Lear­ning from Do­cu­men­ta 14.

Athènes / 8 avril - 16 juillet 2017 Cas­sel / 10 juin - 17 sep­tembre 2017

Art Press - - CONTENTS - Tris­tan Be­ra

Pi­lo­tée par le cu­ra­teur po­lo­nais Adam Szymc­zyk, ac­com­pa­gné d’une équipe in­ter­na­tio­nale, la Do­cu­men­ta, évé­ne­ment ma­jeur de l’art contem­po­rain, fon­dé en 1955 et or­ga­ni­sé tous les cinq ans pen­dant cent jours à Cas­sel, se tien­dra ex­cep­tion­nel­le­ment, pour sa qua­tor­zième édi­tion, d’abord à Athènes, avant de se pour­suivre dans sa ville d’ori­gine. Tris­tan Be­ra réa­lise un tour d’ho­ri­zon de l’évé­ne­ment en pré­pa­ra­tion.

Dé­jà, en 2002, la on­zième édi­tion, di­ri­gée par Ok­wui En­we­zor, ra­di­ca­le­ment plus éten­due, était di­vi­sée en cinq sec­tions, dites pla­te­formes, dont cer­taines se te­naient à Ber­lin, La­gos, New Del­hi, Sainte-Lu­cie et Vienne. En­core, en 2012, la trei­zième édi­tion, en­vi­sa­gée comme un or­ga­nisme vi­vant par Ca­ro­lyn Ch­ris­tov-Ba­kar­giev, avait pris place en pa­ral­lèle en Af­gha­nis­tan, en Égypte et au Ca­na­da. C’est néan­moins la pre­mière fois que la ma­ni­fes­ta­tion est or­ga­ni­sée en tui­lage : cent jours pour com­men­cer à Athènes, d’avril à juillet, puis cent autres jours à Cas­sel, de juin à sep­tembre 2017. Une cen­taine d’ar­tistes, théo­ri­ciens et ac­ti­vistes, dont les noms sont te­nus se­crets jus­qu’à l’ou­ver­ture, sont in­vi­tés à conce­voir un pro­jet pour les deux villes. L’ou­ver­ture en avril a été pré­cé­dée par la pu­bli­ca­tion de plu­sieurs nu­mé­ros du ma­ga­zine South as A State of Mind, édi­té par l’au­teur Quinn La­ti­mer, et une sé­rie d’évé­ne­ments pu­blics, ini­tiée par le phi­lo­sophe Paul B. Pre­cia­do, réunie sous le terme gé­né­rique de The Par­lia­ment of Bo­dies et in­cluant confé­rences (Mau­ri­zio Laz­za­ra­to en no­vembre ; Fran­co Be­rar­di en jan­vier), lec­tures et so­cié­tés (au sens de clubs) dé­diées, par exemple, à l’ar­tiste concep­tuel Ulises Car­rion ou à la chan­teuse de re­bé­ti­ko So­ti­ria Bel­lou. Avant même que la Do­cu­men­ta ne dé­bute, elle avait dé­jà com­men­cé avec ce foi­son­ne­ment de pro­jets de pré­fi­gu­ra­tion par­ti­ci­pa­tifs, qui, se­lon les or­ga­ni­sa­teurs, cherchent à dé­pas­ser la dia­lec­tique cu­ra­teur / pu­blic et, par là, gou­ver­nant / gou­ver­né.

