TRIP

C’EST L’HIS­TOIRE D’UNE BANDE DE POTES QUI DÉ­CIDE DE FAIRE LE GRAND VOYAGE, AT­TI­RÉS PAR LE RÊVE AMÉ­RI­CAIN, LES ORI­GINES DU FREERIDE ET L’IM­MEN­SI­TÉ DES FO­RÊTS DE LA CO­LOM­BIE BRI­TAN­NIQUE. EM­BAR­QUEZ EN COM­PA­GNIE DES BONS GARS DU GI­RO­MA­GNY ENDURO TEAM DANS LEU

Big Bike Magazine - - SOMMAIRE -

Le team Gi­ro­ma­gny part en tour­née enduro en Amé­rique du Nord, entre Bel­li­gham, Squa­mish, North van­cou­ver, Na­nai­mo et Whist­ler. Une aven­ture épique avec de sa­crés oi­seaux!

Nous sommes au prin­temps 2016 et un vague pro­jet en di­rec­tion des an­ciennes terres in­diennes est en train de se mettre en place. Fin juillet, la feuille de brouillon est de­ve­nue réa­li­té pour les neuf ri­deurs du team qui em­barquent en di­rec­tion de Van­cou­ver. Une heure avant l’at­ter­ris­sage, on ne dé­croche pas notre nez du hu­blot : nous sur­vo­lons les Ro­cheuses ca­na­diennes et le spec­tacle est à la hau­teur de nos at­tentes… Une fois ar­ri­vés à bon port, le rythme change et on s’énerve un peu : ré­cu­pé­ra­tion des deux pick-up, mon­tage des vé­los, la pe­tite troupe s’af­faire et met le cap ra­pi­de­ment vers Bel­lin­gham, aux USA, à deux pas de la fron­tière ca­na­dienne. C’est Dave Con­ley de chez Tran­si­tion Bikes qui nous ac­cueille chez lui, et a prio­ri il n’avait pas com­pris qu’il de­vait qua­si­ment lo­ger une équipe de foot ! Et voi­là comment le mot « trip » prend tout son sens dès la pre­mière nuit. Entre ca­na­pé, ha­mac, voi­ture, et ter­rasse, on dort comme on peut en mode squat, mais avec le grand sou­rire d’un Dave ra­vi de nous ac­cueillir dans sa mai­son.

BEL­LIN­GHAM : AME­RI­CAN LI­FE­STYLE ET EN­GA­GE­MENT

Dès le len­de­main, la troupe se di­rige vers les trails de Bel­lin­gham gui­dée par Dave : nord de Gal­breith, Wa­ter­fall, To­wers, puis la ses­sion shut­tle du soir où on en­chaîne deux fois Chu­cka­nut avec Double Black et Double Down. On est ra­pi­de­ment mis dans l’am­biance avec un ni­veau tech­nique et un en­ga­ge­ment dé­jà bien éle­vé pour le pre­mier jour. Les trails de Bel­lin­gham sont nom­breux et va­riés, la fo­rêt est as­sez dense et Dave nous em­mène là où les gars de Tran­si­tion roulent toutes les se­maines : la terre est dure et pous­sié­reuse (mer­ci au mois de juillet très sec) et les pas­sages dans la pente sont sou­vent bien ten­dus ! Suite à un ex­cès de con­fiance, Paul ouvre le bal ques­tion boites, dans un arbre qui semble avoir tra­ver­sé sans pré­ve­nir… On vous ras­sure, le co­ni­fère s’en sort sans une égra­ti­gnure, mais le bi­lan est un peu plus cor­sé pour Paul, qui doit res­ter quelques jours au re­pos for­cé. Mo­rale de l’his­toire : si vous par­tez en trip plu­sieurs se­maines avec des potes, évi­tez de prendre des risques le pre­mier jour, ça peut gâ­cher ra­pi­de­ment la fête… Pierre Hen­ni, le Ste­ven Spiel­berg de la troupe, sor t sa ca­mé­ra le deuxième jour de ride pour fil­mer une sec­tion sur Blade Re­ver­sal. C’est un trail su­per fun à rou­ler si­tué à l’ouest du ma­gni­fique lac What­com, du cô­té de la Sud­den Val­ley, mixant terre meuble, pas­sages ra­pides, gros vi­rages en ap­pui, pous­sières et sauts en tous genres. Ter­rible ! On en­chaîne en­suite de l’autre cô­té du lac, pour rou­ler sur « Surf n Turf », ac­ces­sible après qua­rante-cinq mi­nutes de mon­tée à la pé­dale sur un che­min 4x4. Au pro­gramme : du single track au mi­lieu des fou­gères, quelques sauts, puis des vi­rages ser­rés, beau­coup de pente, beau­coup de pous­sière, et une ar­ri­vée avec bai­gnade dans le lac obli­ga­toire (tout au­tant que quelques bières par­ta­gées avec un sou­rire jus­qu’aux oreilles). Trois jours que nous sommes sur le conti­nent amé­ri­cain, et l’ex­pé­rience est dé­jà ma­gique ! On goûte la gas­tro­no­mie et le houblon lo­cal, no­tam­ment à la Kul­shan Bre­wing à Bel­lin­gham, où la bière est fa­bri­quée sur place et la nour­ri­ture ex­cel­lente. L’autre bon plan, hor­mis l’As­lan Bre­wing Com­pa­ny qui fa­brique la fa­meuse « Par­ty in the woods », bière de Tran­si­tion Bikes, est sans au­cun doute ce ca­mion par­qué sous une an­cienne sta­tion­ser vice non loin de Ken­tu­cky St, où l’on a man­gé les meilleurs bur­ri­tos de notre sé­jour. Folie !

