Se lais­ser por­ter pour res­pi­rer

La vente avec fa­cul­té de ra­chat peut être une so­lu­tion en cas de sur­en­det­te­ment

20 Minutes - - IMMOBILIER - Co­ra­lie Do­nas

Le por­tage im­mo­bi­lier per­met aux pro­prié­taires en dif­fi­cul­té de vendre leur lo­ge­ment à des in­ves­tis­seurs avec une op­tion de ra­chat. Le concept a été éla­bo­ré par la fintech (start-up de la finance) StayHome en 2015, sur le mo­dèle de la vente avec fa­cul­té de ra­chat (ap­pe­lée aus­si vente à ré­mé­ré), une dis­po­si­tion du Code ci­vil. Le bien im­mo­bi­lier est ven­du de 20 à 30 % en-des­sous du prix du mar­ché. L’an­cien pro­prié­taire conti­nue à l’oc­cu­per, moyen­nant un loyer qui as­sure un ren­de­ment de 6,5% à l’in­ves­tis­seur. Au bout de cinq ans maxi­mum, un dé­lai fixé par la loi, il peut le ra­che­ter au prix au­quel il l’a ven­du, plus les frais d’agence et de no­taire.

Re­cou­rir à un no­taire

StayHome a trai­té presque 10 000 de­mandes de pro­prié­taires l’an der­nier. En­vi­ron 10 % étaient éli­gibles, ex­plique Pa­trick Drack, l’un de ses fon­da­teurs. « Il faut d’abord que le mon­tant de la vente couvre l’in­té­gra­li­té des dettes. En­suite, le pro­prié­taire doit pou­voir payer des loyers. Il doit aus­si être éli­gible au cré­dit ban­caire, pour ra­che­ter son bien après quelques an­nées. En­fin, la qua­li­té du lo­ge­ment et le dy­na­misme du mar­ché im­mo­bi­lier rentrent en compte pour per­mettre la re­vente. » A ce jour, sur plus de 200 dos­siers, 85 % des per­sonnes ont pu ra­che­ter leur lo­ge­ment, in­dique StayHome. De 6 à 7 % ont dû le re­vendre et la même pro­por­tion n’a pu ni le ra­che­ter, ni le re­vendre. Un cas d’ex­pul­sion est re­cen­sé. Le por­tage ou la vente avec fa­cul­té de ra­chat (plu­sieurs so­cié­tés existent) doivent être uti­li­sés avec pré­cau­tion, rap­pelle Jean-Louis Kiehl, pré­sident de la fé­dé­ra­tion fran­çaise des as­so­cia­tions Cré­sus, qui vient en aide aux per­sonnes sur­en­det­tées (135 an­tennes en France). « Il faut se faire ac­com­pa­gner par un no­taire pour ce type d’opé­ra­tion. Avec une bonne ana­lyse fi­nan­cière, ce­la per­met à des mé­nages de re­mon­ter la pente. Mais ce­la peut conduire aus­si à des si­tua­tions où les gens perdent leur bien. Si on n’est pas sûr de pou­voir ra­che­ter son lo­ge­ment au bout de quelques an­nées, il vaut mieux re­vendre tout de suite. » D’autres op­tions s’offrent aux pro­prié­taires en dif­fi­cul­té. « Ils peuvent dé­po­ser un dos­sier de­vant la com­mis­sion de sur­en­det­te­ment de la Banque de France, ou de­man­der un dé­lai de grâce pour le rem­bour­se­ment des cré­dits », pré­cise Jean-Louis Kiehl. Avec un but en tête, ne pas perdre son lo­ge­ment.

W

Le but du por­tage im­mo­bi­lier est de ne pas perdre son lo­ge­ment.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.