« “Kaa­me­lott” s’est éman­ci­pée »

Le réa­li­sa­teur Alexandre As­tier évoque la sor­tie de l’in­té­grale en DVD et la pos­sible adap­ta­tion au ci­né­ma

20 Minutes (Paris) - - CULTURE - Pro­pos re­cueillis par Ben­ja­mon Cha­pon

Alexandre As­tier a pro­mis de­puis bien long­temps aux fans de «Kaa­me­lott» une suite au ci­né­ma. Pour pa­tien­ter, c’est un bel ob­jet que les ama­teurs de la sé­rie créée en 2005 vont pou­voir s’of­frir : une in­té­grale en DVD et Blu­ray HD des six sai­sons, ou «livres», ain­si que de nom­breux bo­nus.

Pour­quoi pu­blier main­te­nant une in­té­grale « Kaa­me­lott » ?

J’avais l’im­pres­sion que c’était ce qui al­lait bou­cler la sé­rie. Comme une pierre au mur. C’est aus­si utile, pour moi, d’avoir un ob­jet qui fasse of­fice d’ar­chive. Cette in­té­grale per­met éga­le­ment de re­gar­der la pro­gres­sion des choses. Avec le suc­cès, j’ai ga­gné une li­ber­té, la sé­rie s’est éman­ci­pée. C’est rare, voire unique. « Kaa­me­lott », c’est l’his­toire d’une oeuvre qui s’af­fran­chit de son for­mat et de sa case.

Avez-vous dé­jà ima­gi­né de faire vivre « Kaa­me­lott » au théâtre ?

Je ne l’ai ja­mais vrai­ment en­vi­sa­gé, parce que je ne le sens pas comme ça. Au théâtre, j’ai en­vie de voir autre chose. Le prin­cipe de « Kaa­me­lott » est de mon­trer des gens in­ef­fi­caces et hu­mains, en fait, face à de très grands pro­jets, comme la quête du Graal ou le royaume de Logres. J’ai be­soin que les per­son­nages fassent pe­tits dans le dé­cor. « Kaa­me­lott » est une sa­ga qui a be­soin de l’ar­ti­fice du ci­né­ma. Je ne suis pas sûr que voir les per­son­nages en chair et en os soit une bonne idée.

Vous pré­fé­rez concen­trer votre éner­gie sur la pro­duc­tion de films ?

Dès que je fais quelque chose, une vi­déo, un « As­té­rix » ou que je noue mes la­cets, il y a des fans de «Kaa­me­lott » qui me tombent des­sus pour me dire que je perds mon temps et que je de­vrais me concen­trer sur les films… Or, on peut faire ses la­cets et un film en même temps. Les gens ne réa­lisent pas que je ne suis pas tout seul sur ce pro­jet. C’est une in­dus­trie, et là on en est à un stade qui consiste à réunir de l’ar­gent, entre autres choses. Parce que, si film il y a, il ne se­ra pas bon mar­ché. Plu­sieurs heures de films d’époque, ça coûte cher.

La mu­sique, que vous com­po­sez, a une place im­por­tante dans « Kaa­me­lott »…

Dans mon cas, la mu­sique pré­cède beau­coup de choses, dont le tour­nage. D’ha­bi­tude, le com­po­si­teur tra­vaille pen­dant le mon­tage. Moi, comme je fais tout ça, je n’au­rais pas le temps de com­po­ser pen­dant la post­pro­duc­tion, il faut que ça soit prêt avant.

« Des fans me disent que je de­vrais me concen­trer sur les films. »

Et donc, vous com­po­sez en ce mo­ment de la mu­sique pour « Kaa­me­lott » ?

Alors, bien ten­té, mais je ne peux pas ré­pondre à ça, si­non ça se­rait une sorte d’an­nonce comme quoi le film va se faire.

Alexandre As­tier est en train de réunir de l’ar­gent pour tour­ner le film.

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