Les pro­po­si­tions ont su créer un cli­mat in­tel­lec­tuel émi­nem­ment sti­mu­lant et, dé­jà aus­si, des af­fron­te­ments idéo­lo­giques au coeur des com­mu­nau­tés. En sep­tembre 2016, à l’oc­ca­sion du lan­ce­ment des pro­grammes pu­blics in­ti­tu­lés 34 Exer­cises of Free­dom dans un bâ­ti­ment du Par­ko Elef­the­rias (Parc de la li­ber­té en grec), an­cienne salle de tor­ture oc­cu­pée par la junte mi­li­taire ren­ver­sée en 1974 et trans­for­mée en ago­ra par­ti­ci­pa­tive, le maire de la ca­pi­tale Geor­gios Ka­mi­nis dé­cri­vait l’évé­ne­ment comme un ca­deau fait à la ville en y ap­por­tant son en­tier sou­tien mo­ral. En un se­mestre, par ému­la­tion, jouis­sant de la vi­si­bi­li­té spec­ta­cu­laire et pres­ti­gieuse d’une Do­cu­men­ta hors les murs, les ins­ti­tu­tions et les es­paces cultu­rels ont tant bien que mal vou­lu dé­mul­ti­plier leur offre, et un flux consi­dé­rable d’ar­tistes et cu­ra­teurs in­dé­pen­dants est ve­nu de tous pays pro­fi­ter de ce mo­ment de cris­tal­li­sa­tion. A contra­rio, des or­ganes de presse grecs, plu­tôt à la droite du spectre po­li­tique, se sont très vite in­ter­ro­gés sur le ca­rac­tère éli­tiste et cryp­tique du pro­gramme des ex­po­si­tions, dé­non­çant les ten­dances par trop mar­xistes des confé­rences, au dé­tri­ment de la pré­sen­ta­tion tra­di­tion­nelle de pro­jets ar­tis­tiques (qua­li­fiant au pas­sage le phi­lo­sophe To­ni Ne­gri de « zom­bie de la gauche » à l’inau­gu­ra­tion). L’ex­pec­ta­tive, le doute et la cir­cons­pec­tion à l’égard des re­tom­bées fu­tures de l’évé­ne­ment animent aus­si une ma­jo­ri­té d’ha­bi­tants, ar­tistes et tra­vailleurs, cultu­rels ou non, ef­frayés à l’idée d’une gen­tri­fi­ca­tion ac­cé­lé­rée qui les pau­pé­ri­se­rait à nou­veau, ou d’une nou­velle bulle telle celle des jeux Olym­piques de 2004, toutes pro­por­tions gar­dées, c’est-à-dire à l’échelle du monde de l’art. Un groupe d’ar­tistes ac­ti­vistes a même créé, en ré­ac­tion pré­vi­sion­nelle, l’Idamm, un acro­nyme qui dé­signe l’Ins­ti­tute for the Ma­na­ge­ment of the Athe­nian PostDo­cu­men­ta Me­lan­cho­ly.