NORTH VAN­COU­VER : TRIPLE CROWN ET TRIPLE CLAQUE

Il est temps de re­mettre les voiles au Ca­na­da où un autre guide de luxe nous at­tend : An­dreas Hest­ler, an­cien Olym­pien en XC aux JO d’At­lan­ta de 1996, plu­sieurs fois cham­pion na­tio­nal au Ca­na­da, am­bas­sa­deur Rocky Moun­tain et créa­teur de la fa­meuse BC Bike Race (qui fê­tait en 2016 sa 10e édi­tion). Nous pre­nons place à North Lons­dale, North Van­cou­ver, dans la mai­son que nous avons ré­ser­vée via Airbnb, à cinq mi­nutes en voi­ture des trails de Fromme Moun­tain, l’une des trois mon­tagnes qui sur­plombent Van­cou­ver. Au nord de la ville, Fromme, Sey­mour et Cy­press Moun­tain s’élèvent un peu comme une cou­ronne, d’où le nom « Triple Crown ». Trois mon­tagnes consti­tuées de fo­rêts pri­maires, de cèdres cen­te­naires ma­gni­fiques et d’une terre qui ren­drait ja­loux les jar­di­niers du châ­teau de Ver­sailles ! Plu­sieurs di­zaines de trails pour pié­tons et vé­té­tistes y sont créés et en­tre­te­nus avec le sou­ci de res­pec­ter au mieux la fo­rêt. Ce­la fait plus de 20 ans que des sin­gle­tracks y naissent, au­tant vous dire que la construc­tion et le tra­cé des trails sont de­ve­nus une vé­ri­table science maî­tri­sée à la per­fec­tion par des trails buil­ders de­ve­nus des ré­fé­rences dans le monde en­tier. Les sentiers ne dé­na­turent pas la fo­rêt, les ro­chers et autres pierres plus pe­tites sont lais­sés ou re­mis en place, les pas­se­relles sont construites sur place avec les cèdres de la fo­rêt et le tra­vail de ra­vi­nage est in­vi­sible et su­per ef­fi­cace. Les trails de North Van­cou­ver sont des oeuvres d’art à tous les ni­veaux, et pour tous les ni­veaux. Après une ma­ti­née en au­to dé­cou­verte à Fromme, à rou­ler sur Ex­pres­so, Bobs­leigh ou en­core La­dies On­ly, Dre (le sur­nom d’An­dreas), nous em­mène à Sey­mour. Paul’s, Dale’s, Fo­re­ver Af­ter, High School, Boo­gie Man, Ba­den Po­well… On en­chaîne tout à la pé­dale et on prend même du plai­sir à la mon­tée, no­tam­ment sur la ma­gni­fique « Good Sir Mar­tin Climb » toute en la­cets à tra­vers cèdres et fou­gères, fai­sant presque ou­blier que les cuisses com­mencent à pi­quer. On fi­nit par une des­cente qui vient à peine d’être sha­pée : John Deer. Ra­pide, pas très tech­nique et hy­per fun, c’est le spot par­fait pour fi­nir la jour­née, à tel point que cer tains se la re­font une deuxième fois. Les gour­mands ! Évi­dem­ment, un tel ré­gime donne grand soif, alors nous pre­nons le Sea Bus pour al­ler dans le centre de Van­cou­ver le soir, di­rec­tion le Cam­bie Bar, lieu pri­sé des étu­diants Eras­mus. Entre deux bières et un ex­cellent bur­ger, la French Touch fonc­tionne bien pour cer­tains, mais on n’en di­ra pas plus car « ce qui se passe au Cam­bie Bar reste au Cam­bie Bar »…

