Moi, Chee­ta

Art Press - - LIVRES - Alexandre Mare

Le Nouvel At­ti­la Il n’est pas meilleur guide qu’un singe à Hol­ly­wood. Et le vé­né­rable Chee­ta, l’in­ou­bliable com­pa­gnon de Tar­zan, est le chim­pan­zé le mieux ren­sei­gné de l’his­toire du ci­né­ma. Il par­tage son temps, dans sa re­traite de Palm Springs, entre l’écri­ture de ses mé­moires et, à l’ins­tar de nombre de ses col­lègues bi­pèdes, la pein­ture abs­traite. Sans doute le singe sur­doué est-il un te­nant de l’ac­tion pain­ting. En­le­vé très jeune de la jungle du Li­bé­ria, Chee­ta est in­dis­so­ciable de son faire-va­loir, Tar­zan, roi des singes, lord an­glais échoué sur les côtes ouest-afri­caines. Ja­lou­sie, ran­coeur, ami­tié, notre hé­ros chim­pan­zé re­vient sur les re­la­tions entre John­ny Weiss­mul­ler, te­nant en titre du rôle, Jane, in­ter­pré­tée par Mau­reen O’Sul­li­van, et le ga­min, l’en­fant de la dis­corde, qui vien­dra se­mer le trouble dans plu­sieurs des films de la série. Sur­tout, on trou­ve­ra dans ces mé­moires tout ce qui fait la Ba­by­lone hol­ly­woo­dienne : ex­cès de ba­nanes, moeurs à la Bo­no­bo et autres sin­ge­ries, le tout en­tou­ré des stars du Sun­set Bou­le­vard. En d’autres termes, c’est over­dose, sexe, conduite pied au plan­cher sur Mul­hol­land Drive, beu­ve­ries et ha­leine de ci­gare froid au pe­tit ma­tin avant d’al­ler poin­ter aux stu­dios de la MGM. Moi, Chee­ta est une fe­nêtre ou­verte sur le monde im­pi­toyable et dé­jan­té du ci­né­ma des an­nées 1930 jus­qu’à la fin des an­nées 1960. Bref, c’est du gon­zo chim­pan­zé. Et si l’on te­nait pour meilleur exemple de bio­gra­phie de star Ma route et mes chan­sons de Maurice Che­va­lier, il fau­dra dé­sor­mais comp­ter sur Moi, Chee­ta. Ce­pen­dant, la vraie ques­tion qui ta­rau­de­ra le lec­teur après avoir ter­mi­né cet ou­vrage es­sen­tiel à l’his­toire du 7 art est celle-ci : qui est ce James Le­ver qui aida Chee­ta à ré­di­ger ses mé­moires?

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