20 Minutes (Lyon)

Une étude «en vie réelle» pour ac­cé­lé­rer la re­cherche

Une étude na­tio­nale, Rea­ly­sa, pour la pre­mière fois me­née «en vie réelle», va in­clure 6000 pa­tients qui se­ront sui­vis durant neuf ans

- Ca­ro­line Gi­rar­don Health · Pharmaceutical Industry · Cancer · Medicine · Science · Industries · Health Conditions · France · Proverbs

Ac­cé­lé­rer la re­cherche sur le lym­phome et la prise en charge des ma­lades. C’est le but d’une étude na­tio­nale bap­ti­sée Rea­ly­sa me­née par le Ly­sa (groupe co­opé­ra­teur en hé­ma­to­lo­gie spé­cia­li­sé dans le lym­phome), en col­la­bo­ra­tion avec le ré­seau des re­gistres de can­cers Fran­cim et les HCL, hos­pices ci­vils de Lyon. Une étude « am­bi­tieuse » qui va suivre durant neuf ans 6 000 nou­veaux pa­tients at­teints de lym­phomes ré­par­tis sur tout le ter­ri­toire.

« L’ob­jec­tif est de pou­voir amé­lio­rer les connais­sances sur ces ma­la­dies com­plexes et de mieux com­prendre le par­cours de soins des pa­tients ain­si que l’ef­fi­ca­ci­té des trai­te­ments », ex­pose d’em­blée Fanny Cher­blanc, cheffe de pro­jets cli­niques en poste au Ly­sarc, la struc­ture opé­ra­tion­nelle en charge de la mise en place de l’étude. « La par­ti­cu­la­ri­té de cette étude est d’être en vie réelle. Nous col­lec­tons des don­nées tous les jours sur des pa­tients de tous âges qui ne sont pas in­clus dans les es­sais cli­niques, gé­né­ra­le­ment très sé­lec­tifs, com­plète Fanny Cher­blanc. Les seules don­nées que nous avons au­jourd’hui sont celles de ces es­sais aux­quels par­ti­cipent seule­ment 10 à 15 % des ma­lades. » Dont très peu de per­sonnes âgées ou souf­frant de pro­blèmes car­diaques, d‘où une perte im­por­tante d’in­for­ma­tion concer­nant la grande ma­jo­ri­té des pa­tients.

Com­plé­ter les es­sais cli­niques

Les cher­cheurs am­bi­tionnent ain­si de mieux cer­ner les fac­teurs en­vi­ron­ne­men­taux, mé­di­caux ou per­son­nels pou­vant ex­pli­quer l’ap­pa­ri­tion de la ma­la­die et son évo­lu­tion. Mais éga­le­ment de dé­cryp­ter les rai­sons pour les­quelles cer­tains pa­tients ré­pondent bien aux trai­te­ments et d’autres re­chutent. Et ce­la mal­gré une amé­lio­ra­tion, de­puis le dé­but des an­nées 2000, de la prise en charge du lym­phome, consi­dé­ré comme le « sixième can­cer » en France avec 18 000 nou­veaux cas chaque an­née.

« Il s’agi­ra aus­si de me­su­rer les ré­per­cus­sions du lym­phome et des trai­te­ments sur la qua­li­té de vie de pa­tients, que ce soit chez eux, au tra­vail, ou en fa­mille », pour­suit la cheffe de pro­jets cli­niques.

« De nom­breux ser­vices d’hé­ma­to­lo­gie se mo­bi­lisent à tra­vers toute la France pour re­cru­ter des pa­tients», com­plète le Pr Her­vé Ghes­quières, hé­ma­to­logue à l’Hô­pi­tal Lyon-Sud et in­ves­ti­ga­teur co­or­di­na­teur de l’étude, pré­ci­sant que 1 000 per­sonnes l’ont in­té­grée de­puis son lan­ce­ment en no­vembre 2018.

Pour au­tant, pas ques­tion d’op­po­ser ce pro­jet aux es­sais cli­niques en cours. « Notre étude vient les com­plé­ter, pré­cise Fanny Cher­blanc. Par exemple, on cher­che­ra à sa­voir si tel ou tel trai­te­ment s’avère aus­si ef­fi­cace dans la vraie vie qu’en es­sais cli­niques. Ce qui peut contri­buer à confor­ter les rem­bour­se­ments des mé­di­ca­ments exis­tants. »

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Le «sixième can­cer» compte 18000 nou­veaux cas chaque an­née en France.

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