La ral­longe bois

La bonne lon­gueur en beau­té

Armes de Chasse - - Sommaire - Texte et pho­tos Da­ny Ma­gloire, ar­mu­rier

La bonne lon­gueur en beau­té

Pour ral­lon­ger une crosse, il existe toutes sortes de plaques de couche plus ou moins ab­sor­bantes de 0,5 à près de 3 cm. Mais quand il faut ajou­ter plus que ces trois cen­ti­mètres, la ral­longe bois s’im­pose. Plus coû­teuse, elle peut être vrai­ment es­thé­tique, si elle est faite dans les règles de l’art.

Nous avons évo­qué plu­sieurs fois dans cette ru­brique la né­ces­si­té d’être équi­pé d’une arme à vos me­sures. Tout comme la pente et l’ avan­tage, la lon­gueur de la crosse est un point à ne pas mi­ni­mi­ser. Pour être par­fai­te­ment ajus­tée, elle doit être adap­tée à votre taille. Une crosse trop longue vien­dra frot­ter au creux de votre bras ou bu­ter sur votre poi­trine au mo­ment de l’ épau­lé. A l’in­verse, une crosse trop courte vous obli­ge­ra à avoir une mau­vaise po­si­tion lors du tir. Pour vous adap­ter à cette di - men­sion in­ap­pro­priée, vous de­vrez re­plier les coudes vers l’in­té­rieur, ce qui vous em­pê­che­ra de pi vo­ter fa­ci­le­ment, li­mi­tant vos chan ces de suc­cès sur les tra­ver­sards. Pour y re­mé­dier, la pre­mière étape est de dé­ter­mi­ner la lon­gueur exacte de votre crosse idéale, celle qui vous as­su­re­ra une bonne prise en main et une ai­sance à l’ épau­lé. Pour ce­la, votre ar­mu­rier pour­ra uti­li­ser un fu­sil confor­ma­teur. Ré­glable à vo­lon­té, ce fu­sil per­met des ajus­tages mul­tiples jus­qu’à trou­ver la di­men­sion par­faite. Bien que contes­tée et plus guère em­ployée, une autre tech­nique con sis te à me­su­rer votre avant- bras de­puis l’in­té­rieur du coude jus­qu’à la pre­mière pha­lange de l’in­dex ; vous ob­te­nez la va­leur pour votre crosse. Ce­la dit, avec l’ex­pé­rience, beau­coup d’ar mu­riers sont ca­pables de dé­ter­mi­ner par la simple ob­ser­va­tion la lon­gueur qui vous convient en vous fai­sant épau­ler le fu­sil à plu­sieurs re­prises. Le plus sou­vent, di­sons dans 90% des cas, il faut ral­lon­ger la crosse. La so­lu­tion la plus uti­li­sée est d’ins­tal­ler un sa­bot en ca­ou­tchouc ou en sor­bo­thane sur l’arme. C’est une tech­nique peu oné­reuse, qui a en outre le mé­rite d’ab­sor­ber une bonne par­tie du re­cul. Ces plaques existent en plu­sieurs tailles, cou­leurs et for - mes qui s’adap­te­ront à votre arme en fonc­tion de la dis­ci­pline pour la­quelle elle est conçue : chasse, par­cours, fosse, skeet…

On l’af­fiche ou on la cache ?

Les ral­longes bois sont plus oné­reuses mais éga­le­ment beau­coup plus es­thé­tiques, et elles au­to­risent de jouer sur la pose pour ob­te­nir dif­fé­rents ef­fets. Pour un ré­sul­tat vi­sible et contras­té, on pour­ra ins­tal­ler la ral­longe à contre- fil, c’est- à- dire avec les veines du ra­jout pla­cées per­pen­di­cu­lai­re­ment à celles de la cros se. Si on choi­sit au contraire de rendre l’in­ter­ven­tion la plus in­vi­sible pos­sible, la ral longe se­ra ins­tal­lée dans le sens du fil. A charge pour votre ar­mu­rier de sé­lec­tion­ner avec mi­nu­tie le mor­ceau de bois dont la cou­leur et le vei­nage se­ront les plus ap­pro­chants pos­sible de ceux de la crosse. Dans tous les cas, le bois de- -vra être sec pour ne pas tra­vailler au fil du temps. La pièce se­ra dé­cou­pée gros­siè­re­ment à la scie aux me sur­es de la ral­longe. Le mor­ceau se­ra en - sui te vis­sé sur la crosse, puis, quel - ques coups de lime plus tard, vien­dra af­fleu­rer la crosse. L’en­semble se­ra pon­cé pour ef­fa­cer toute dé­mar­ca­tion. L’étape sui­vante consiste à

mettre en forme le nou­veau ta­lon de la crosse ral­lon­gée. Pour un ef­fet en­core plus in­vi­sible, l’ar­mu­rier pour­ra créer un nou­veau vei­nage sur le ra­jout à l’aide d’oxyde de fer ( ob­te­nu en plon­geant des clous dans un pot rem­pli de vi­naigre blanc), d’encre de Chine ou en­core de brou de noix. Plu­sieurs pro­duits peuvent aus­si être com­bi­nés, chaque ar­mu­rier a sa tech­nique. En­suite, pour har­mo­ni­ser l’en­semble, il faut au mi­ni­mum rat­tra­per le pon­cé- hui­lé ou le ver­nis sur le ra­jout, au mieux in­ter­ve­nir sur l’en­semble de la nouvelle crosse. Une étape sup­plé­men­taire est né - ces­saire si le dé­mon­tage de la cros - se s’ef­fec­tue par son ar­rière. Il faut alors ef­fec­tuer une dé­coupe dans le ra­jout pour per­mettre l’ac­cès à la vis de dé­mon­tage. Reste en­fin à réa­li­ser le qua­drillage du ta­lon de la crosse ain­si ob­te­nue. Si­gna­lons le cas par­ti­cu­lier de la ral­longe en ébène. Très noire, cette es­sence se­ra choi­sie pour un franc ef­fet de contraste. S’agis­sant d’un bois lourd, cette op­tion n’est pos­sible que pour une ral­longe de pe­tite taille au risque si­non de ve­nir dés­équi­li­brer votre arme. On peut certes frai­ser dé­li­ca­te­ment l’in­té­rieur de la ral­longe, mais avec le risque de créer un jeu entre cette der­nière et la crosse.

Une ral­longe en ébène est un choix as­sez contrai­gnant

en rai­son du poids de cette es­sence.

Le noyer de la ral­longe est choi­si dans un fil ap­pa­ren­té à ce­lui de la crosse.

Le ra­jout est col­lé. Bien qu’en­core brut on re­marque

que ses veines sont as­sez si­mi­laires à celles de la crosse.

Notre crosse ter­mi­née

et al­lon­gée de près de 5 cm. L’in­ter­ven­tion

est très peu vi­sible.

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