Le Pape Fran­çois es­père «des fruits de paix pour le monde en­tier»

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Le Pape Fran­çois a cé­lé­bré,, di­manche ma­tin 1er avril, la messe du jour de Pâques sur la place Saint- Pierre. L’an­nonce, la hâte et qu’au­rais- je fait ? Ce sont les trois points abor­dés par le Pape Fran­çois dans son ho­mé­lie im­pro­vi­sée.

Tout d’abord, l’an­nonce: «le Sei­gneur est res­sus­ci­té». En se ren­dant au tom­beau pour oindre le corps du Ch­rist, les femmes se trou­vèrent de­vant une «sur­prise». «Les an­nonces de Dieu sont tou­jours des sur­prises parce que notre Dieu est le Dieu des sur­prises», et ce de­puis le dé­but de l’his­toire du sa­lut. «La sur­prise est ce qui émeut le coeur, qui te touche vrai­ment là où tu ne t’y at­tends pas» a pour­sui­vi Fran­çois qui, uti­li­sant le «lan­gage des jeunes», la dé­crit aus­si comme «un coup bas».

Fran­çois est re­ve­nu en­suite sur la «hâte». «Les sur­prises de Dieu nous mettent en che­min, tout de suite, sans at­tendre». C’est ce qu’ont fait les femmes, puis Pierre et Jean. Ils firent comme les pas­teurs la nuit de Noël, ou la Sa­ma­ri­taine. «L’im­por­tant est d’al­ler, de cou­rir, pour voir cette sur­prise, cette an­nonce». Et ce­la ar­rive en­core au­jourd’hui, par­tout, dans nos vil­lages et nos quar­tiers. «Les sur­prises, les bonnes nou­velles, on les donne tou­jours comme ce­la, en se dé­pê­chant» a dé­crit le Pape. Il n’y a qu’une seule per­sonne qui a pris son temps : saint Tho­mas. «Mais le Sei­gneur est bon, il l’at­tend avec amour».

En­fin, en guise de troi­sième point, le Pape a vou­lu adres­ser une ques­tion: «et moi ?». «Ai-je le coeur ou­vert aux sur­prises de Dieu, suis-je ca­pable de me dé­pê­cher ou d’al­ler en chan­tant tou­jours ce re­frain “je ver­rai de­main, de­main, de­main”?» L’évan­gile de Jean nous dit: «croyez». Et moi, s’in­ter­roge le Pape, en cette Pâque 2018, que fais-je?

Après la messe de Pâques, le Sou­ve­rain pon­tife a in­ter­cé­dé au­près du Ch­rist res­sus­ci­té, “grain de blé se­mé par Dieu dans les sillons de la terre“, pour les pays af­fli­gés. Par sa force d’amour, “Il s’abaisse et se donne jus­qu’au bout“, por­tant des “fruits d’es­pé­rance et de di­gni­té“, à toutes les vic­times de la cul­ture du dé­chet. A sa­voir tous les ex­clus, les ré­fu­giés, ain­si que les vic­times du nar­co­tra­fic, de la traite des per­sonnes et des es­cla­vages de notre temps. Mais aus­si les per­sonnes âgées, “pré­cieuse mé­moire de l’hu­ma­ni­té“.

Le pape a alors in­ter­cé­dé pour tous les peuples des pays af­fli­gés, en pre­mier lieu pour la po­pu­la­tion de “la bien-ai­mée et tour­men­tée“Sy­rie, “épui­sée par une guerre qui ne voit pas de fin“. Que la lu­mière du Ch­rist Res­sus­ci­té “éclaire les consciences“, afin que soit mis un terme à “l’ex­ter­mi­na­tion en cours“, a lan­cé so­len­nel­le­ment le pape Fran­çois. Il a alors ex­hor­té les res­pon­sables po­li­tiques et mi­li­taires à “res­pec­ter le droit hu­ma­ni­taire“et à fa­ci­li­ter “le re­tour de tous ceux qui ont été dis­per­sés“.

De­puis la log­gia cen­trale de la bas- ilique Saint-Pierre, entre deux icônes de saint Mi­chel et de saint Jo­seph, le Pape a aus­si in­vo­qué les fruits de ré­con­ci­lia­tion pour la Terre sainte, “blessée en­core ces jours-ci par des conflits ou­verts qui n’épargnent pas les per­sonnes sans dé­fense“. Il a de­man­dé que la paix “soigne les bles­sures“au Yé­men, au Sou­dan du Sud et dans la Ré­pu­blique Dé­mo­cra­tique du Con­go, in­ci­tant alors à ne pas ou­blier les vic­times de ces conflits, “sur­tout les en­fants !“.

Le pon­tife a éga­le­ment en­cou­ra­gé à la con­corde dans la pé­nin­sule co­réenne et en Ukraine. Il a en­fin in­vo­qué les fruits de la conso­la­tion pour le peuple vé­né­zué­lien, qui “vit dans une es­pèce de ‘terre étran­gère’ dans son propre pays“. Le pon­tife a de­man­dé que ré­sonne par­tout “la pa­role de la Ré­sur­rec­tion“. Cel­le­ci “chasse les crimes et lave les fautes, rend l’in­no­cence aux cou­pables et l’al­lé­gresse aux af­fli­gés“, a-t-il af­fir­mé.

A l’is­sue de ce mes­sage, le Pape a pro­non­cé la tra­di­tion­nelle bé­né­dic­tion Ur­bi et Or­bi, à la ville de Rome et au monde, les épaules re­cou­vertes de son étole do­rée, signe d’un acte li­tur­gique. Pro­non­cée de­puis le bal­con de la ba­si­lique Saint-Pierre, cette bé­né­dic­tion est un acte so­len­nel du Pape pour les grandes oc­ca­sions, à Pâques et à Noël. Elle est as­sor­tie d’une in­dul­gence plé­nière.

L’ex­pres­sion Ur­bi et Or­bi, à la ville de Rome et au monde, re­prend l’an­tique ma­nière de consi­dé­rer Rome comme LA ville par ex­cel­lence, avec une di­men­sion uni­ver­selle. Le mes­sage qui pré­cède est ain­si adres­sé aux chré­tiens et au monde en­tier.

Cette bé­né­dic­tion so­len­nelle vient conclure les cé­ré­mo­nies du Tri­duum pas­cal au Va­ti­can. La se­maine qui suit, ap­pe­lée ‘oc­tave de Pâques’, est une pro­lon­ga­tion de cette fête cen­trale dans l’an­née li­tur­gique. Ce­la ex­plique que le lun­di et le mar­di soient fé­riés au Va­ti­can.

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