Vers la res­tau­ra­tion de la cré­di­bi­li­té de l'Unes­co

A la suite de la dé­faite face à l'an­cienne mi­nistre de la Culture fran­çaise, Audrey Azou­lay, qui a été élue Di­rec­trice gé­né­rale de l'UNES­CO après une course de quatre rounds in­ha­bi­tuel­le­ment échauf­fée, Mou­chi­ra Khat­tab, can­di­date égyp­tienne, a re­mer­cié le

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية -

"La per­for­mance de Khat­tab dans la cam­pagne élec­to­rale de l'UNES­CO était forte et ho­no­rable... Khat­tab a été un bon vi­sage pour l'Egypte dans cette cam­pagne, sans comp­ter qu'elle est une fi­gure di­plo­ma­tique et in­ter­na­tio­nale ex­cep­tion­nelle", a dé­cla­ré un com­mu­ni­qué pu­blié par le co­mi­té des af­faires étran­gères du par­le­ment. Le co­mi­té a af­fir­mé que Dr Khat­tab et les membres de son équipe de cam­pagne ont pu contes­ter quatre tours de l'élec­tion de ma­nière «très pro­fes­sion­nelle, fai­sant face avec sa­gesse à tous les obs­tacles aux­quels elle a dû faire face dans cette ba­taille».

Dans son al­lo­cu­tion au peuple égyp­tien pro­non­cée au par­le­ment , Dr Khat­tab a dé­cla­ré: «Quand j'ai fait cam­pagne pour le poste le plus im­por­tant de l'UNES­CO, je ne sa­vais pas que je me lan­ce­rais dans un mer­veilleux voyage dans le coeur des Égyp­tiens, au cours du­quel leur amour et leur ap­pré­cia­tion m'ont fait hon­neur de re­pré­sen­ter l'Egypte

«Mon coeur dé­borde de gra­ti­tude en­vers chaque homme et chaque femme, jeunes et vieux, pri­vi­lé­giés et dé­fa­vo­ri­sés, qui m'ont sou­hai­té du bien et m'ont sou­te­nu par leurs voeux et leurs in­ten­tions d'amour. Je leur dis: «J'ai ga­gné votre amour, et ce­la me com­pense am­ple­ment de ne pas avoir ga­gné un poste pour le­quel je m'ef­for­çais de réa­li­ser de nobles ob­jec­tifs».

Dr Khat­tab a re­mer­cié tous ceux qui l'ont sou­te­nue et ont par­rai­né sa cam­pagne: le pré­sident Ab­del Fa­tah al Sis­si, le Pre­mier mi­nistre Ché­rif Is­maïl, le mi­nistre des Af­faires étran­gères Sa­meh Chou­kri et toutes les or­ga­ni­sa­tions ci­viles qui ont été pour elle une «source de force». Elle a dit qu'elle n'ou­blie­rait ja­mais leur sou­tien et leurs en­cou­ra­ge­ments. "Nous avons concou­ru au nom de l'Egypte, avec la tra­di­tion égyp­tienne d'in­té­gri­té et de dé­sir de ser­vir l'hu­ma­ni­té."

"Le concours a of­fi­ciel­le­ment pris fin", a no­té Dr Khat­tab, "mais ce­la ne s'est pas ter­mi­né pour moi." Elle a in­di­qué qu'elle as­pi­rait à ser­vir les ob­jec­tifs de l'UNES­CO: pré­ser­ver le pa­tri­moine et la culture des peuples, pro­mou­voir l'édu­ca­tion et la science, la non-dis­cri­mi­na­tion, l'ac­cep­ta­tion des dif­fé­rences, l'in­ter­ac­tion et le dia­logue, la di­ver­si­té et le plu­ra­lisme cultu­rels et l'illu­mi­na­tion. Main­te­nant, a-t-elle dit, elle peut pour­suivre ces nobles ob­jec­tifs avec le peuple égyp­tien, fi­dèle fille d'une vieille ci­vi­li­sa­tion qui dé­tient un cré­dit in­com­men­su­rable d'amour, de to­lé­rance et de paix.

