Adieu An­ba Epi­pha­nios, astre rayon­nant

Dé­cès in­at­ten­du de Son Émi­nence An­ba Epi­pha­nios, évêque et res­pon­sable du mo­nas­tère de Saint Ma­caire de Scé­té, à Wa­di El Na­troun. Le di­manche 29 juillet l’An­ba Epi­pha­nios, avait été re­trou­vé mort, cou­ché dans une mare de sang dans son mo­nas­tère. Que le Se

Watani Francophone - - الصفحة الأمامية - Mi­chael Vic­tor

Né en juin 1954 dans la ville de Tan­ta, au mi­lieu du del­ta, l’An­ba Epi­pha­nios ob­tint un di­plôme de mé­de­cine en 1978. En fé­vrier 1984, il re­çut ses ordres au mo­nas­tère de Saint Ma­caire et, en oc­tobre 2002, il fut or­don­né prêtre. En 2013, l’An­ba Epi­pha­nios a été élu su­pé­rieur de Saint Ma­caire à tra­vers un vote se­cret par­mi les moines. L’An­ba Epi­pha­nios était un cher­cheur che­vron­né. Il était en charge de l'énorme bi­blio­thèque de ré­fé­rence et de ma­nus­crits du mo­nas­tère qui com­prend des do­cu­ments in­es­ti­mables dans di­verses langues. Il a oeu­vré à la tra­duc­tion arabe du livre de la Ge­nèse du grec an­cien, et la li­tur­gie de Saint Ba­sile. Sous sa gra­vure se trouvent sa tra­duc­tion grecque-arabe du Livre de l'Exode, la li­tur­gie gré­go­rienne et une ver­sion mo­derne de l’oeuvre classique sur la vie mo­nas­tique: Bus­tan al-Ruh­ban (Le jar­din des moines). L’An­ba Epi­pha­nios était dé­si­reux de par­ti­ci­per à des sym­po­siums lo­caux ou in­ter­na­tio­naux ou à des sé­mi­naires sur les études coptes; le plus ré­cent était "Coptes dans la Mo­der­ni­té", or­ga­ni­sé conjoin­te­ment par le Col­lège Saint Atha­na­sius et l'Uni­ver­si­té de Di­vi­ni­ty à Mel­bourne au dé­but du mois de juillet.

A cet égard, l'Église copte or­tho­doxe a pu­blié une dé­cla­ra­tion, qui dé­cri­vait l’An­ba Epi­pha­nios comme un moine et un éru­dit ho­no­rable, dé­cla­rant que sa mort était en­tou­rée d'am­bi­guï­té et que les au­to­ri­tés concer­nées étaient aver­ties. "Les en­quêtes sont main­te­nant en cours", dit le com­mu­ni­qué, "et nous at­ten­dons le ré­sul­tat. La dé­cla­ra­tion dit que le Pape Ta­wa­dros dé­plo­ra dans l’An­ba Epi­pha­nios un vrai moine dont la vie était im­pré­gnée de dou­ceur et d'hu­mi­li­té; éga­le­ment un éru­dit qui pos­sé­dait une ri­chesse de connais­sances qui fruc­ti­fia la re­cherche et les pu­bli­ca­tions dans di­verses branches des études ec­clé­sias­tiques. Le Pape a prié pour la paix de son âme, et le ré­con­fort pour l'as­sem­blée des moines de Saint Ma­caire et tous ceux qui ont ai­mé le dé­funt ab­bé.