ENJEUX LOCAUX

Même si les pro­jets et les es­paces d’ex­po­si­tion, ain­si que les lieux par­te­naires dans la ville res­tent plu­tôt confi­den­tiels ou en­core en dé­fi­ni­tion à cause de re­tards ad­mi­nis­tra­tifs struc­tu­rels à quelques mois de l’ou­ver­ture, le contexte de ré­flexion et de pro­duc­tion de cette édi­tion est unique par son ou­ver­ture sur les enjeux locaux. En dé­fi­ni­tive, quelle le­çon ti­rer d’Athènes ? De quoi, en 2017, Athènes est-il le nom? 2017 est une an­née d’af­fron­te­ments po­li­tiques en Eu­rope. Les ré­flexions sur les conflits in­ter­na­tio­naux, les in­éga­li­tés, la dette, le manque de li­ber­té crois­sant, les crises mi­gra­toire, éco- lo­gique et iden­ti­taire, le ra­cisme, la ques­tion des genres et les consé­quences du ca­pi­ta­lisme cog­ni­tif à l’âge di­gi­tal ont lit­té­ra­le­ment pris le pas sur celles du for­mat de l’ex­po­si­tion. La Do­cu­men­ta au­ra in­con­tes­ta­ble­ment une to­na­li­té dis­cur­sive en confir­mant l’as­su­jet­tis­se­ment po­li­tique de l’art. En 2011, à l’ac­mé de la crise éco­no­mique et fi­nan­cière qui op­pose l’Al­le­magne et la Grèce au sein de l’Union eu­ro­péenne sur le rem­bour­se­ment de la dette, Jean-Luc Go­dard dé­cla­rait : « On de­vrait re­mer­cier la Grèce. C’est l’Oc­ci­dent qui a une dette par rap­port à [elle]. La phi­lo­so­phie, la dé­mo­cra­tie, la tra­gé­die… ». Si, cinq ans plus tard, la Do­cu­men­ta titre sa qua­tor­zième édi­tion Lear­ning from Athens, il sem­ble­rait que la pro­vo­ca­tion du ci­néaste ait fi­na­le­ment pro­duit son ef­fet au­près des pro­fes­sion­nels de l’art. L’his­toire an­tique de la ville, à la­quelle il est dif­fi­cile d’échap­per sur place, four­nit cer­tai­ne­ment un ré­per­toire éty­mo­lo­gique et fan­tas­ma­tique de formes et d’idées ca­ta­ly­sées par les groupes de ré­flexion de la Do­cu­men­ta. Mais, pour Adam Szymc­zyk, c’est plu­tôt la si­tua­tion contem­po­raine de la ville, comme point d’en­trée de la mi­gra­tion sud-nord et est-ouest, qui donne un exemple de ré­si­lience et de trans­for­ma­tion pour le fu­tur des villes nord-oc­ci­den­tales. Com­bien de ci­vi­li­sa­tions, en deux mille ans, Athènes a-t-elle vu s’ef­fon­drer ? Et com­bien de sys­tèmes po­li­tiques se sont dra­ma­ti­que­ment suc­cé­dé de­puis l’in­dé­pen­dance en 1832 ? Les Grecs sont de­bout et consi­dèrent avec une iro­nie exem­plaire la fas­ci­sa­tion de l’ouest et du nord de l’Eu­rope. « La Do­cu­men­ta offre une ex­tra­or­di­naire op­por­tu­ni­té de mon­trer que mal­gré la crise, la culture et la créa­ti­vi­té de­meurent pleines de vi­ta­li­té dans notre ville », dé­clare en­core le maire d’Athènes. Certes, le mo­dèle de la Do­cu­men­ta per­met d’élar­gir à l’échelle d’une ville les thèmes et les concepts trai­tés au sein des mu­sées et des centres d’art, et de prendre la me­sure de l’éner­gie com­mu­ni­ca­tive por­tée par Athènes, mais jus­qu’à pré­sent, le maire n’a pas dé­blo­qué les ca­pi­taux gou­ver­ne­men­taux pour les ini­tia­tives l ocales et na­tio­nales, tou­jours as­phyxiées par le ré­gime d’aus­té­ri­té im­po­sé par l’Eu­rope. La ques­tion est peut-être plu­tôt de sa­voir quelle le­çon de­vra être ti­rée de la Do­cu­men­ta à Athènes.

Pi­lo­ted by Po­lish cu­ra­tor Adam Szymc­zyk, wor­king with Greek and in­ter­na­tio­nal teams, the four­teenth edi­tion of the quin­quen­nial Do­cu­men­ta, that ma­jor fea­ture of the post-war art scene, is brea­king with pre­cedent and star­ting in Athens be­fore conti­nuing in its home town of Kas­sel. Tris­tan Be­ra re­ports on pre­pa­ra­tions. In fact, these geo­gra­phi­cal in­no­va­tions be­gan with the ele­venth edi­tion of Do­cu­men­ta, di­rec­ted by Ok­wui En­we­zor in 2002, when the event was or­ga­ni­zed across five dis­tinct “plat­forms”: Ber­lin, La­gos, New Del­hi, Saint Lu­cia and Vien­na. And in 2012 the thir­teenth edi­tion was concei­ved by Ca­ro­lyn Ch­ris­tovBa­kar­giev as a li­ving or­ga­nism, with pa­ral­lel en­ti­ties in Af­gha­nis­tan, Egypt and Ca­na­da. Ho­we­ver, this is the first time the event will have had two over­lap­ping phases, with a hun­dred days in Athens from April to Ju­ly and then ano­ther hun­dred in Kas­sel from June to Sep­tem­ber 2017. Some hun­dred ar­tists, theo­re­ti­cians and ac­ti­vists, whose names will on­ly be re­vea­led when the event opens, have been in­vi­ted to conceive a pro­ject for the two ci­ties.

