Le jingle Spee­dy en a tou­jours sous le ca­pot

20 Minutes (Montpellier) - - La Une - Ben­ja­min Cha­pon

Vingt-cinq ans qu’elle nous tourne dans la tête (en tout cas celle des Xen­nials, les plus jeunes ont été épar­gnés). La mu­sique de la pu­bli­ci­té Spee­dy, com­po­sée en fé­vrier 1992, fête son quart de siècle. Pour l’oc­ca­sion, le spé­cia­liste du diag­nos­tic et de l’en­tre­tien au­to­mo­bile or­ga­nise une opé­ra­tion spé­ciale pour choi­sir le re­mix idéal de sa ren­gaine : « Va donc, va donc chez Spee­dy, Spee­dy! » (spee­dy­sum­mer­mix.fr). Marc Hill­man est ce­lui qui a com­mis le jingle. Au­jourd’hui âgé de 62 ans et de­ve­nu au­teur, il a com­men­cé sa car­rière de com­po­si­teur en 1975. « J’ai écrit des mu­siques pour Da­li­da, Da­niel Gui­chard, Ré­gine… A par­tir de 1982, j’ai com­men­cé à faire des mu­siques de pubs [une cin­quan­taine au to­tal]. C’était une forme de mé­cé­nat à l’époque. Toutes les marques vou­laient leur propre mu­sique. » Pour­tant, seule celle de Spee­dy, com­po­sée avec Pa­trick Rof­fé, a su tra­ver­ser les âges. « C’est le seul de mes jingles à avoir eu cette pé­ren­ni­té. Il était pré­vu pour deux ans. En 2001, ils ont es­sayé d’en chan­ger, mais ça n’a pas mar­ché. Alors ils m’ont ap­pe­lé pour me dire : “On va re­par­tir pour un tour avec ta mu­sique!” ». Une bonne nou­velle, re­con­naît-il : « La Sa­cem me verse une pe­tite rente men­suelle, c’est vrai… Mais, nous autres com­po­si­teurs, on a des carrières bi­zarres, un peu en mon­tagnes russes, comme les écri­vains. »

Fi­ni l’ori­gi­na­li­té

Marc Hill­man garde un bon sou­ve­nir de ses an­nées pub : « Au­jourd’hui, il n’y a presque plus de mu­siques ori­gi­nales dans les pu­bli­ci­tés. Les an­non­ceurs pré­fèrent ache­ter les droits de mor­ceaux exis­tants, dé­jà connus. C’est un peu dom­mage, et plus cher pour les marques en plus. » Quand il était l’un des pi­liers du mé­tier, Marc Hill­man dis­cu­tait par­fois avec ses col­lègues com­po­si­teurs : « C’est tou­jours in­té­res­sant de voir comment les autres tra­vaillent. Mais il n’y a pas vrai­ment de re­cette. Une mu­sique de pub, ça doit être ra­co­leur, ça doit en­trer dans la tête des gens et de­ve­nir presque sub­li­mi­nal. Pour des pro­duits d’en­tre­tien, par exemple, il vaut mieux des mu­siques plus po­si­tives. » Pour Spee­dy, il s’est ins­pi­ré du coeur de mé­tier des ga­rages de la marque : « Au dé­part, j’ai pen­sé au son un peu mé­tal­lique des ba­lais et de la char­les­ton [à la bat­te­rie] pour faire ré­fé­rence au mé­tal des pots d’échap­pe­ment et des car­ros­se­ries. Ça m’a ins­pi­ré cette mu­sique un peu jaz­zy. » Mais qu’est-ce qui fait qu’un jingle de­vient un tube gé­né­ra­tion­nel comme ceux de Dim ou Da­nette? « Oh, ben ça, c’est le mys­tère ir­ra­tion­nel de la créa­tion… »

Spee­dy pro­pose aux in­ter­nautes de choi­sir le re­mix idéal de sa ren­gaine.

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