Saint Sa­muel le Con­fes­seur

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية -

L'Eglise copte cé­lèbre de­main lun­di 3 Juillet 2017 le Qua­ran­tième des Mar­tyrs de Qa­la­moune. A cette oc­ca­sion, des li­tur­gies di­vines sont te­nues aux évê­chés de Ma­gha­gha, el-Ed­wa, Baní Ma­zar, Al-Bah­nas­sa, Bé­ba, el-Fachn, Mi­nya et Abou Qor­qas. Ce sont les épar­chies qui ont of­fert par­mi leurs en­fants 28 mar­tyrs le ven­dre­di 26 mai au ma­tin en ayant don­né leur té­moi­gnage alors qu'ils al­laient au mo­nas­tère Saint-Sa­muel le Con­fes­seur, un des an­ciens mo­nas­tères coptes à la Mon­tagne de Nak­lon, à l'ouest de Mi­nya, lors­qu'un groupe ar­mé a in­ter­cep­té leurs vé­hi­cules et leur a de­man­dé de re­nier leur foi. Quand les chré­tiens ont re­fu­sé, choi­sis­sant de mou­rir pour leur chris­tia­nisme, ils ont ti­ré sur la tête et le cou des hommes et un cer­tain nombre de balles ont at­teint les femmes et les en­fants, fai­sant 28 mar­tyrs. Leur té­moi­gnage est ve­nu donc don­ner à notre gé­né­ra­tion et aux gé­né­ra­tions fu­tures une image vi­vante de la vraie foi, vu que ce mar­tyre a ra­vi­vé la mé­moire du pa­tri­moine copte du mo­nas­tère d'An­ba Sa­muel le Con­fes­seur et l'his­toire de ce saint juste dont la com­mé­mo­ra­tion a lieu le 8 Kiahk. En ce jour de l’an 412 des mar­tyrs (696 après Jé­sus Ch­rist) eut lieu le dé­cès de ce moine du VIIe siècle par­ti­cu­liè­re­ment vé­né­ré par les Coptes pour son as­cé­tisme, sa dé­fense de la foi or­tho­doxe et sa ré­sis­tance aux vio­lences que lui in­fli­gèrent les Ber­bères

Na­tif d’un vil­lage du dio­cèse de Mas­sil, (ac­tuel­le­ment Ma­lig du dis­trict de Ché­bî­neel-kôm, gou­ver­no­rat d’el-Char­kieh), son père, Sillas était prêtre. Ce­lui-ci vit en songe un être lu­mi­neux qui lui dit: «Il est né­ces­saire que soit confié à ton fils une foule considérable et qu’il soit l’élu du Sei­gneur».

Dès son en­fance, Sa­muel était pur, sem­blable au pro­phète Sa­muel et lors­qu’il gran­dit, il se fit moine à Scé­té au­près d’un saint homme nom­mé An­ba Agha­thôn. Trois ans plus tard le saint homme dé­cé­da. Sa­muel se mit alors à jeû­ner et à prier avec in­ten­si­té et per­sé­vé­rance; en­suite il fut or­don­né prêtre pour l’église de saint Ma­caire le grand.

Un mes­sa­ger ap­por­ta au dé­sert le Tome de Léon, iI s’agit d’une lettre conte­nant les dé­crets du concile de Chal­cé­doine . Il en fit la lec­ture de­vant les moines et leur de­man­da de le si­gner. L’ayant en­ten­du, An­ba Sa­muel fut pris d’un zèle ar­dent, s’en em­pa­ra et le dé­chi­ra en pro­cla­mant son désac­cord. Le mes­sa­ger se mit en co­lère et or­don­na qu’on frappe An­ba Sa­muel. Un de ces coups at- teint son oeil qui fut ar­ra­ché. Puis il fut mis hors du mo­nas­tère. L’ange du Sei­gneur lui ap­pa­rut et lui don­na l’ordre de se rendre à Qa­la­moune. Il y al­la et construi­sit un mo­nas­tère où il de­meu­ra, en­sei­gnant ceux qui l’en­tou­raient en les af­fer­mis­sant dans la Foi or­tho­doxe.