A MULTITUDE OF PROJECTS

The April ope­ning was pre­ce­ded by the pu­bli­ca­tion of se­ve­ral issues of the ma­ga­zine South as A State of Mind, edi­ted by wri­ter Quinn La­ti­mer, and a se­ries of pu­blic events ini­tia­ted by phi­lo­so­pher Paul B. Pre­cia­do, col­lec­ti­ve­ly tit­led The Par­lia­ment of Bo­dies. These have in­clu­ded talks (Mau­ri­zio Laz­za­ra­to in No­vem­ber, Fran­co Be­rar­di in Ja­nua­ry), rea­dings and clubs de­di­ca­ted, for example, to the concep­tual ar­tist Ulises Car­rion and the re­be­ti­ko sin­ger So­ti­ria Bel­lou. The point of these par­ti­ci­pa­to­ry events pre­ce­ding Do­cu­men­ta pro­per was, ac­cor­ding to the or­ga­ni­zers, to get beyond the cu­ra­tor/pu­blic and go­ver­ning/go­ver­ned di­cho­to­my. In this sti­mu­la­ting in­tel­lec­tual en­vi­ron­ment there have al­so been ideo­lo­gi­cal clashes. In Sep­tem­ber 2016, for example, at the launch of the pu­blic pro­grams tit­led 34 Exer­cises of Free­dom, held in a buil­ding at the Par­ko Elef­the­rias (Park of Free­dom) that was used for tor­ture un­der the mi­li­ta­ry jun­ta and, af­ter its down­fall in­to 1974, conver­ted in­to a pu­blic space, the mayor of Athens Geor­gios Ka­mi­nis des­cri­bed the event as a gift to the ci­ty and of­fe­red it his who­le­hear­ted sup­port. Over t he months t hat fol­lo­wed, the high pro­file and pres­tige of Do­cu­men­ta ins­pi­red the ca­pi­tal’s ins­ti­tu­tio­nal and cultu­ral spaces to try to in­crease their of­fe­rings, des­pite all the dif­fi­cul­ties, and ar­tists and in­de­pendent cu­ra­tors flo­cked in from all over to make so­me­thing of this mo­ment of crys­tal­li­za­tion. At the same time, the right wing part of the Greek press was quick to ex­press doubts about the eli­tist and cryp­tic di­men­sion of the ex­hi­bi­tion pro­gram and de­cry the Marxist in­flec­tion of the talks to the de­triment of the tra­di­tio­nal pre­sen­ta­tion of projects (for example, they cal­led phi­lo­so­pher To­ni Ne­gri the “zom­bie of the left”). Most Athe­nians, both in­side and out­side the art world, felt un­cer­tain about the conse­quences, with ma­ny fea­ring that, on its own, more mo­dest scale, the event could ac­ce­le­rate the pro­cess of gen­tri­fi­ca­tion or create a new bubble like the one that fol­lo­wed the Olym­pics in 2004. In an­ti­ci­pa­tion of which one group of ar­tists set up IDAMM, that is, the Ins­ti­tute for the Ma­na­ge­ment of the Athe­nian Post-do­cu­men­ta Me­lan­cho­ly.