Le len­de­main, c’est shut­tle au pro­gramme. On file vers Cy­press Moun­tain qui s’élève à 1440 m d’al­ti­tude et qui, l’hi­ver, est une sta­tion de ski ré­pu­tée (hôte de quelques épreuves des JO en 2010 d’ailleurs). Dre et Ja­son nous guident à tra­vers la brume qui s’est ins­tal­lée en al­ti­tude, l’am­biance mys­tique rend l’at­mo­sphère com­plè­te­ment unique. On roule sur Sa­gar, puis Bo­nus Round, Nel­son Creek, Slee­pe­ry Ca­noe et ses pas­se­relles peu ras­su­rantes, Tall Cans ou en­core Wu Tang pour fi­nir sur une touche mu­si­cale. Au fi­nal, nous en­chaî­nons 977 m de des­cente as­sez tech­nique et raide dans de la terre meuble à sou­hait et des ra­cines, au mi­lieu d’arbres im­menses qui de­viennent plus pe­tits en bas avec une terre plus ro­cailleuse puis sa­blon­neuse. De quoi bien se faire la main !

CUM­BER­LAND : BELLE AU NA­TU­REL

C’est fou comme l’am­biance peut chan­ger quand on se re­trouve sur une île, aus­si grande soit-elle. On em­barque toute la troupe à Hor­se­shoe Bay en di­rec­tion de Na­nai­mo, une ville si­tuée sur Van­cou­ver Is­land. L’ho­ri­zon s’ouvre à nous et l’air de la mer nous in­vite à une nou­velle éva­sion. Après plus d’une heure de route en re­mon­tant la côte est de l’île, nous ar­ri­vons à Cum­ber­land, un an­cien vil­lage mi­nier d’en­vi­ron 3000 ha­bi­tants, qui nous offre une am­biance digne du Far West. Avant même de po­ser nos sacs au Ri­ding Fool Hos­tel, on est dé­jà sous le charme de ce vil­lage qui semble être hors du temps. Mar­tin Rea­dy, guide VTT avec sa struc­ture Is­land Moun­tain Ride, nous re­joint pour nous ac­cueillir au­tour d’une bière dans le sa­lon com­mun de l’au­berge. Sous ses airs de cow­boy so­li­taire pas for­cé­ment cha­leu­reux, nous ap­pren­drons à connaître ce­lui qui nous a sans doute le plus mar­qué de notre trip, un mec amou­reux de son île et de ses trails, ami­cal, mar­rant et fi­na­le­ment hy­per at­ta­chant. Dès le len­de­main de notre ar­ri­vée, Mar­tin nous em­mène pour une grosse jour­née de ride à Cum­ber­land. Le pay­sage est aé­ré et la vé­gé­ta­tion ver­doyante. On aper­çoit la mer à l’ho­ri­zon après quelques mi­nutes d’as­cen­sion sur de longs che­mins 4x4. On se met en jambe sur Found Link, pe­tite boucle ra­pide, avant de mon­ter au dé­part de Va­nilla, une mo­no­trace si­nueuse, ra­pide et fun en fo­rêt, qui s’ouvre en­suite pour of­frir une belle vue dé­ga­gée. On en­chaîne sur Block Head, Numb Skull, Gra­vi­ty et DC/DH avant de se res­tau­rer en ville au­tour d’un bur­ri­to à l’ex­cellent Bi­blio Ta­co puis de di­gé­rer un cho­co­lat chaud juste à cô­té. Pas de trêve pour les braves, notre guide nous fait re­prendre de la hau­teur sur ses trails pous­sié­reux, si­nueux, par­fois bien pen­tus et tech­niques, mais tou­jours hy­per gri­sants (Bear Buns, Tea Pot, Truffle Shut­tle, Bron­co’s Per­se­ve­rance, Mis­sing Link). Comme après toute bonne jour­née sur le vé­lo, on s’hy­drate une fois de plus au houblon frais of­fert par Mar­tin dans son jar­din (ça y est, c’est à ce mo­ment­là que vous vous dites que vous li­sez les aven­tures d’une bande de poi­vrots… No comment !). La soi­rée post-ride conti­nue au Ri­ding Fool Hos­tel où notre guide pré­fé­ré,