Dr Khat­tab a conclu en di­sant: «Je rentre chez moi rem- plie d'amour. J'ai ap­pris de nou­velles lettres dans le mot «hu­ma­ni­ta­risme», que j'ai hâte d'ins­til­ler dans le sol de ma patrie bien-ai­mée. Vive l'Egypte! "

La nou­velle Di­rec­trice gé­né­rale de l'Unes­co est une femme de gauche mar­quée par une en­fance fran­co­ma­ro­caine où les livres abon­daient. Audrey Azou­lay, élue ven­dre­di 13 oc­tobre 2017 à la tête de l'or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale, a été mi­nistre so­cia­liste de la Culture en France pen­dant un peu plus d'un an, jus­qu'en mai 2017.

Pen­dant sa cam­pagne, elle s'est plu à ci­ter l'homme d'Etat fran­çais et fi­gure du so­cia­lisme Léon Blum (1872-1950), se­lon le­quel l'Unes­co de­vait être "la conscience des Na­tions unies".

Mme Azou­lay est née le 4 août 1972 à Pa­ris, dans une fa­mille ma­ro­caine, ori­gi­naire d'Es­saoui­ra. Son père est le ban­quier et homme po­li­tique An­dré Azou­lay, conseiller de l'ac­tuel roi du Ma­roc comme il l'avait été de son père Has­san II. Sa mère est la femme de lettres Katia Bra­mi. Une fa­mille bai­gnant dans la culture du livre et des dé­bats.

Elle peut se tar­guer d'un CV bien rem­pli: an­cienne élève de l'Ecole na­tio­nale d'ad­mi­nis­tra­tion ENA, qui forme les élites fran­çaises, maî­trises de ges­tion à l'uni­ver­si­té Pa­ris Dau­phine et à l'uni­ver­si­té bri­tan­nique de Lan­cas­ter, Sci- ences-Po­li­tiques à Pa­ris. Elle a tra­vaillé du­rant ses études dans le sec­teur ban­caire. Elle a en­suite été ma­gis­trate à la Cour des comptes après avoir oc­cu­pé plu­sieurs fonc­tions à la Di­rec­tion des mé­dias du mi­nis­tère de la Culture.

Mme Azou­lay qui était op­po­sée au Qa­ta­ri Ha­mad AlKa­wa­ri, a ob­te­nu 30 voix contre 28 pour son ad­ver­saire. Ce­pen­dant, le choix des 58 membres du conseil exé­cu­tif de­vra en­core être va­li­dé par la confé­rence gé­né­rale des Etats membres, le 10 no­vembre pro­chain.

No­tons que l’or­ga­ni­sa­tion, confron­tée à des dis­sen­sions et des dif­fi­cul­tés éco­no­miques a en­core été fra­gi­li­sée jeu­di 12 oc­tobre 2017, par l’an­nonce du re­trait des Etats-Unis et Is­raël. Wa­shing­ton a jus­ti­fié sa dé­ci­sion par «ses in­quié­tudes concer­nant des ar­rié­rés de co­ti­sa­tion à l’Unes­co». En 2011, lorsque la Pa­les­tine a re­joint l’Unes­co, les Etats-Unis avaient sus­pen­du leur contri­bu­tion fi­nan­cière qui re­pré­sente près du quart du bud­get de l’or­ga­ni­sa­tion.

Audrey Azou­lay a dé­cla­ré que si son élec­tion était confir­mée par la confé­rence gé­né­rale des Etats membres, «la pre­mière chose à la­quelle elle s’at­ta­che­rait» se­rait de «res­tau­rer la cré­di­bi­li­té» de l’Or­ga­ni­sa­tion et la «confiance des Etats membres».

Mou­chi­ra Khat­tab

Audrey Azou­lay

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