L’op­po­si­tion se dur­cit entre za­distes et gen­darmes

Les af­fron­te­ments entre gen­darmes et za­distes ont été plus in­tenses au deuxième jour

20 Minutes (Nantes) - - La Une - Fré­dé­ric Bre­non

Si les forces de l’ordre ont pour­sui­vi mar­di leurs opé­ra­tions d’ex­pul­sion sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les op­po­sants ont bé­né­fi­cié de da­van­tage de sou­tiens que la veille. Les ap­pels aux ren­forts, lan­cés par les za­distes eux-mêmes, semblent avoir été en par­tie en­ten­dus. De nou­veaux jeunes, ve­nus par­fois d’autres ré­gions fran­çaises et même de l’étran­ger, ont dé­bar­qué avec l’en­vie d’en dé­coudre. « Je suis ar­ri­vé ce ma­tin de Rennes pour dé­fendre ce ter­ri­toire contre les at­taques de l’Etat », té­moigne l’un d’entre eux, vi­sage en­ca­gou­lé et pro­té­gé d’un masque contre le gaz la­cry­mo­gène, de­vant une bar­ri­cade.

« Les choses ont chan­gé »

Plus en re­trait, plus âgées aus­si, de nom­breuses per­sonnes se sont éga­le­ment dé­pla­cées pour sou­te­nir les za­distes et « pro­té­ger les lieux agri­coles ». La dé­mo­li­tion lun­di de l’em­blé­ma­tique ferme des « 100 noms », dont les oc­cu­pants pa­ci­fiques avaient ex­pri­mé la vo­lon­té de se ré­gu­la­ri­ser, a été, disent-elles, « un élé­ment dé­clen­cheur ». « J’étais d’ac­cord au dé­part avec les ex­pul­sions pour lé­ga­li­ser le site, mais quand j’ai vu qu’il y avait plus de des­truc­tions que pré­vu je me suis dit qu’il fal­lait ve­nir don­ner un coup de main », ex­plique Pa­trick, ve­nu des So­ri­nières. « Quand j’ai en­ten­du que cette ferme avait été at­ta­quée je me suis dit: “J’y vais”, ra­conte Bri­gitte, de Ver­tou. Ce n’est pas ad­mis­sible. Je suis aus­si ve­nue té­moi­gner de la vio­lence qui, pour moi, est du cô­té des forces de l’ordre. Comment faire croire aux jeunes que l’Etat les pro­tège ? J’ai très peur qu’il se passe quelque chose de grave. » Alors qu’elle sou­te­nait à peine les za­distes, l’Aci­pa, prin­ci­pale as­so­cia­tion an­ti-aé­ro­port, est, elle aus­si, en co­lère. « Les choses ont chan­gé, dé­nonce Ju­lien Du­rand, son por­te­pa­role. La des­truc­tion des lieux agri­coles est une aber­ra­tion. On de­mande l’ar­rêt clair et net des opé­ra­tions de des­truc­tion, si­non il n’y au­ra pas de re­prise du dia­logue. » Un ap­pel au ras­sem­ble­ment a été lan­cé pour ce mer­cre­di, 13 h, au coeur de la ZAD. La pré­fec­ture af­firme avoir dé­mo­li un to­tal de 15 ca­banes et ha­bi­tats pré­caires de­puis lun­di.

Forces vives de l’in­dus­trie de la dé­fense, les in­gé­nieurs aiment ce sec­teur qui le leur rend bien. Tra­vailler dans la dé­fense, c’est évo­luer dans un sec­teur à la pointe de la tech­no­lo­gie. C’est aus­si s’in­ves­tir dans des pro­jets de grande en­ver­gure. Pour créer l’ému­la­tion dans les équipes, l’en­tre­prise mise sur une va­rié­té de pro­fils. Les in­gé­nieurs gé­né­ra­listes sont no­tam­ment les bien­ve­nus. S’ils ont l’en­vie et la ca­pa­ci­té d’adap­ta­tion né­ces­saires, ils se­ront, comme toutes les nou­velles re­crues, for­més par MBDA et de­vien­dront ra­pi­de­ment opé­ra­tion­nels. « Il y a beau­coup de for­ma­tions de qua­li­té, en in­terne et en ex­terne, ex­plique So­phie une in­gé­nieure mai­son. C’est une chance quand on fait ce mé­tier. » Et d’ex­pli­quer que ça n’est pas le seul avan­tage du sec­teur. Le contact client avec la Di­rec­tion Gé­né­rale de l’Ar­me­ment y est en­ri­chis­sant : « Nous ren­con­trons ré­gu­liè­re­ment les mi­li­taires qui sont les uti­li­sa­teurs di­rects de nos pro­duits. Ce­la nous per­met de voir l’in­té­rêt de ce qu’on leur ap­porte au quo­ti­dien quand ils sont en opé­ra­tion ex­té­rieure. »

De pos­sibles évo­lu­tions

Tout au long de leur car­rière, les in­gé­nieurs ont la pos­si­bi­li­té d’évo­luer. Ils peuvent oc­cu­per dif­fé­rentes fonc­tions comme le dé­taille l’in­gé­nieure : « J’ai été em­bau­chée il y a 10 ans comme res­pon­sable de la va­li­da­tion d’une chaine al­go­rith­mique. Puis pro­mue res­pon­sable d’une chaine fonc­tion­nelle au glo­bal. Au­jourd’hui, je suis chef de pro­jet. Je fais du pi­lo­tage d’ac­ti­vi­tés tech­niques, j’ai une vi­sion sur les bud­gets, les plan­nings, les dé­lais. » Ils peuvent aus­si choi­sir un autre par­cours, axé sur l’ac­qui­si­tion d’une ex­per­tise tech­nique par exemple. Ils se­ront alors utiles sur dif­fé­rents pro­jets. Autre atout : avec des cycles de dé­ve­lop­pe­ment qui durent entre 5 à 10 ans, cha­cun a une vi­si­bi­li­té sur la san­té de l’en­tre­prise. En contre­par­tie de tout ce­la, MBDA ne tran­sige pas sur le res­pect de cer­taines obli­ga­tions. Les in­gé­nieurs doivent no­tam­ment ap­pli­quer des règles de sé­cu­ri­té strictes puis­qu’ils ma­ni­pulent au quo­ti­dien des don­nées sen­sibles. MBDA sou­haite en­fin que cha­cun soit en ac­cord avec le ca­rac­tère par­ti­cu­lier des pro­duits qu’elle conçoit. « Nous sommes un par­te­naire des forces ar­mées. Ce­la me pro­cure une fier­té d’être l’une des ac­trices de la com­mu­nau­té de la dé­fense, conclue So­phie. » Être en ac­cord avec le sec­teur, c’est aus­si la clé d’une car­rière en­ri­chis­sante.

Les za­distes ont ré­pon­du aux gen­darmes avec des jets de pro­jec­tiles.

Les in­gé­nieurs doivent ap­pli­quer des règles de sé­cu­ri­té strictes.

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