Le ser­vice fu­nèbre pré­si­dé par le Pape Ta­wa­dros II a eu lieu mar­di 31 juillet à midi, à l'église his­to­rique du mo­nas­tère Saint Ma­caire du 4ème siècle. Le Pape était vi­si­ble­ment at­tris­té par l'oc­ca­sion. L’office a com­men­cé avec la prière tra­di­tion­nelle d’ac­tion de grâce et est pas­sé aux lec­tures de la Bible et les sup­pli­ca­tions pour les âmes de ceux qui sont dé­cé­dés. Le ser­mon du Pape Ta­wa­dros se concen­trait sur son bien-ai­mé An­ba Epi­pha­nios, qu'il dé­cri­vait comme une "lu­mière qui brillait pour nous tous". Le Pape a dit : “Le re­gret­té était en ef­fet un évêque rayon­nant au­tour de lui, mal­gré toute la dou­leur que nous éprou­vons et que j’éprouve per­son­nel­le­ment avec l’es­poir de la Ré­sur­rec­tion comme nous avons ap­pris de lui dire adieu par notre Eglise or­tho­doxe. Nous sommes en face de cet er­mite émi­nent, avec une foi in­ébran­lable en Dieu ToutPuis­sant. Dieu ajuste cette vie et non loin de ce su­jet, nous croyons que Dieu ajuste notre vie dans les moindres dé­tails et ajuste notre dé­part de cette vie. Nous croyons aus­si qu’Il est le fa­bri­cant des bonnes ac­tions pour tous des justes et des mé­chants, et montre son so­leil aux justes et aux pé­cheurs, nous croyons aus­si qu’Il aime les êtres hu­mains même les pé­cheurs par­mi nous, et qu'Il n'aime pas le pé­ché, mais aime l'homme pé­cheur, peut-être qu’il va se re­pen­tir et se ré­veiller avant qu'il ne soit trop tard. Le dé­funt évêque Epi­pha­nios qui a quitté sou­dai­ne­ment, nous voyions en lui un mo­dèle lu­mi­neux, alors que nous avons en­ten­du dans les prières qu'il est astre éclai­rant le monde, une pla­nète lu­mi­neuse et en vé­ri­té il a rayon­né aus­si par­tout où il est al­lé et a ser­vi. Le Pape a dé­plo­ré dans l’An­ba Epi­pha­nios un moine af­fec­tueux, doux, joyeux dont la vie a été im­pré­gnée dans la dou­ceur et l'hu­mi­li­té; éga­le­ment un éru­dit qui pos­sé­dait une ri­chesse de connais­sances qui fruc­ti­fia la re­cherche et les pu­bli­ca­tions dans di­verses branches des études ec­clé­sias­tiques. An­ba Epi­pha­nios, a dé­cla­ré le Pape Ta­wa­dros, "a re­pré­sen­té l'Église dans d'in­nom­brables confé­rences et sym­po­siums. Il était la fier­té de l'Église pour sa pro­fonde connais­sance. Le Pape a dit que l'amour et la connais­sance du dé­funt ab­bé le do­taient d'une grande sa­gesse. "Je l'ai consul­té sur de nom­breuses ques­tions, et in­va­ria­ble­ment trou­vé ses points de vue in­es­ti­mables. An­ba Epi­pha­nios a pris les ordres de Saint Ma­caire quand il avait 30 ans; il est de­ve­nu Ab­bé 30 ans plus tard, en 2013. Sa di­rec­tion du mo­nas­tère a du­ré seule­ment cinq ans, mais ils se­ront tou­jours en­ra­ci­nés dans la tra­di­tion mo­nas­tique. «Il me­nait une vie très simple, sans pos­ses­sions ma­té­rielles - son choix de cel­lule, de vê­te­ments et de nour­ri­ture en té­moi­gnait - pour­tant sa quié­tude et son doux sou­rire ré­vé­laient la pro­fon­deur de paix qui l'en­glou­tis­sait. Il a tou­jours prié pour la paix pour toutes les âmes, pour les moines, l'Eglise, l'Egypte et le monde en­tier. "

Le Pape Ta­wa­dros a conclu sa pa­role par une vague d'émo­tion: “L’An­ba Epi­pha­nios que nous avons per­du en vé­ri­té, son nom est dé­ri­vé de la lu­mière, il était vrai­ment une lu­mière dans notre Saint Sy­node. L'image sa­crée et son nom res­te­ront im­mor­tels et bé­ni soit ce mo­nas­tère qui a don­né nais­sance à cette per­sonne bé­nie qui a une his­toire et a vé­cu à l’en­droit des saints qui ont glo­ri­fié Dieu avec leur vie et leur bon com­por­te­ment à tra­vers l'his­toire que nous li­sons au fil des siècles. Bé­ni soit ce mo­nas­tère qui nous a don­né cet homme rare; Bé­nie est la fa­mille qui a pro­duit ce pré­lat qui a illu­mi­né l'uni­vers. "Je té­moigne de­vant vous ici qu'il était un moine unique, calme et pai­sible. Par­tout où il a mis les pieds, il a ap­por­té avec lui la paix et la grâce. Il est main­te­nant au Ciel, en pré­sence du Sei­gneur, de Ses anges et de Ses saints. Il in­ter­cède en notre fa­veur, priant pour nous et pour l'Eglise. Notre bien-ai­mé l’An­ba Epi­pha­nios, mal­gré la brève du­rée de ta pré­sence, tu nous a beau­coup ap­pris. “

Une fois le ser­vice ter­mi­né, le cer­cueil de l'An­ba Epi­pha­nios a été pris dans une pro­ces­sion de moine pré­cé­dée de la croix haute, pour être en­ter­ré dans le "Ta­fous" du mo­nas­tère, le lieu de sé­pul­ture des moines. Le Pape a di­ri­gé la pro­ces­sion et la prière fi­nale avant que le cer­cueil ait été pla­cé dans la fente. Pour une der­nière bé­né­dic­tion, SS ten­dit la main et tou­cha le cer­cueil de son bien-ai­mé An­ba Epi­pha­nios.

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