dé­ci­dé­ment plein de sur­prises, nous a ra­me­né un sau­mon fraî­che­ment pê­ché par son père. Mike, qui s’oc­cupe du Bike Park de Mount Wa­shing­ton, et Je­re­my, le boss de l’au­berge où nous dor­mons, nous re­joignent pour par­ta­ger l’ex­cellent bar­be­cue et une par­tie de billard. La mé­téo plu­vieuse du len­de­main nous pousse à faire la grasse mat’, ce qui n’est pas plus mal fi­na­le­ment. Puis nous dé­ci­dons d’al­ler sa­lir les cram­pons au Bike Park de Mount Wa­shing­ton : les fans de pas­se­relles et de sauts en tous genres en­chaînent les ro­ta­tions tout l’après-mi­di sur le seul té­lé­siège dis­po­nible, et nous pro­fi­tons du su­perbe pay­sage mal­gré la boue pré­sente sur les par­cours. On conti­nue notre aven­ture le len­de­main à For­bid­den Pla­teau, au nord-ouest de Cum­ber­land, en com­pa­gnie de Mar­tin et de son col­lègue Mi­chael qui sont ve­nus faire trem­pette avec les fren­chies puisque la pluie s’in­vite en mi­lieu de jour­née. D’ailleurs, la ré­ponse de notre guide à la ques­tion « Il va faire quel temps de­main, Mar­tin ? » de­vient culte puisque col­lant si bien au per­son­nage vi­vant au jour le jour : « You know what ? (ima­gi­nez Droo­py qui parle) It’s gon­na be what it’s gon­na be! ». Au­tre­ment dit, « Vous sa­vez

quoi ? Ça se­ra comme ça se­ra ! » Le ter­rain du jour est ro­cailleux sur le haut, rem­pli de ra­cines plus bas en fo­rêt, tech­nique, pen­tu et glis­sant (for­cé­ment avec la pluie), mais l’en­droit est tel­le­ment beau que le plai­sir est tou­jours aus­si in­tense. La mon­tée en shut­tle nous per­met d’ac­cé­der à des trails comme Pu­ni­sher, Re­fra­pa­to­ry, Ca­bin Fe­ver, Sle­der, Ru­ber ou en­core White Rab­bit. Ouais, ils sont bons pour don­ner des noms les Ca­na­diens ! La pluie est al­lée ra­fraî­chir d’autres la­ti­tudes et nous fai­sons route vers Horn­by Is­land pour ce qua­trième jour avec Mar­tin. Deux tra­ver­sées en ba­teau plus tard, et nous nous re­trou­vons sur cette pe­tite île pré­ser­vée qui re­gorge de singles tra­cés au mi­lieu d’une fo­rêt ma­gni­fique. Grâce à quelques hip­pies qui, il y a plus de 25 ans, avaient peu de dis­trac­tions sur leur île à part la pêche, Horn­by pos­sède par­mi les plus vieux singles tracks de Co­lom­bie-Bri­tan­nique et a même ac­cueillie dans les an­nées 1990 le Bike Fest, un des pre­miers évè­ne­ments VTT au monde. Avec plus de 50 trails et 80 ki­lo­mètres de tra­cés, un point culmi­nant à 300 m d’al­ti­tude et une terre meuble à sou­hait, Horn­by offre un ter­rain de jeux idéal pour tous ni­veaux, le top pour quelques jours en fa­mille. Mais pour le Gi­ro Enduro Team, pas ques­tion d’en­fi­ler des perles… Ar­ri­vée en haut de Middle Bench Trail et d’Ou­ter Ridge, qui offrent une vue ma­gni­fique sur la mer, la troupe en­chaîne sur des singles tracks plus ra­pides et plus funs les uns que les autres. The Way, 4 Dead Aliens, Death Tube, No Horses, Wa­shing Ma­chine, Hot Rim… La flui­di­té des tra­cés à tra­vers les arbres verts de mousse est in­croyable, et après une grosse jour­née de pé­da­lage et de glisse le sou­rire aux lèvres, nous fi­nis­sons sur la plage. Il est temps de re­mettre les vé­los sur le ba­teau-na­vette qui re­lie Den­man Is­land en 10 mi­nutes, et de quit­ter avec émo­tion Mar­tin Rea­dy.