LOCAL ISSUES

Even if the ex­hi­bi­tion projects and spaces and the part­ner ve­nues were still a se­cret or still being fi­na­li­zed due to struc­tu­ral ad­mi­nis­tra­tive de­lays on­ly a few months be­fore the ope­ning, the dis­cus­sions and ar­tis­tic projects ge­ne­ra­ted by this event are unique by vir­tue of their local pers­pec­tive. What, we may ask, are we to conclude about Athens in 2017? What does it si­gni­fy? So far, 2017 has been a year of po­li­ti­cal confron­ta­tions in Eu­rope. Re­flec­tion on in­ter­na­tio­nal conflict clashes, in­equa­li­ty, debt, in­crea­sing re­pres­sion, mi­gra­to­ry, eco­lo­gi­cal and iden­ti­ty crises, ra­cism, the gen­der ques­tion and the conse­quences of cog­ni­tive ca­pi­ta­lism in the di­gi­tal age have over­sha­do­wed mat­ters of the ex­hi­bi­tion and its for­mat. Un­de­nia­bly, a ve­ry dis­cur­sive Do­cu­men­ta re­flects this do­mi­na­tion of art by po­li­tics. In 2011, at the height of the eco­no­mic and fi­nan­cial cri­sis that saw Ger­ma­ny and Greece go head to head over the reim­bur­se­ment of the debt, Jean-Luc Go­dard de­cla­red: “We should be than­king Greece. It is the West that is in­deb­ted to Greece: phi­lo­so­phy, de­mo­cra­cy, tra­ge­dy.” If, five years la­ter, Do­cu­men­ta has cho­sen the title Lear­ning from Athens, it would seem that the world has adop­ted the same po­si­tion as the pro­vo­ca­tive film di­rec­tor. The ci­ty’s an­cient his­to­ry, so pro­minent when you are there, has pro­vi­ded a po­wer­ful ety­mo­lo­gi­cal re­per­toire of forms and ideas for the thin­kers and ar­tists wor­king to­ge­ther at Do­cu­men­ta. Ho­we­ver, what par­ti­cu­lar­ly in­ter­ests Adam Szymc­zyk i s the contem­po­ra­ry si­tua­tion of the ci­ty as a point of en­try and pas­sage in the pro­cess of south-north and east-west mi­gra­tion across the content, ma­king it an example of re­si­lience and trans­for­ma­tion for other, more nor­ther­ly ci­ties. How ma­ny ci­vi­li­za­tions has Athens seen col­lapse in two thou­sand years? And how ma­ny suc­ces­sive po­li­ti­cal sys­tems have there been here since in­de­pen­dence in 1832? The Greeks are still stan­ding and they ob­serve with exem­pla­ry iro­ny the in­crea­sin­gly fas­cist cast of nor­thern Eu­ro­pean po­li­tics. “Do­cu­men­ta of­fers an ex­tra­or­di­na­ry op­por­tu­ni­ty to show that, in spite of the cri­sis, culture and crea­ti­vi­ty re­main ve­ry much alive in our ci­ty,” de­clares the mayor. Still, if Do­cu­men­ta pro­vides the op­por­tu­ni­ty to ar­ti­cu­late the themes and concepts ex­plo­red by mu­seums and art cen­ters across the whole ci­ty, and thus to give Athens a chance to show its com­mu­ni­ca­tive ener­gy, go­vern­ment re­mains as­phyxia­ted by the aus­te­ri­ty re­gime im­po­sed by Eu­rope, and funds are short. What, then, are the les­sons to be learnt from Do­cu­men­ta in Athens?

Trans­la­tion, C. Pen­war­den

Page de gauche / page left: To­ni Ne­gri

et Paul Pre­cia­do (au centre) au Par­ko. Ci-des­sous / be­low : Fran­co Be­rar­di au Par­ko. (Ph. S. Mam­ma­la­kis)

Ci-des­sus / above: « South As A State of Mind ». Re­vue de la Do­cu­men­ta 14, #3, 2017. Ci-contre / op­po­site: « The Par­lia­ment of Bo­dies ». 2017. (Ph. DR)

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