Le Pape Ta­wa­dros lance la pro­jec­tion du film "Saint Abou No­fer »

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Ma­ri­na el-Qes Bar­soum

Sa Sain­te­té le Pape Ta­wa­dros II, Pape d'Alexan­drie et Pa­triarche de la Pré­di­ca­tion de Saint- Marc, a as­sis­té mar­di der­nier 12 juin à la pro­jec­tion en pre­mière du film « Abou No­fer l’ana­cho­rète » , réa­li­sé par Jo­seph Na­bil, au théâtre de l’An­ba Ro­weis de la ca­thé­drale Saint- Marc à Ab­bas­sia.

Le Pape a te­nu à as­sis­ter à la pré­sen­ta­tion, mon­trant la croyance de l'Eglise dans le mes

sage de l'oeuvre ar­tis­tique et dra­ma­tique dans la for­ma­tion du ca­rac­tère copte, sa­chant que le film in­carne le cas mo­nas­tique unique d'Abou No­fer. A cette oc­ca­sion, Sa Sain­te­té a sou­li­gné le concept du mo­na­chisme, en ex­pli­quant que c’est l’es­sence de l'Eglise qui a gran­di au sein de l'Egypte et s’est dé­pla­cée vers le monde s’éle­vant gra­duel­le­ment dans sa taille et ses types, où l’on trouve le moine as­cète, l’er­mite et l’ana­cho­rète. Abou No­fer était l'un des pères ana­cho­rètes les plus im­por­tants de l'Eglise copte or­tho­doxe qui ont raf­fer­mi la foi de l'Eglise grâce à leurs prières.

Le Pape Ta­wa­dros a évo­qué le rôle de la tech­no­lo­gie qui a réa­li­sé un saut his­to­rique du IVe siècle après JC, du temps d’Abou No­fer, de sorte à être com­pa­tible avec cette évo­lu­tion dans notre temps par la pu­re­té et la qua­li­té d'image dans le drame du film avec la mu­sique flo­ris­tique et l'in­trigue à tra­vers le scé­na­rio et le dia­logue, dans la vi­sion par­ti­cu­lière pré­sen­tée par le réa­li­sa­teur Jo­seph Na­bil.

Au terme de son al­lo­cu­tion, le Pape a re­mer­cié les re­li­gieuses du couvent du prince Ta­dros Al-Chat­by à Ha­ret el-Roum qui sont dé­si­reuses de mettre en va­leur la bio­gra­phie d’Abou No­fer.

Le spec­tacle a vu la pré­sence d'un cer­tain nombre d’évêques et de prêtres, ain­si que les ar­tistes hé­ros du film et un cer­tain nombre de per­son­na­li­tés et lea­ders de l'opi­nion pu­blique et des mé­dias en Egypte ".

La cé­ré­mo­nie com­pre­nait un cer­tain nombre de spec­tacles ar­tis­tiques avant le dé­but de la pro­jec­tion.

Le film est pro­duit par le couvent des Soeurs du prince Ta­dros Al-Chat­by à Ha­ret el-Roum au Caire, et parle de la vie d'un des saints du IVe siècle après JC, Abou No­fer l’ana­cho­rète, pa­tron du mo­nas­tère et pro­prié­taire du sanc­tuaire si­tué au siège du couvent, qui contient l'eau de puits, où il s’abreu­vait pen­dant la pé­riode de sa vie au même en­droit.

Le film met en ve­dette l'ar­tiste Ihab Sob­hi, qui in­carne Saint-Abou No­fer, avec la par­ti­ci­pa­tion des ar­tistes Sa­mir Fah­my, Ma­her La­bib, Ga­mil Bar­soum, As­sem Sa­mi et Sher­ry Mag­di.

Ont éga­le­ment par­ti­ci­pé à l’ouvrage un groupe d'ar­tistes com­pre­nant le pro­duc­teur ar­tis­tique Mi­chael Mou­rad, le di­rec­teur de la pho­to­gra­phie, Mi­chael Geor­gy, le di­rec­teur du mon­tage Sa­mer Ma­di, le di­rec­teur ar­tis­tique Ka­mal Mag­di, le co­lo­riste, Ka­mal Rou­ch­di, la concep­trice des vê­te­ments et sty­liste Ma­riam Na­bil.

Le script a été ré­vi­sé his­to­ri­que­ment par Na­chaat Zo­q­lo­ma.

Les can­tiques ont été chan­tés par le ré­vé­rend Mous­sa Rouh­di, cu­ré de l'église de Saint-An­toine à Bro­the­rham, en An­gle­terre, la ré­dac­tion des poèmes est de Bas­sem Sa­mir, et la mu­sique est com­po­sée par le Maes­tro Em­ma­nuel Saad, Scé­na­rio et dia­logues de l’écri­vain Sa­mi Faw­zi, réa­li­sa­tion exé­cu­tive par Mau­reen Mag­di, et mis en scène par Jo­seph Na­bil.

A la clô­ture de la cé­ré­mo­nie, le Pape a ho­no­ré les ci­néastes ayant par­ti­ci­pé à l’oeuvre ar­tis­tique.

