Béa­trice Bal­cou

Art Press - - EXPOSITIONS - Ro­zenn Ca­ne­vet

Ca­si­no / 12 juillet - 7 sep­tembre 2014 Lorsque l’on pé­nètre dans Walk in Beau­ty, on est im­mé­dia­te­ment sai­si par l’har­mo­nie et la quié­tude qui s’en dé­gagent : des rideaux de soie blancs et ocre flottent au-des­sus d’une caisse de trans­port en bois, de cales, d’une paire de tré­teaux et d’un plateau en­ve­lop­pé de pa­pier bulle ados­sé à un mur. On com­prend alors que, par-de­là un es­pace à par­cou­rir, c’est à la per­cep­tion d’un temps par­ti­cu­lier que l’on est convié : ce­lui qui pré­cède l’ex­po­si­tion d’une oeuvre d’art. Vi­trine (Film 3) de Bo­jan Šarcˇe­vic’ a été choi­si par Béa­trice Bal­cou dans les col­lec­tions du Mu­dam. Sous­traite aux re­gards, conser­vée dans sa boîte de pro­tec­tion, on en voit une co­pie qui n’en est pas une, exposée dans le même es­pace. Cette « oeuvre pla­ce­bo » n’a nulle vo­ca­tion à se sub­sti­tuer à ce qu’elle imite. Cet ar­te­fact réa­li­sé en bois et po­li à la main donne à voir le geste qui l’a fa­çon­né. C’est cette même at­ten­tion au geste que l’on re­trouve dans Un­tit­led Ce­re­mo­ny #03, per­for­mance pro­po­sée par Béa­trice Bal­cou. Re­pre­nant les règles de la cé­ré­mo­nie du thé ja­po­naise, les per­for­meurs ini­tiés par l’ar­tiste dé­ballent, re­cons­ti­tuent et rem­ballent l’oeuvre choi­sie pour un pu­blic res­treint. Un long tête-à-tête se crée alors entre ce­lui-ci et l’oeuvre. À l’acte de ca­cher suc­cède ain­si ce­lui de faire ap­pa­raître. Cette phé­no­mé­no­lo­gie as­sume la fonc­tion de cap­ter l’at­ten­tion. À re­bours des formes de mé­dia­tion, Béa­trice Bal­cou n’en pro­pose fi­na­le­ment qu’une seule : l’ex­pé­rience fron­tale du temps. When you en­ter in­to the room where Walk in Beau­ty takes place, you are im­me­dia­te­ly struck by a fee­ling of har­mo­ny and tran­qui­li­ty. Cur­tains made of white and ochre silk floats over woo­den ob­jects—a ship­ping case, wedges, a pair of saw­horses and a bubble-wrap­ped tray lea­ning against a wall. This is not just a space to be cros­sed. We are being of­fe­red a chance to ex­pe­rience a par­ti­cu­lar mo­ment in time, the eve of the moun­ting of an art ex­hi­bi­tion. Béa­trice Bal­cou pi­cked out Vi­trine (Film 3) by Bo­jan Šarcˇe­vic’ from the Mu­dam’s col­lec­tion. The piece is kept hid­den from view in a pro­tec­tive contai­ner. Bal­cou of­fers us a co­py in the same space. This “pla­ce­bo,” an ar­ti­fact made of hand-po­li­shed wood, is not meant to be a sub­sti­tute for what it imi­tates. What it shows is the act that made it. The same concern for re­pro­du­cing an act marks Bal­cou’s per­for­mance Un­tit­led Ce­re­mo­ny #03, ba­sed on the pro­to­col for a Japanese tea ce­re­mo­ny. The per­for­mers she trai­ned un­wrap, re­cons­ti­tute and re­pack the cho­sen piece in front of a small au­dience. pro­du­cing a long dia­logue with the ori­gi­nal work. The act of concea­ling is fol­lo­wed by the act of ma­king vi­sible. This phe­no­me­no­lo­gy cap­tures our at­ten­tion. In contrast to other forms of me­di­ta­tion, Bal­cou of­fers us just one: the di­rect ex­pe­rience of time.

Trans­la­tion, L-S Tor­goff

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