Le pré­su­mé agres­seur de Ky­lian, étran­glé, ju­gé

L’agres­seur du col­lé­gien de Cleu­nay est ju­gé par la cour d’assises

20 Minutes (Rennes) - - Grand Rennes - Ca­mille Al­lain

C’était il y a cinq ans. Ky­lian, 13 ans, dé­cé­dait dans la nuit du 22 au 23 juin 2012 à l’hô­pi­tal Sud. Elève brillant du col­lège de Cleu­nay, l’ado­les­cent avait été pris le jour même dans une ba­garre, dans la cour de l’éta­blis­se­ment. Après quelques coups, son agres­seur avait po­sé ses mains sur son cou et l’avait étran­glé, jus­qu’à le tuer. Après deux ans de dé­ten­tion pro­vi­soire, cet an­cien élève du col­lège com­pa­raî­tra libre de­vant la cour d’assises ce mer­cre­di.

Pour un simple re­gard

L’au­dience, qui se dé­rou­le­ra à huis clos, se­ra une épreuve pour ses pa­rents. « Ça va être très dou­lou­reux, et je ne sais pas s’ils vont pou­voir l’en­du­rer. Ils ne se sont pas re­mis de la mort de Ky­lian », té­moigne Ma­ry­vonne Lo­zach­meur. L’avo­cate de la fa­mille du gar­çon a beau por­ter la robe de­puis plus de qua­rante ans, elle re­con­naît que cette af­faire « lui re­mue les tripes ». Mer­cre­di, la fa­mille ver­ra pour la pre­mière fois le vi­sage de ce­lui qui a tué leur en­fant. Ce col­lé­gien sans his­toire d’ori­gine tchét­chène, âgé de 16 ans au mo­ment des faits, ne connais­sait pas Ky­lian. « Ils ne s’étaient ja­mais par­lé », as­sure l’avo­cat du pré­ve­nu,

An­toine Vey. L’en­quête a ré­vé­lé que l’al­ter­ca­tion avait com­men­cé à cause « d’un mau­vais re­gard » sur le che­min des toi­lettes. « C’était une ba­garre d’école stu­pide comme il y en a des di­zaines. Sauf que celle-ci a eu des consé­quences dra­ma­tiques. Mon client n’a ja­mais eu l’in­ten­tion de tuer Ky­lian. Il an­goisse, mais il veut le dire aux pa­rents », tente de convaincre An­toine Vey. Pen­dant trois jours, les dé­bats de­vraient s’ar­ti­cu­ler au­tour de la qua­li­fi­ca­tion de « meurtre ». « Mon client pen­sait que Ky­lian se dé­bat­tait. Il ne sa­vait pas qu’il s’agis­sait de spasmes et qu’il était en train de le tuer », dé­fend l’avo­cat du pré­ve­nu. Le pro­cès doit du­rer trois jours.

Des fleurs avaient été dé­po­sées de­vant le col­lège de Ky­lian en 2012.

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