Il est bon de sa­voir qu’Abou No­fer fut l'un des Pères du Dé­sert qui fit une grande im­pres­sion sur la spi­ri­tua­li­té orien­tale aux IIIe et IVe siècles, à l'époque où le chris­tia­nisme ap­pa­rais­sait comme la re­li­gion do­mi­nante de l'Em­pire romain. A cette époque, beau­coup de chré­tiens ont été ins­pi­rés à sor­tir dans le dé­sert et à vivre dans la prière dans un en­vi­ron­ne­ment hos­tile de cha­leur et de froid extrême, avec peu à man­ger et à boire, en­tou­rés de toutes sortes d'ani­maux dan­ge­reux et de vo­leurs.

Er­mite pen­dant 70 ans dans le dé­sert près de Thèbes, en Haute Egypte, il cher­cha à imi­ter la so­li­tude et les pri­va­tions de saint Jean-Bap­tiste et vé­cut des fruits d'un arbre dat­tier qui pous­sait près de sa cel­lule. Po­pu­laire au Moyen Âge, d'abord avec les moines puis en gé­né­ral, il s'as­so­cie aux tis­se­rands parce qu'il est re­pré­sen­té «vê­tu seule­ment de ses propres che­veux abon­dants et d'un pagne de feuilles».

Le nom Abou No­fer est consi­dé­ré comme une forme hel­lé­ni­sée d'un nom copte Oun­nou­fer, en fin de compte de l'égyp­tien: wnn-nfr si­gni­fiant «par­fait», ou «ce­lui qui est conti­nuel­le­ment bon», une épi­thète du dieu Osi­ris.

Abou No­fer avait étu­dié la ju­ris­pru­dence et la phi­lo­so­phie avant de de­ve­nir un moine près de Thèbes et alors un er­mite.

La vie d'Abou No­fer cor­res­pond au moule d'in­nom­brables er­mites ou ana­cho­rètes du dé­sert... Ce­pen­dant, les an­nées de la jeu­nesse d'Abou No­fer ont été pas­sées dans un mo­nas­tère qui ob­ser­vait la règle du si­lence strict, une biche l'ins­trui­sait dans les rites et la li­tur­gie chré­tienne: pen­dant ses soixante ans dans

le dé­sert, le seul vi­si­teur d'Abou No­fer était un ange qui li­vrait une hos­tie tous les di­manches.

Saint Abou No­fer a pros­pé­ré au qua­trième siècle, d'abord dans le cé­no­bial près de Her­mo­po­lis de Thèbes en Egypte, et plus tard comme so­li­taire dans le dé­sert, où il a été dé­cou­vert par Saint Paph­nou­té. Quand Paph­nou­té l'a ren­con­tré pour la pre­mière fois au fond du dé­sert, il a été ef­frayé par l'ap­pa­ri­tion du Saint, le voyant cou­vert de poils comme une bête sau­vage et nu, à l'ex­cep­tion d'un vê­te­ment cou­su de feuilles cou­vrant ses reins. Après avoir ra­con­té sa vie et les conflits amers qu'il avait en­du­rés comme er­mite, Abou No­fer dit à Paph­nou­té qu'il al­lait mou­rir, et que Paph­nou­té avait été en­voyé pour l'en­ter­rer.

Saint Paph­nou­té vou­lait y res­ter après la mort de l'An­ba Abou No­fer. Ce­pen­dant, le saint as­cète lui a dit que ce n'était pas la vo­lon­té de Dieu de res­ter là, il de­vait plu­tôt re­tour­ner dans son propre mo­nas­tère et par­ler à tout le monde de la vie ver­tueuse des ha­bi­tants du dé­sert. Après avoir bé­ni l’An­ba Paph­nou­té et lui avoir fait ses adieux, Saint Abou No­fer a prié avec des larmes et des sou­pirs, puis il s'est cou­ché sur la terre, pro­non­çant ses der­nières pa­roles: «Entre tes mains, mon Dieu, je re­mets mon es­prit».

Saint Paph­nou­té a pleu­ré et a ar­ra­ché une par­tie de son vê­te­ment, et avec elle a cou­vert le corps du grand as­cète. Il le pla­ça dans la cre­vasse d'un gros ro­cher creux comme une tombe, et le re­cou­vrit d'une mul­ti­tude de pe­tites pierres. Saint Paph­nou­té vou­lut de­meu­rer à cet em­pla­ce­ment mais le pal­mier chu­ta, la source se ta­rit et la grotte s’est ef­fon­drée. Alors, il sut que Dieu vou­lait qu’il rentre à son mo­nas­tère et il re­trou­va sa cel­lule dans la paix. Il ré­di­gea la vie de saint Abou No­fer pour l’édi­fi­ca­tion de nom­breuses gé­né­ra­tions.

C’est pour­quoi Abou No­fer est fort dans son in­ter­ces­sion et un can­tique lui est dé­dié en ces termes : « Tu as été un citoyen du dé­sert, un ange dans la chair et un fai­seur de mer­veilles, O Abou No­fer, notre Père qui porte Dieu. Par le jeûne, la veillée et la prière, tu as ob­te­nu des dons cé­lestes, et tu gué­ris les ma­lades et les âmes de ceux qui ont re­cours à toi avec foi. Gloire à Ce­lui qui t'a don­né la force. Gloire à Ce­lui qui t'a cou­ron­né. Gloire à ce­lui qui opère des gué­ri­sons pour tous à tra­vers toi.

Pour les moines, tu as été une grande et brillante étoile, éclai­rant le monde comme une lu­mière qui brille dans la nuit; et tu es en état d'as­cé­tisme aus­si brillant que le so­leil. Par consé­quent, O Père Abou No­fer, ne cesse pas d'in­ter­cé­der en notre fa­veur ».

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