«J’ai réus­si à m’ai­mer grâce à mon mé­tier »

Mu­sique La chan­teuse pop An­gèle sort son pre­mier al­bum, «Brol» («bor­del» en fla­mand), ce ven­dre­di

20 Minutes (Montpellier) - - CULTURE - Pro­pos re­cueillis par Clio Wei­ckert

Il y a un an à peine, la vague An­gèle dé­fer­lait sur la Bel­gique et sur la France, avec son pre­mier suc­cès, « La Loi de Mur­phy ». Un titre pop en fran­glais, ma­riant hu­mour et au­to­dé­ri­sion. Ce ven­dre­di, la chan­teuse belge sort Brol (du fla­mand « bor­del »), son pre­mier al­bum, et jongle entre des titres lé­gers et d’autres plus pro­fonds et intimes.

Dans le titre « La Thune », tu te moques gen­ti­ment de l’at­trait qu’ont les gens pour l’ar­gent. Ça ne te fait pas du tout rê­ver, toi ?

Non. Bi­zar­re­ment, plus jeune, oui. Mais, en gran­dis­sant, j’ai vu que les gens riches n’avaient pas l’air plus heu­reux que nous. Dans le mi­lieu de la mu­sique, il y a beau­coup de choses liées à la thune. C’est dé­ce­vant quand tu as des rêves. Après, j’ai fait des choix en sa­chant que ce n’était pas mar­ke­ting, comme prendre ma tête de quand j’étais pe­tite pour une po­chette d’al­bum.

Dans « Balance ton quoi », tu dis : « Les gens me disent à de­mi-mot “pour une fille belle t’es pas si bête, pour une fille drôle t’es pas si laide” .» En as-tu souf­fert ?

Non, il ne faut pas exa­gé­rer. J’ai hé­si­té à écrire ça parce que je me suis dit que les gens al­laient croire que je me trou­vais jo­lie et pa­raître su­per­fi­cielle. Ma mère m’a tou­jours dit : « Si t’es jo­lie, c’est co­ol, mais n’en fais pas ta seule force. » Je ne me suis ja­mais ai­mé phy­si­que­ment. J’ai réus­si à m’ai­mer grâce à mon mé­tier, parce qu’il me ren­dait jo­lie et me met­tait en va­leur.

Dans le clip de « Ja­lou­sie », un dan­seur porte la même robe que les autres dan­seuses. Tu aimes cas­ser les codes ?

C’est Ni­co­las Hu­chard, un dan­seur que j’aime énor­mé­ment, qui se tra­ves­tit en femme par­fois. Il est ma­gni­fique, et ça me fas­cine de le voir dan­ser. Il faut mon­trer les corps de tout le monde. La ja­lou­sie n’est pas qu’une his­toire fé­mi­nine.

Dans le titre « Nom­breux », tu dé­clares ta flamme à ton co­pain. Sa pré­sence a été im­por­tante pour toi du­rant l’éla­bo­ra­tion de cet al­bum ?

On s’est tou­jours dit qu’on s’était ren­con­trés au bon mo­ment, avant que tout ça n’ex­plose dans ma vie. J’ai réa­li­sé ce pro­jet très in­dé­pen­dam­ment, sans di­rec­teur ar­tis­tique. Je n’ai tra­vaillé qu’avec des gens proches, et il a eu un rôle très im­por­tant dans la créa­tion de cet al­bum. Et puis je crois en l’amour. Il fal­lait que j’en parle.

L’ar­tiste belge mêle des titres lé­gers à d’autres plus mé­lan­co­liques.

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