SQUA­MISH : DANS LA PENTE COMME UN CHIEF

À mi-che­min entre Van­cou­ver et Whist­ler, Squa­mish est le ber­ceau de la culture amé­rin­dienne et l’une des plus vieilles villes du Ca­na­da. Mais c’est aus­si de­ve­nu un pa­ra­dis pour tous les amou­reux de na­ture et de sports out­door, dont l’es­ca­lade, grâce aux nom­breuses fa­laises pré­sentes et sur­tout l’im­po­sante Sta­wa­mus Chief, dit The Chief, fa­laise gra­ni­tique qui s’élève à 702 m au-des­sus de la mer, sym­bole spi­ri­tuel pour les uns, et spot de grimpe in­con­tour­nable (au même titre que Half Dome à Yo­se­mite) pour d’autres. Ici, on dé­couvre un ter­rain de jeux ty­pé DH avec les sauts et les gros vi­rages re­le­vés de Full Nel­son et Half Nel­son, mais aus­si les singles plus en­ga­gés de 19 th Hole, P-Nuts Wild Ride, Fred, Tin­der, Your Mom ou en­core An­gry Mid­get, le tout ac­ces­sible en voi­ture via la pous­sié­reuse Ga­ri­bal­di Park Road à 10 mi­nutes de la ville. Il est en­suite temps d’al­ler à la ren­contre d’un in­vi­té lo­cal pas comme les autres, le jeune pro­dige Jack­son Gold­stone, qui s’offre une belle part’ dans la vi­déo du trip fil­mée de main de maître par Pierre Hen­ni. Pen­dant que cer­tains filment avec le Ca­na­dien de 13 ans le len­de­main, d’autres en­chaînent les ro­ta­tions et se font quelques frayeurs sur Grin and Hol­ler, qua­li­fiée de piste la plus dure rou­lée pen­dant le trip ! Gros coeur, gros ni­veau et bau­drier conseillés… Pour le goû­ter de fin de tour­nage, Jack­son et son père Ron nous em­mènent en ville dé­gus­ter une glace au Ge­la­to Kids, le spot fa­vo­ri du jeune Ca­na­dien. Les fren­chies en­chaînent la soi­rée avec bur­gers et bières en ter­rasse avec vue sur The Chief à la Howe Sound Bre­we­ry. La vie ! Nous avons ren­dez-vous le len­de­main avec Jeff Rie­mer, un autre très bon guide lo­cal, in­gé­nieur de mé­tier et membre ac­tif/tra­ceur de par­cours de la BC Bike Race. Cette fois, on se re­met en mode pé­da­lage et nous al­lons au nord du cô­té du lac Alice et de son parc pro­vin­cial. Du par­cours fa­cile au tra­cé hy­per tech­nique, Jeff nous fait dé­cou­vrir une par­tie de son ter­rain de jeux sur 50 Shades of Green, Marc my World, En­trails, Bo­ney El­bows, Hues­co, Crou­ching, Squir­rel, Hid­den Mon­key ou en­core Ki­ki. Des singles ma­gni­fiques en sous-

bois, dont cer­tains mènent à une vue im­pre­nable sur la baie de Squa­mish. C’est là qu’une par­tie de l’équipe dé­couvre les fa­meux rock slabs, des dalles ro­cheuses par­fois énormes et sou­vent très pen­tues, as­sez ty­piques de la ré­gion. Quand tu te re­trouves en haut d’un slab, tu te dis que si le mec de de­vant passe, c’est que ça passe ! Le cul sur la roue ar­rière, les doigts sur les freins, on en­gage dans la pente sur la roche qui n’est pas si glis­sante que ça, à part quand il fait très sec, comme c’était le cas lors de notre trip… Fi­na­le­ment, on prend vite goût à ce nou­veau jeu et on passe des dalles de plus en plus pen­tues. Le ni­veau tech­nique monte d’un cran et c’est gri­sant. Après quelques belles sen­sa­tions, nous fi­nis­sons l’après-mi­di par une bai­gnade im­pro­vi­sée au lac, en ca­le­çons et peaux de cha­mois. Mer­ci Jeff !

