L’illustre in­con­nu de Los An­geles

Loin de Pa­ris, John­ny Hal­ly­day jouis­sait d’un luxe rare : il me­nait une vie nor­male

20 Minutes (Nice) - - Culture - De notre cor­res­pon­dant en Ca­li­for­nie, Phi­lippe Ber­ry

«John­ny who? » Dans une Ci­té des Anges consu­mée par deux in­cen­dies hors de contrôle, la même ré­ponse re­vient in­las­sa­ble­ment. Les Amé­ri­cains n’ont ja­mais en­ten­du par­ler de John­ny Hal­ly­day. Et c’est exac­te­ment ça qui lui plai­sait.

Chez lui, à Pa­ci­fic Pa­li­sades. La mai­son dans la­quelle il vi­vait avec Lae­ti­cia, Jade et Joy, semble presque ave­nante, sans haie im­po­sante ou de por­tail blin­dé. Dans la rue, les seules per­sonnes vi­sibles sont des ou­vriers. A Los An­geles, on ne sort pas à pied de chez soi, à moins de pro­me­ner son chien. En­fin, un la­bra­dor noir ar­rive avec sa maî­tresse : « Hal­ly­day, ça me dit quelque chose, mais je ne le connais­sais pas. Je crois que c’était le par­rain de la fille d’amis d’amis. » Chez son gui­ta­riste, Ro­bin Le Me­su­rier. Il est « bou­le­ver­sé » par le dé­cès de son « frère ». Le gui­ta­riste Ro­bin Le Me­su­rier ac­com­pa­gnait John­ny à la gui­tare de­puis 1994. Los An­geles, « il y est ve­nu pour la mu­sique, mais il ap­pré­ciait de pou­voir me­ner une vie nor­male », ra­conte le mu­si­cien. Au res­tau­rant No­bu, à Ma­li­bu. C’est là qu’il était ve­nu au prin­temps, pour sa pre­mière ap­pa­ri­tion pu­blique après l’an­nonce de son can­cer. « C’était un ha­bi­tué mais on ne l’avait pas vu de­puis avril », pré­cise Troy, le ma­na­ger, qui ap­prend son dé­cès avec vingt-quatre heures de re­tard. Les sites In­ter­net de Va­rie­ty ou de CNN ont bien an­non­cé la mort du « French El­vis », mais au­cune chaîne de té­lé­vi­sion n’en a par­lé en prime time. res­tau­rant Le Pe­tit Four. « On le voyait beau­coup quand il ve­nait en­re­gis­trer à Los An­geles, se sou­vient Alexandre Mor­gen­tha­ler, pro­prié­taire du Pe­tit Four. Il ve­nait le soir avec tous ses mu­si­ciens. » Der­nier son­dage à main le­vée à la fer­me­ture d’un ca­fé voi­sin. Les quatre ser­veurs connaissent Daft Punk et Yelle, mais n’ont ja­mais en­ten­du par­ler de John­ny Hal­ly­day. Tant pis pour eux.

La mai­son du chan­teur à Pa­ci­fic Pa­li­sades, en Ca­li­for­nie, mer­cre­di.

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