Et là, les larmes

France Gall est dé­cé­dée di­manche, à l’âge de 70 ans. La chan­teuse laisse der­rière elle d’in­nom­brables tubes, par­mi les­quels « Ré­siste » et « Evi­dem­ment ».

20 Minutes (Paris) - - La Une - Claire Bar­rois

France Gall est morte di­manche ma­tin, à Pa­ris, des suites d’un can­cer. Elle avait 70 ans. Née Isa­belle, elle com­mence le pia­no à 5 ans, se met à la gui­tare à 11 ans. Son père, Ro­bert Gall, chan­teur et auteur de chan­sons à suc­cès, l’in­cite en­suite à en­re­gis­trer des chan­sons dont il re­met les bandes à un édi­teur mu­si­cal, De­nis Bour­geois, au prin­temps 1963. Le jour des 16 ans de la chan­teuse, le 9 oc­tobre 1963, la voix de France Gall ré­sonne sur les ondes fran­çaises avec « Ne sois pas si bête ». Son di­rec­teur ar­tis­tique, qui tra­vaille avec Serge Gains­bourg, pro­pose à ce der­nier de com­po­ser pour la jeune in­ter­prète. Il lui com­pose « N’écoute pas les idoles », qui se place en tête du hit-pa­rade en mars 1964. En 1965, France Gall est sé­lec­tion­née pour re­pré­sen­ter le Luxem­bourg à l’Eu­ro­vi­sion. Elle choi­sit la chan­son « Pou­pée de cire, pou­pée de son » et rem­porte le concours. En 1968, après un flop, France Gall dé­cide de se sé­pa­rer de De­nis Bour­geois et de Phi­lips. Mais, dans sa nou­velle mai­son de disques, elle vit une tra­ver­sée du dé­sert. Dans sa vie pri­vée, c’est aus­si com­pli­qué. France Gall est avec Ju­lien Clerc de­puis 1969. Mais ce­lui-ci la cache pour pré­ser­ver son image au­près des femmes, ce qu’elle a beau­coup de mal à sup­por­ter.

Suc­cès des an­nées 1980

Le mi­racle pour sor­tir de ce cercle vi­cieux s’ap­pelle Mi­chel Ber­ger. En 1974, après six mois d’at­tente, France Gall ob­tient un titre de lui, « La Dé­cla­ra­tion d’amour », qui re­lance sa car­rière. Leur re­la­tion de tra­vail de­vient amou­reuse, ils se ma­rient en 1976 et ont une fille, Pau­line, en 1978. En 1981, elle donne nais­sance à Ra­phaël, leur fils. En 1982, elle in­ves­tit le Pa­lais des sports de Pa­ris avec son spec­tacle

Tout pour la mu­sique. Elle en­chaîne les tubes au dé­but des an­nées 1980 mais garde beau­coup de temps pour sa vie de fa­mille. Elle re­vient en 1992 avec l’al­bum

Double Jeu, qu’elle en­re­gistre avec Mi­chel Ber­ger, mais l’auteur-com­po­si­teur-in­ter­prète meurt le 2 août 1992. France Gall doit en­suite sur­mon­ter le dé­cès de sa fille en 1997 et met fin à sa car­rière de chan­teuse. Les 12 et 15 août 2000, elle ap­pa­raît à l’Olym­pia pour chan­ter « Quelque chose de Ten­nes­see » en duo avec John­ny Hal­ly­day. C’était sa der­nière per­for­mance sur scène. En 2015, elle avait pré­sen­té la co­mé­die mu­si­cale Ré­siste, un spec­tacle construit au­tour des chan­sons de Mi­chel Ber­ger.

Sur un pla­teau de té­lé, en dé­cembre 1965.

France Gall en 1984, pé­riode où elle en­chaîne les tubes, dans l’émis­sion de va­rié­tés « For­mule un » sur TF1.

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