WHIST­LER : LA CLAS­SIQUE

En route pour Whist­ler, la der­nière étape d’un trip qui touche à sa fin. On quitte la vue sur la mer et conti­nuons plus au nord sur la fa­meuse Sea to Sky High­way (Road 99) qui mène à Whist­ler, puis Pem­ber­ton que nous n’au­rons mal­heu­reu­se­ment pas le temps de vi­si­ter. Nous po­sons nos va­lises à la su­perbe au­berge « Al­pine Lodge Whist­ler » et pro­fi­tons du ja­cuz­zi pour un mo­ment de dé­tente, puis de la ter­rasse et du bar­be­cue pour le di­ner, sui­vi d’une mi­ni jam-ses­sion à la gui­tare of­ferte par les autres lo­ca­taires, le tout sous un ciel étoi­lé épous­tou­flant. Là, on est bien ! Le len­de­main, c’est

bike park plein gaz. Cer­tains dé­cident de li­mer A-Line sans at­tendre, et d’autres montent pro­fi­ter de la vue à Top of the World, le som­met de la sta­tion ac­ces­sible en té­lé­siège (et contre quelques dol­lars sup­plé­men­taires), qui s’élève à 2137 m au-des­sus de la mer et offre une vue im­pre­nable à 360 de­grés sur les som­mets alen­tour. À voir. Top of the World, c’est aus­si ce fa­meux single-track em­prun­té lors des Enduro World Se­ries, of­frant un dé­ni­ve­lé né­ga­tif de 687 m sur une dis­tance de 4895 m, sur un par­cours as­sez ro­cailleux et plu­tôt tech­nique pour en­du­ristes et des­cen­deurs. Un in­con­tour­nable pour ceux qui pré­fèrent le cô­té na­ture d’un beau trail plu­tôt qu’une piste de park. Mais at­ten­tion, si Whist­ler est aus­si ré­pu­tée, c’est bien pour son park qui pro­pose 70 trails sur 4 zones géo­gra­phiques : Gar­ban­zo, Peak, Creek­side et Fitz­sim­mons. Whist­ler au mois d’août, c’est aus­si faire la queue aux re­mon­tées mé­ca­niques au mi­lieu des lé­gendes du VTT, voire par­ta­ger avec eux un dé­but de piste. Co­ol. Le charme y est et les fans sont com­blés. Pierre ap­pelle son pote Au­dric La­cour, un Fran­çais ex­por­té à Whist­ler de­ve­nu guide, qui em­mène les fé­rus de vi­rages re­le­vés, pas­se­relles et autres sauts énormes sur ses meilleurs spots. En plus d’être hy­per sym­pa, le gars en a sous la poi­gnée de gaz ! A-Line, Top of the World, Dit Mer­chant, Freight Train, No Joke, Crank it up, Nin­ja Cou­gar et Drop in Cli­nic sont au me­nu de la jour­née. On se re­joint à la ter­rasse du Blacks Pub pour s’hy­dra­ter au pied de la Bla­ck­comb Ex­ca­li­bur Gon­do­la, en plein coeur du vil­lage. Après plu­sieurs jours pas­sés dans des en­droits plu­tôt na­tu­rels et loin des grandes foules, se re­trou­ver à Whist­ler du jour au len­de­main c’est un peu comme ar­ri­ver à Dis­ney­land un sa­me­di en­so­leillé sans s’y être pré­pa­ré men­ta­le­ment : ça fait bi­zarre. Il faut dire qu’à une jour­née du dé­but des Crankworx, la sta­tion bat son plein. Mais on ne se laisse pas abattre et comme nos ventres gar­gouillent, on se re­trouve à un res­tau­rant ja­po­nais bien no­té, le Na­go­mi Su­shi, en com­pa­gnie d’un autre Fran­çais de l’Est, Fran­çois Bailly Maître. C’est le der­nier soir du trip pour le Gi­ro­ma­gny Enduro Team, alors le lit va at­tendre long­temps que quel­qu’un daigne s’y cou­cher… La troupe pré­fère net­te­ment la bonne am­biance du Buf­fa­lo Bills, un pub/boite de nuit où nous réus­sis­sons à trai­ner un Vos­gien pas trop mau­vais au gui­don d’un vé­lo : Ré­mi Thirion. Les « Gi­ros » plient ba­gage le len­de­main, avec un mal de crâne cer­tain et dé­jà la nos­tal­gie de mo­ments in­ou­bliables pas­sés en Amé­rique du Nord. De ces quinze jours pas­sés au gui­don de nos vé­los, nous re­tien­drons les pay­sages gran­dioses, les trails d’une qua­li­té in­croyable rou­lés en com­pa­gnie de lo­caux pas­sion­nés, ami­caux et cha­leu­reux. Si la dé­cou­verte d’autres cultures est un des points clés de tout bon voyage, le par­tage d’une même pas­sion, en l’oc­cur­rence celle du VTT, quel que soit le ni­veau de cha­cun, signe à coup sûr le mot Trip d’un grand « T ». À tra­vers cet ar­ticle, nous avons es­sayé de vous gui­der vers les bons spots que nous avons tra­ver­sés, pour que vous puis­siez à votre tour dé­cou­vrir une par­tie de l’im­men­si­té de la Co­lom­bie-Bri­tan­nique, terre lé­gen­daire du moun­tain bike. Si des ou­tils comme une carte, un GPS ou en­core Trailforks (voir en­ca­dré) sont in­dis­pen­sables, nous vous conseillons for­te­ment de vous faire gui­der par des lo­caux, ce qui est et res­te­ra quel que soit le pays ou la pra­tique, le meilleur moyen de dé­cou­vrir la ri­chesse d’un lieu. À ce titre, nous re­mer­cions cha­leu­reu­se­ment nos guides sans qui ce trip au­rait été tout autre : Da­vid Con­ley et Dar­rin Seeds (Tran­si­tions Bikes), An­dreas Hest­ler (BC Bike Race), Mar­tin Rea­dy (Is­land Moun­tain Rides), Jeff Rie­mer (BC Bike Race), Jack­son Gold­stone et son père Ron, et Au­dric La­cour.

