30 ans plus tard, où en est-on ?

Le 10 juillet 1987, la loi en fa­veur des tra­vailleurs han­di­ca­pés (TH) était vo­tée

20 Minutes (Toulouse) - - HANDICAP - Syl­vie Lai­det

Triste an­ni­ver­saire ! Trente ans après le vote de la pre­mière loi en fa­veur de l’em­ploi des per­sonnes han­di­ca­pées (PH) im­po­sant aux em­ployeurs pri­vés et pu­blics de 20 sa­la­riés et plus 6 % de tra­vailleurs han­di­ca­pés, le compte n’y est tou­jours pas. Dans le sec­teur pri­vé, ce taux est de 3,3 % en te­nant uni­que­ment compte des em­plois di­rects de PH. Autre don­née qui plombe un peu plus l’am­biance : le taux de chô­mage des PH (19 %). Soit tou­jours près du double de ce­lui de la po­pu­la­tion ac­tive glo­bale. « Les per­sonnes han­di­ca­pées res­tent en moyenne 200 jours de plus au chô­mage que les per­sonnes va­lides », ajoute Anne Bal­ta­zar, pré­si­dente de l’As­so­cia­tion de ges­tion du fonds pour l’in­ser­tion des per­sonnes han­di­ca­pées (Age­fiph), l’or­ga­nisme char­gé de col­lec­ter les contri­bu­tions des en­tre­prises qui ne res­pectent pas la loi han­di­cap. La faute à qui ? A quoi ? « On bute en­core sur la ques­tion de la re­pré­sen­ta­tion du han­di­cap. Beau­coup d’em­ployeurs pensent qu’il est trop com­pli­qué, trop cher et donc im­pos­sible d’em­bau­cher des per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap », ob­serve-t-elle.

Se for­mer reste dif­fi­cile

A ce­la s’ajoute un dé­fi­cit chro­nique de for­ma­tion. « 75% des de­man­deurs d’em­ploi han­di­ca­pés n’ont pas le bac contre 55% tous pu­blics confon­dus », illus­tret-elle. Dans un pays où le di­plôme reste le sé­same pour dé­cro­cher un job, les can­di­dats han­di­ca­pés se re­trouvent de fait sur le bord du che­min. Le manque d’ac­ces­si­bi­li­té des en­tre­prises, des ad­mi­nis­tra­tions mais aus­si des éta­blis­se­ments sco­laires, freine éga­le­ment l’ac­cès à l’em­ploi des PH. Et puis, le mil­le­feuille ad­mi­nis­tra­tif pour em­bau­cher un PH n’est pas pour al­lé­ger le pro­blème. De l’autre cô­té de la bar­rière, les dis­po­si­tifs d’aide à la re­cherche d’em­ploi (et au main­tien dans l’em­ploi) à des­ti­na­tion des PH ne sont pas non plus ul­tra li­sibles, ni simples d’uti­li­sa­tion. Au contraire. Tou­te­fois, on note quand même quelques rai­sons de se ré­jouir. D’abord le taux d’en­tre­prises à quo­ta zé­ro, c’est-à-dire n’ef­fec­tuant au­cune ac­tion po­si­tive en fa­veur de l’em­ploi des PH, a sé­rieu­se­ment chu­té. Il est au­jourd’hui de 9% contre 29 % en 2006. Plus d’un quart des en­tre­prises as­su­jet­ties à l’obli­ga­tion d’em­ploi des tra­vailleurs em­ploient di­rec­te­ment 6% (ou plus) de tra­vailleurs han­di­ca­pés. En­fin, la fonc­tion pu­blique af­fiche un taux d’em­ploi de PH de 5,32 %. Un re­cord his­to­rique qui flirte avec l’obli­ga­tion lé­gale !

Le chô­mage des PH est à 19%, soit le double de ce­lui de la po­pu­la­tion ac­tive.

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