Un pe­tit Tour sur la Planche

20 Minutes (Strasbourg) - - GRAND STRASBOURG - Bru­no Pous­sard

Pour être sûrs d’être pla­cés, ils sont ar­ri­vés en avance. De­puis ven­dre­di, des afi­cio­na­dos de la pe­tite reine squattent les par­kings, au fond de cette sombre val­lée, au pied de la Planche des Belles Filles. Là où le Tour de France 2017 pren­dra pour la pre­mière fois de la hau­teur ce mer­cre­di dans les Vosges com­toises. Lun­di, à deux jours de l’ar­ri­vée de la cin­quième étape, même l’école des filles de Plan­cher-les-Mines, en bas, est aux cou­leurs de la Grande boucle. Mais il faut se rendre à la sor­tie du village pour se faire en­cou­ra­ger, chaus­sures ca­lées et casque vis­sé.

« De­puis mai, par jour, 80 cy­clistes ama­teurs montent. » Ber­na­dette, au snack de la Planche des Belles Filles

A deux pas de la route, le ter­rain dé­dié aux cam­ping-cars est blin­dé. A l’heure de l’apé­ro, un Bre­ton sort avec une bou­teille de rouge vide. Au­tour, des Ven­déens, Arié­geois, Belges ou Hol­lan­dais... « On a aus­si ac­cueilli un Es­pa­gnol et un Néo-ca­lé­do­nien », s’amuse Jean-Bap­tiste, bé­né­vole.

Attractif grâce au vé­lo

Dans le coin, plu­sieurs as­so­cia­tions sont mo­bi­li­sées. Un bar éphé­mère a été ins­tal­lé. A cô­té, c’est sau­cis­se­frites pour tout le monde (en­fin, pour 5 €), avant un concert. « C’est bien que les gens viennent mais il faut sa­voir les re­ce­voir, clame Jean-Bap­tiste, aux cô­tés de son jeune fils. Ça anime ! »

Pour nous, l’apé­ro se fe­ra plu­tôt à la flotte dans la longue pre­mière rampe de la bosse. Heu­reu­se­ment, les cou­reurs du Tour n’ont, eux, pas pré­vu de pause en bas, parce qu’à froid, la pre­mière ligne droite est cor­sée. Quelques replats per­mettent de souf­fler, mais la pente est plu­tôt raide sur les 5,9 km et 500 m de dé­ni­ve­lé (à 8,5 % de moyenne) au mi­lieu des sa­pins. Au pied du der­nier rai­dard de 22 % de­puis le snack-bar de la Planche, Jacky et Ber­na­dette voient af­fluer les cy­clistes, jour­na­listes et cam­ping-ca­ristes au som­met ces temps-ci. Chez eux, c’est bo­lo à toute heure.

« Les cy­clistes sont sym­pas, s’ils veulent des spa­ghet­tis à 16 h, au­cun pro­blème », sou­rit le pa­tron, « 69 piges bientôt ». Pour l’ar­ri­vée du Tour, il a pré­vu 30 fûts de bière, 10 000 ca­nettes, puis 4 000 sau­cisses et mer­guez.

De­puis les deux pre­mières ar­ri­vées du Tour de 2012 et 2014, le coin a ga­gné en at­trac­ti­vi­té grâce au cy­clisme. « De­puis mai, 80 cy­clistes ama­teurs montent par jour, illustre Ber­na­dette. Sans ça, les nom­breux An­glais qu’on voit pas­ser ne vien­draient ja­mais. » Pas Phi­lippe non plus qui, à peine ar­ri­vé du Pays basque, dé­guste son pre­mier de­mi. Mieux vaut s’échauf­fer.

Dans la Planche des Belles Filles, la pente monte jus­qu’à 22 %.

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