beats pla­nants

Causette - - CINÉMA - THÉÂTRE - LIVRES - MUSIQUE - PITCHOUS -

C’est l’une des DJ fran­çaises les plus in­fluentes d’Eu­rope. Du Pulp au Rex, Chloé Thé­ve­nin a évo­lué dans les clubs poin­tus de la ca­pi­tale. Avec End­less Re­vi­sions, son der­nier al­bum en­voû­tant et abou­ti, elle pour­suit son ex­pé­ri­men­ta­tion mu­si­cale loin des tem­pos ef­fré­nés et ex­plore des pay­sages so­nores in­fi­nis.

Cau­sette : Sept ans pour sor­tir l’al­bum End­less Re­vi­sions. Pour­quoi tout ce temps ?

Je n’aime pas me sen­tir obli­gée et j’ai pri­vi­lé­gié des ­for­mats

Ch­lo é : courts, genre EP... C’est lorsque j’ai ou­vert mon nou­veau stu­dio et dé­ve­lop­pé mon la­bel, Lu­mière noire, que je me suis mo­ti­vée pour le nou­vel al­bum. Mor­ceau après mor­ceau, ça s’est des­si­né comme une évi­dence. J’en suis très sa­tis­faite.

Ce Ch­lo troi­sième é : Ce n’était al­bum pas n’est in­ten­tion­nel, « pas un al­bum mais oui, pour il n’est dan­ser pas » « ? fonc­tion­nel » pour le dan­ce­floor. J’ai tou­jours eu ce pro­fil. C’est la pro­duc­tion qui me per­met d’élar­gir mes ho­ri­zons. J’aime bien dé­sta­bi­li­ser. Sur le titre phare, The Dawn, on peut en­tendre la voix de votre mère, Jill.

Ch­lo é : Je l’avais en­re­gis­trée il y a long­temps, quand elle me ra­con­tait des his­toires avec son ac­cent an­glais. Juste pour gar­der des traces d’elle pour plus tard. The Dawn, c’est ce mo­ment où l’on es­saie de se rap­pe­ler d’un sou­ve­nir et que les choses ré­ap­pa­raissent pe­tit à pe­tit. Tout le mor­ceau s’ar­ti­cule au­tour de cette im­pres­sion et il dé­bute par un son de K7 que l’on rem­bo­bine. Les men­ta­li­tés dans la mu­sique élec­tro­nique évo­luent. Pour­tant, une femme avec une car­rière comme la vôtre, c’est en­core rare.

Ch­lo é : C’est vrai. Je suis contente de consta­ter que cer­taines com­mencent quand même à émer­ger. Mais c’est trop lent… En tout cas, c’est mar­rant, on ne pose ja­mais cette ques­tion aus­si im­por­tante qu’aga­çante aux hommes. C’est un peu in­juste.

Ça s’ap­pelle la loi de la li­corne *. Ça vous parle ?

Je ne connais­sais pas, mais c’est exac­te­ment ça. Et en­core,

Ch­lo é : j’ai la chance d’être là de­puis pas mal de temps, donc on me pose moins cette ques­tion qu’à des jeunes qui dé­marrent. C’est à double tran­chant : on se fait re­mar­quer, car on est la seule femme dans un mi­lieu d’hommes, tout en étant trai­tée avec condes­cen­dance pré­ci­sé­ment parce qu’on est une femme. Moi, je n’ai ja­mais vou­lu en faire un atout. U

Pro­pos re­cueillis pa r Maë­lys Pei­tea­do * Le fait pour une femme qui réus­sit dans un mi­lieu tes­to­sté­ro­né d’être tou­jours mise en avant comme étant la rare femme dans cet uni­vers.

End­less Re­vi­sions, de Chloé. Lu­mière noire, al­bum vi­nyle à 25,99 eu­ros, CD à 13,99 eu­ros, té­lé­char­ge­ment à 8,99 eu­ros.

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