Après avoir ré­cu­pé­ré les deux pick-up à l’aé­ro­port de Van­cou­ver et char­gé les bikes, le team Gi­ro­ma­gny est fin prêt pour 15 jours de trip.

Pho­to de groupe avec An­dreas Hest­ler qui a gui­dé toute la troupe trois jours du­rant sur les trails de North Van­cou­ver.

Rou­ler avec un guide comme « Dre » c’est l’as­su­rance d’al­ler en de­hors des sentiers bat­tus, comme ici à Sey­mour sur ce single aus­si tech­nique que ma­gni­fique.

Soi­rée post-ride my­thique à Cum­ber­land avec un pas­sage par la Cum­ber­land Bre­wing Co. pour goû­ter la bois­son hou­blon­née lo­cale, puis par le Ri­ders Piz­za. Ju­lien était par­ti­cu­liè­re­ment en forme !

Grosse ses­sion bien fun à Bel­lin­gham sur les spots de Tran­si­tion Bikes, comme ici sur Surf n’ Turf, qui se fi­nit par une bai­gnade dans le lac What­com.

De­puis la part’ de Bran­don Se­me­nuk fil­mée l’an der­nier sur ce spot, c’est de­ve­nu le plus connu des se­cret trails de Squa­mish. La pho­to et la grosse at­taque de Pierre-Luc ne rendent pas jus­tice à la pente pour­tant bien pré­sente.

Un bi­jou de Dame na­ture bien gar­dé par sa dif­fi­cul­té d’ac­cès, mais que Mar­tin Rea­dy a eu plai­sir à nous faire dé­cou­vrir : Horn­by Is­land c’est du ride simple avec l’as­su­rance d’avoir le smile toute la jour­née !

Avec les Enduro World Se­ries qui passent par là, Top of the World est dé­sor­mais connu de tous, mais quel kiff de rou­ler sur le som­met de Whist­ler avec cette vue !

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