Condam­na­tion de l'es­prit irresponsable du Qa­tar

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Les mi­nistres des Af­faires étran­gères de l'Égypte, de l'Ara­bie saou­dite, des Émi­rats arabes unis et de Bah­reïn ont pu­blié des dé­cla­ra­tions suite à une réunion au Caire mer­cre­di, après l'ul­ti­ma­tum pour le Qa­tar ayant ex­pi­ré mar­di soir.

Les quatre na­tions arabes, im­pli­quées dans une crise di­plo­ma­tique avec le Qa­tar, ont re­je­té la ré­ponse de Do­ha à leurs de­mandes comme non sé­rieuses et se sont en­ga­gées à conti­nuer de main­te­nir l'État du Golfe sous des sanctions po­li­tiques et éco­no­miques jus­qu'à ce qu'il­mo­di­fie ses po­li­tiques. Ils ont éga­le­ment ex­pri­mé leur re­gret en ce qui concerne la ré­ponse né­ga­tive du Qa­tar, qui a mon­tré le non-sé­rieux pour trai­ter la ra­cine du pro­blème et re­con­si­dé­rer ses po­li­tiques et pra­tiques.

Par­lant aux jour­na­listes, le mi­nistre égyp­tien des Af­faires étran­gères, Sa­meh Chou­kri, a dé­cla­ré que la ré­ponse du Qa­tar à la liste des re­ven­di­ca­tions des quatre États arabes, qui a été trans­mise par l'in­ter­mé­diaire du Ko­weït lun­di, était gé­né­ra­le­ment né­ga­tive et n'a pas je­té les bases du ren­ver­se­ment des po­li­tiques du Qa­tar.

Il a ajou­té que la ré­ponse du Qa­tar man­quait de conte­nu et qu'il n'était plus pos­sible de to­lé­rer ses actes. Chou­kri a éga­le­ment ac­cu­sé le Qa­tar de ne pas com­prendre la gra­vi­té de la si­tua­tion.

Il a en outre in­di­qué que les mi­nistres des Af­faires étran­gères d'Égypte, du Royaume d'Ara­bie Saou­dite, des Émi­rats arabes unis et du Royaume de Bah­reïn se sont réunis au Caire le mer­cre­di 5 juillet 2017 pour se consul­ter sur les ef­forts en cours pour stop­per le sou­tien de l'État de Qa­tar à l'ex­tré­misme et au terrorisme, son in­gé­rence dans les af­faires in­té­rieures des pays arabes et les me­naces contre la sé­cu­ri­té na­tio­nale arabe et la paix et la sé­cu­ri­té in­ter­na­tio­nales en rai­son de ses po­li­tiques.

Il a été sou­li­gné que la po­si­tion des quatre pays se base sur l'im­por­tance du res­pect des con­ven­tions in­ter­na­tio­nales, des chartes et des ré­so­lu­tions ain­si que des prin­cipes énon­cés dans les chartes des Na­tions unies, de la Ligue arabe et de l'Or­ga­ni­sa­tion de co­opé­ra­tion is­la­mique en plus des con­ven­tions sur la lutte contre le terrorisme in­ter­na­tio­nal met­tant l'ac­cent sur les prin­cipes sui­vants:

En­ga­ge­ment à com­battre l'ex­tré­misme et le terrorisme sous toutes ses formes et à pré­ve­nir leur fi­nan­ce­ment ou la four­ni­ture de re­fuge.

In­ter­dire tous les actes d'in­ci­ta­tion et toutes les formes d'ex­pres­sion qui pro­pagent, in­citent, fa­vo­risent ou jus­ti­fient la haine et la vio­lence.

En­ga­ge­ment to­tal pour l'ac­cord de Riyad 2013 et l'ac­cord com­plé­men­taire et son mé­ca­nisme exé­cu­tif pour 2014 dans le cadre du Con­seil de co­opé­ra­tion du Golfe (CCG) pour les États arabes.

En­ga­ge­ment en­vers tous les ré­sul­tats du som­met arabe-is­la­mique-amé­ri­cain te­nu à Riyad en mai 2017.

S'abs­te­nir de s'in­gé­rer dans les af­faires in­té­rieures des États et de sou­te­nir les en­ti­tés illé­gales.

La res­pon­sa­bi­li­té de tous les États de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale de faire face à toutes les formes d'ex­tré­misme et de terrorisme comme une me­nace pour la paix et la sé­cu­ri­té in­ter­na­tio­nales.