Plus tard, les ber­bères at­ta­quèrent le mo­nas­tère et l’em­me­nèrent dans leur pays. Il y ren­con­tra An­ba Jean, l’hi­gou­mène de Scé­té et ils se conso­laient mu­tuel­le­ment. Son geô­lier ten­ta de le sé­duire pour qu’il adore le so­leil. Comme il n’y par­ve­nait pas, il at­ta­cha son pied à ce­lui d’une jeune es­clave en leur or­don­nant de gar­der les cha­meaux dans le but de le faire chu­ter dans le pé­ché et, dans ce cas, il pour­rait en dis­po­ser à son gré. Mais avec l’aide de Dieu il put y ré­sis­ter. Plus tard, le fils de son maître tom­ba ma­lade et faillit mou­rir; le saint pria pour lui et il gué­rit. Son maître l’ad­mi­ra, s’ex­cu­sa en im­plo­rant son par­don. Lui ayant de­man­dé ce qu’il sou­hai­tait qu’il fasse pour lui, Sa­muel ré­pon­dit qu’il vou­lait ren­trer à son couvent. Il l’y ra­me­na. A son ar­ri­vée tous ses en­fants spi­ri­tuels l’en­tou­rèrent. Le nombre de ceux-ci s’était mul­ti­plié et ils étaient de­ve­nus des mil­liers.

La sainte vierge lui ap­pa­rut et lui dit: «Ce lieu est ma de­meure pour l’éter­ni­té». Ce saint pro­non­ça de nom­breuses ho­mé­lies, écri­vit un grand nombre d’ar­ticles. A l’ap­proche de son dé­cès il réunit ses dis­ciples, leur re­com­man­da de res­ter fermes dans la crainte de Dieu et dans la Foi jus­qu’au der­nier sou­pir. Puis il ren­dit l’âme en paix. Son corps est conser­vé à son mo­nas­tère qui est proche de Ma­gha­gha au mont Qa­la­moune dans le dé­sert oc­ci­den­tal. Ce mo­nas­tère est tou­jours peu­plé de moines.

Si quel­qu'un vi­site le mo­nas­tère de SaintSa­muel, il ver­ra les mon­tagnes na­tu­relles au­tour du mo­nas­tère et sen­ti­ra aus­si que beau­coup d'âmes de saints sont au­tour de lui. Ce­la donne un sen­ti­ment de confort in­terne et de bon­heur.

L'ori­gine du nom "Qa­la­moune" est dé­ri­vée du mot grec "ka­la­mos" qui si­gni­fie ro­seau ou comme terme gé­né­tique pour toute plante qui n'est ni un buis­son ni un arbre, un nom très ap­pro­prié et des­crip­tif pour ce marais.

Le mo­nas­tère est près de l'ex­tré­mi­té nord de Wa­di-El-Mou­leh qui est une conti­nua­tion de la grande dé­pres­sion com­pre­nant Fayoum et Wa­di-El-Rayan.

Pen­dant la vie de saint Sa­muel, le mo­nas­tère a pros­pé­ré, bien qu'il ait été ra­va­gé à plu­sieurs re­prises par les Ber­bères. A sa mort en 693, les moines du mo­nas­tère comp­taient entre 120 et 200, et il y avait douze églises.

Au 11ème siècle, le mo­nas­tère avait douze églises et quatre tours. Un moine dé­vot vi­vait dans une grotte voi­sine et il y avait un to­tal de 130 moines ha­bi­tant le mo­nas­tère à cette époque.

À la fin du 19ème siècle, le père Isaac ElBa­ra­mous­sy, avec quelques autres moines, ve­naient vivre au mo­nas­tère. Ils ont com­men­cé à re­cons­truire l'an­cien mo­nas­tère, qu'il a di­ri­gé entre 1895 et 1938.

Au­jourd'hui, le mo­nas­tère a cinq églises: l'église de la Vierge Ma­rie, l'église de SaintSa­muel, l'église de Saint-Mis­sael, l'église de l'ar­change Mi­chel et l'église de Saint-Mi­na le mar­tyr.

Les 28 mar­tyrs de Qa­la­moune

Newspapers in French

Newspapers from Egypt

© PressReader. All rights reserved.