Cet obs­cur ob­jet du de­si­gn fran­çais

L’ex­po­si­tion « No Taste for Bad Taste » tâche de mettre en avant une cer­taine French touch

20 Minutes - - STYLE - Anne De­mou­lin

Et si Roche Bo­bois, Starck et Ligne Ro­set ri­maient au­tant avec French touch que Daft Punk, Air ou Laurent Gar­nier? C’est ce qu’en­tend mon­trer l’ex­po­si­tion « No Taste for Bad Taste », sous-ti­trée « So Starck, so Bou­roul­lec, so le French De­si­gn », qui a ou­vert ses portes mer­cre­di à l’Ins­ti­tut fran­çais de Mi­lan. Mais si on se fait gé­né­ra­le­ment une image as­sez claire de ce qu’est le de­si­gn ita­lien ou scan­di­nave, comment dé­fi­nir le de­si­gn fran­çais ? Qua­rante per­son­na­li­tés, dont la créa­trice de mode Chan­tal Tho­mass et le chef étoi­lé Guy Sa­voy, ont jus­te­ment plan­ché sur la ques­tion. « Elle ont ra­pi­de­ment at­tri­bué dix va­leurs au French De­si­gn, à sa­voir l’art de vivre, l’élé­gance et la touche de luxe, l’ou­ver­ture cultu­relle, l’équi­libre, le sa­voir-faire, le pa­nache, l’au­dace, l’hé­ri­tage, la créa­ti­vi­té et l’in­no­va­tion du­rable », dé­taille Ber­nard Rey­bier, le pré­sident du VIA (va­lo­ri­sa­tion de l’in­no­va­tion dans l’ameu­ble­ment), qui co­pi­lote l’ex­po­si­tion avec l’Ameu­ble­ment fran­çais. Si on a tant de mal à dé­fi­nir le de­si­gn fran­çais, re­prend-il, c’est qu’il n’est pas « fi­gé dans un style ».

« Faux clas­si­cisme »

Jean-Charles de Cas­tel­ba­jac, qui a conçu la scé­no­gra­phie de l’ex­po­si­tion au­tour de la no­tion de « no­ma­disme », es­time que le de­si­gn fran­çais se ca­rac­té­rise par « le faux clas­si­cisme », un mé­lange de « ri­gueur et de fan­tai­sie ». « Il y a des ob­ses­sions fran­çaises comme l’élé­gance, l’équi­libre, la poé­sie, et l’im­per­ti­nence, consi­dère le de­si­gner Pa­trick Jouin. Ce qui est ty­pi­que­ment fran­çais, c’est d’es­sayer de mettre tout ce­la dans un même pro­jet, alors qu’un ob­jet, nor­ma­le­ment, de­puis le Bau­haus et la mo­der­ni­té, ne doit être que forme et fonc­tion. » « Dans le de­si­gn ita­lien, il y a de l’hu­mour, dans le fran­çais, de l’es­prit », juge Jean-Charles de Cas­tel­ba­jac. « On a une fan­tai­sie en plus, une élé­gance mais avec du pi­quant », ren­ché­rit Chan­tal Tho­mass. Ce pe­tit « je ne sais quoi », comme disent les Amé­ri­cains, qui fait du de­si­gn fran­çais quelque chose de dif­fé­rent.

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