Pous­sé à la faute mais tou­jours là

Le Ren­nais Gé­rard Laurent avait fait le buzz après la fi­nale de la Coupe de France 2009

20 Minutes (Rennes) - - Rennes Sports - Je­re­my Gou­jon

Sou­ve­nez-vous, c’était il y a un peu plus de huit ans. Le Stade Ren­nais vient de perdre la fi­nale de la Coupe de France contre l’En Avant de Guin­gamp (1-2), quand un jour­na­liste pré­sent au Stade de France se risque à in­ter­ro­ger deux sup­por­ters bre­tilliens. L’un peste contre l’in­ca­pa­ci­té du SRFC à vaincre l’EAG (alors en Ligue 2), ou ne se­rait-ce qu’à al­ler en pro­lon­ga­tion ou aux tirs au but. L’autre entre, sans le sa­voir en­core, dans la lé­gende du Web pour son énorme faute de syn­taxe : « C’est nous qu’on de­vait la ga­gner celle-là. »

Pi­troi­pa, coques et coq

« C’est vrai que la vi­déo a fait le buzz, re­con­naît le pro­ta­go­niste, Gé­rard Laurent, re­trou­vé par 20 Mi­nutes. Si on m’en re­parle ? Oh la la, sou­vent ! Ça res­te­ra toute ma vie. Les gens m’in­ter­pellent en di­sant : “C’est triste pour la Bre­tagne”. Ils pensent à moi quand Rennes perd… » Fan in­vé­té­ré de­puis trois dé­cen­nies, Gé­rard (54 ans), dit « Laouise », pas­se­rait des jour­nées en­tières à ra­con­ter ses sou­ve­nirs en rouge et noir. Du maillot de Jo­na­than Pi­troi­pa ré­col­té un soir d’Eu­ro­pa League au Cel­tic Park (« Je ne l’ai pas la­vé, il y a en­core une pe­tite motte de terre de Glas­gow des­sus »), à ces 1 000 coques de siège ré­cu­pé­rées après la re­fonte du Stade de la route de Lo­rient (« Ça a fait des heu­reux ! »), en pas­sant par le coq aux cou­leurs du club em­me­né pour la re­vanche de 2014, mais fi­na­le­ment re­fou­lé aux portes du SdF (« Il y au­rait eu un bel ar­ticle à faire là-des­sus »), Gé­rard a vé­cu « des mo­ments ex­tra­or­di­naires ». Sauf qu’au­jourd’hui, comme en 2009, l’homme n’a pas la tête à ri­go­ler. Le bi­lan « ca­tas­tro­phique » des pro­té­gés de Ch­ris­tian Gour­cuff est pas­sé par là (cinq vic­toires sur les trente der­niers matchs de L1), et le dé­pla­ce­ment sa­me­di soir à Rou­dou­rou (20 h), où de fa­cé­tieux Guin­gam­pais ont un jour dé­ployé une ban­de­role « C’est nous qu’on a en­core ga­gné ! » (en 2010, à la suite d’une qua­li­fi­ca­tion en Coupe de la Ligue aux dé­pens du voi­sin ren­nais), fait dé­jà fris­son­ner Laouise. « S’ils ne gagnent pas ce week-end, comment je vais me pré­sen­ter au bou­lot lun­di, moi ?, s’in­quiète ain­si l’em­ployé de l’en­tre­prise Yves Ro­cher, à La Ga­cil­ly.

Comme beau­coup de sup­por­ters, je suis pes­si­miste… On pen­sait qu’avec le suc­cès à Mar­seille, c’était re­par­ti, mais ils sont re­tom­bés dans leurs tra­vers. S’ils ne battent pas Guin­gamp, il [Gour­cuff] au­ra sans doute sa va­lise (sic). Et puis, il y a le match piège qui ar­rive après, contre Lille. » Rai­son de plus, cette se­maine, pour que les amou­reux du Stade Ren­nais se disent : « C’est nous qu’on doit ga­gner. »

Gé­rard Laurent joyeux avant le drame du 9 mai 2009, au Stade de France.

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