ré­pu­bli­cains ont conser­vé la ma­jo­ri­té dans les deux chambres du Con­grès (Chambre des re­pré­sen­tants et Sé­nat) lors des élec­tions de la se­maine der­nière. Les nou­veaux élus ne pren­dront leurs fonc­tions que le 3 jan­vier.

L'élec­tion du "spea­ker" n'au­ra lieu qu'à la ren­trée de jan­vier lors d'un vote de l'en­semble des par­le­men­taires, dé­mo­crates et ré­pu­bli­cains.

Au Con­grès, Do­nald Trump au­ra les cou­dées franches pour ap­pli­quer son pro­gramme en ac­cord avec les chefs ré­pu­bli­cains. "70 % des Amé­ri­cains ont dit que l'Amé­rique était sur le mau­vais che­min", a ar­gu­men­té Paul Ryan mar­di ma­tin lors d'une confé­rence de presse. "Ils viennent de nous dire, pre­nons un autre che­min, meilleur. C'est notre tra­vail. Ne re­gar­dons pas en ar­rière mais vers l'avant".

Sur la feuille de route de Do­nald Trump et des ré­pu­bli­cains fi­gurent l'abro­ga­tion et le rem­pla­ce­ment de la ré­forme du sys­tème de san­té de Ba­rack Oba­ma, la construc­tion d'un mur ou d'une clô­ture à la fron­tière avec le Mexique ou en­core une grande baisse d'im­pôts.

Les ré­pu­bli­cains dis­po­se­ront d'au moins 239 sièges contre 193 pour les dé­mo­crates à la Chambre, et d'au moins 51 sièges sur 100 au Sé­nat, tous les ré­sul­tats n'étant pas en­core dis­po­nibles.

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