Une har­mo­ni­sa­tion eu­ro­péenne du congé paternité à l’étude

20 Minutes - - ACTUALITÉ - Ni­co­las Raf­fin

Mieux vaut de­ve­nir pa­pa au Por­tu­gal qu’en Al­le­magne. Dans le pre­mier pays, le congé paternité dure cinq se­maines. Dans le se­cond, il est tout bon­ne­ment in­exis­tant. Avec ses onze jours ac­cor­dés, la France, elle, se si­tue dans la moyenne eu­ro­péenne, de l’ordre de 1,4 se­maine se­lon un rap­port de la Caisse d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales pu­blié en mai. La ques­tion, au­jourd’hui, est de sa­voir si une har­mo­ni­sa­tion du congé paternité est pos­sible. En avril, la Com­mis­sion eu­ro­péenne a dé­voi­lé un pro­jet de di­rec­tive bap­ti­sée « Equi­libre entre vie pro­fes­sion­nelle et vie pri­vée ». Elle pro­pose que tous les Etats membres ac­cordent au moins dix jours aux nou­veaux pères. En France, en­vi­ron 70 % d’entre eux exercent ce droit, se­lon une étude de la Di­rec­tion de la re­cherche, des études, de l’éva­lua­tion et des sta­tis­tiques (Drees), pu­bliée en 2016. En re­vanche, « si près de trois pères sur quatre prennent un congé paternité pour un pre­mier en­fant, ils ne sont plus que deux tiers à le prendre à par­tir du troi­sième en­fant », note l’étude. Ce­la s’ex­plique par le fait que, plus les sa­la­riés sont âgés (+40 ans), moins ils ont re­cours à ce congé. Pour la Com­mis­sion eu­ro­péenne, « in­tro­duire le droit au congé de paternité [dans tous les pays de l’UE] de­vrait (…) in­ci­ter les hommes à as­su­mer une part plus égale des res­pon­sa­bi­li­tés fa­mi­liales ». En ef­fet, les in­éga­li­tés pro­fes­sion­nelles liés à la nais­sance han­di­capent sou­vent les femmes : en France, les pères ne re­pré­sentent au­jourd’hui que 3,5 % des uti­li­sa­teurs de congés pa­ren­taux. Aux yeux de Jé­rôme Bal­la­rin, pré­sident de l’Ob­ser­va­toire de l’équi­libre des temps et de la pa­ren­ta­li­té en en­tre­prise (OPE), ce com­bat eu­ro­péen re­pré­sente « un mo­dèle presque ci­vi­li­sa­tion­nel. L’être hu­main trouve son épa­nouis­se­ment dans le tra­vail, mais aus­si dans la fa­mille ou les loisirs. Vou­loir un congé paternité pour tous les pères en Eu­rope, c’est une forme de pro­grès so­cial. »

Les in­éga­li­tés pro­fes­sion­nelles liées à une nais­sance han­di­capent les femmes.

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