Par ailleurs, le mi­nistre saou­dien des Af­faires étran­gères, Adel ben Ahmed Al Jo­beir, a af­fir­mé que l'al­liance va consi­dé­rer plus de me­sures contre le Qa­tar et se ré­serve le droit d'en prendre le cas échéant. Il a éga­le­ment pré­ci­sé que ce n'est pas une ré­ponse à la lettre du Ko­weït, il est pos­sible que quelque chose de plus for­mel soit sui­vi car des consul­ta­tions sont en cours. Il a éga­le­ment dé­cla­ré que le boy­cott conti­nue­ra jus­qu'à ce que le Qa­tar change de politique, ajou­tant qu'il n'était pas sur­pre­nant que l'Iran tente de se rap­pro­cher du Qa­tar, tout en ex­pri­mant l'es­poir que la Tur­quie res­te­ra neutre.

Les 4 membres de l'al­liance se re­ver­ront à Ma­na­ma, Bah­reïn pour dis­cu­ter des pro­chaines étapes.

L'Egypte et ses al­liés avaient en­ga­gé le 5 juin un bras de fer avec ce pe­tit émi­rat riche en gaz qu'ils ac­cusent de sou­te­nir "le terrorisme" et d'en­tre­te­nir des re­la­tions trop étroites avec l'Iran.

Outre la rup­ture des re­la­tions di­plo­ma­tiques, ils ont im­po­sé à Do­ha des sanc- tions éco­no­miques, lui in­ter­di­sant leur es­pace aé­rien.

Pour mettre fin aux sanctions, l'Egypte et ses al­liés avaient adres­sé à Do­ha une liste de de­mandes, lui in­ti­mant de s'y plier d'ici le 2 juillet puis éten­dant de deux jours cet ul­ti­ma­tum.

Ils ré­cla­maient entre autres la fer­me­ture d'une base mi­li­taire turque et de la télévision Al Ja­zee­ra, ju­gée trop sub­ver­sive par Le Caire et ses al­liés, ain­si que la ré­duc­tion des re­la­tions de Do­ha avec l'Iran.

Le Qa­tar a ré­pon­du à ces exi­gences lun­di dans un mes­sage au Ko­weït qui jouait le rôle de mé­dia­teur pour ten­ter de mettre fin à la crise.

"La liste est ir­réa­liste et ir­re­ce­vable", avait dé­cla­ré le chef de la di­plo­ma­tie à Do­ha lors d'une confé­rence de presse avec son ho­mo­logue al­le­mand Sig­mar Ga­briel.Mar­di, l'émir du Ko­weït a trans­mis un mes­sage au Qa­tar.

"Nous sommes de­vant un tour­nant his­to­rique qui n'a rien à voir avec la ques­tion de sou­ve­rai­ne­té", a ré­tor­qué mar­di le mi­nistre d'Etat émi­ra­ti, An­war Gar­gash, sur Twit­ter. "Le Qa­tar doit choisir entre pré­ser­ver ses liens avec ses voi­sins ou di­vor­cer", a-t-il lan­cé.

Le pré­sident amé­ri­cain Do­nald Trump, qui s'en est pris par le pas­sé au Qa­tar, a ré­pé­té l'im­por­tance de stop­per le fi­nan­ce­ment du terrorisme, un ob­jec­tif qu'il juge pri­mor­dial, et de dis­cré­di­ter l'idéo­lo­gie ex­tré­miste.

Les Etats-Unis comme d'autres pays oc­ci­den­taux et le Con­seil de sé­cu­ri­té de l'ONU ont tou­te­fois ap­pe­lé les ri­vaux du Golfe au dia­logue pour ré­soudre cette crise dans un Moyen-Orient dé­jà agi­té par de nom­breux conflits.

Dans le même contexte, lors d'une confé­rence de presse au Caire, le por­te­pa­role de l'ar­mée li­byenne, Ahmed al-Mes­ma­ri, avait mar­di ac­cu­sé le Qa­tar, le Sou­dan et la Tur­quie de sou­te­nir le terrorisme dans le pays arabe dé­chi­ré par le conflit.

Le porte-pa­role li­byen a af­fir­mé qu'il avait des do­cu­ments at­tes­tant l'im­pli­ca­tion des trois pays et qu'il pré­sen­te­ra ces do­cu­ments à la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale.

Réunion du quar­tette arabe au Caire

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