IN­SOU­MIS AU BESCHERELLE (ET À IS­RAËL…) Par Jean-paul Li­lien­feld

Est-il bien rai­son­nable de lais­ser un ci­néaste dé­rai­son­nable com­men­ter chaque mois l'ac­tua­li­té en toute liberté ? As­su­ré­ment non. Cau­seur a donc dé­ci­dé de le faire.

Causeur - - Sommaire N° 46 – Mai 2017 -

Cette at­ti­tude ab­surde consis­tant à consi­dé­rer les al­liés an­glo-amé­ri­cains et l’al­le­magne na­zie comme deux en­ne­mis de la classe ou­vrière qui se valent en­traîne donc les trots­kistes à ne pas prendre po­si­tion dans cette guerre contre l’oc­cu­pant na­zi, en de­hors de rares ex­cep­tions en­trées dans la Ré­sis­tance. Et avec le fa­meux “Ils se valent” pu­blié en juin 1944 par le jour­nal La Vé­ri­té (alors que les al­liés viennent de débarquer en Nor­man­die pour li­bé­rer l’eu­rope), ils ne font que confir­mer qu’ils es­timent que Roo­se­velt et Hit­ler se valent. » Si­mon Ep­stein - his­to­rien

Après la ba­taille, je tiens à re­mer­cier les « In­sou­mis », grâce à qui j’ai dé­cou­vert l’amour des hommes. À l’oc­ca­sion de la pu­bli­ca­tion d’une vi­déo sur Fa­ce­book dans la­quelle Éliette Abé­cas­sis de­man­dait à Jean-luc Mélenchon pour­quoi il lui était si dif­fi­cile de nom­mer le mal qui avait frap­pé Char­lie Heb­do et l’hy­per ca­cher, quel était le cal­cul qui lui fai­sait pré­fé­rer « cré­tins san­glants » à « ter­ro­ristes is­la­mistes », j’ai eu l’im­mense pri­vi­lège de dé­cou­vrir la vague de haine ef­fa­rante qui por­tait une par­tie de l’élec­to­rat in­sou­mis : in­jures, ob­ses­sion an­ti-is­raé­lienne ou di­rec­te­ment an­ti­juive, et par­fois in­cul­ture crasse ren­dant dif­fi­cile la lec­ture de leurs mes­sages. Ces fu­turs ka­pos im­pa­tients d’exer­cer leurs ta­lents de com­mis­saires po­li­tiques de la pen­sée m’ont don­né en­vie de vous faire pro­fi­ter de leurs bien­faits. Vous trou­ve­rez dans les dia­logues en­ri­chis­sants qui vont suivre les dif­fé­rentes ty­po­lo­gies de l’in­sou­mis, dont le point com­mun est une telle cer­ti­tude d’être dans le camp du bien, qu’ils dé­rivent in­sen­si­ble­ment de l’ar­gu­men­ta­tion politique au prêche phi­lo­so­phi­co-mys­tique de su­per­mar­ché ou à l’agres­sion ver­bale avec pro­messe de suites phy­siques si l’oc­ca­sion se pré­sen­tait. — Il a rai­son Mélenchon. Tous les in­té­grismes se valent. Ils sont tous dan­ge­reux. — Mais en s en fou par qui le truc c des in­té­griste qu’il on tué mu­sul­man juif bou­dist taou­tist té­moin de jeo­va ca­tho­lique Cre­tien le truc c que per­sonne n’a le droit de tue per­sonne mais c fous c quoi que vous com­pre­nez pas Moi : Ben non on s’en fout pas. Je par­ta­ge­rais votre avis si tous les in­té­grismes tuaient mais il s’avère qu’il n’y en a qu’un qui tue tou­jours au nom de la même re­li­gion. Donc pour­quoi le dis­soudre dans l’en­semble des in­té­grismes qui, s’ils sont cri­ti­quables, ne tuent pas, eux.

— No tu en en­tend par­lé que de ces in­té­griste dans les mé­dias les autre sons dis­sous dans les seuls que vous en­ten­dez par­lé

Ka­mou­lox ! Ça doit être une phrase concep­tuelle, j’avoue ne pas trou­ver la ré­plique adé­quate. Heu­reu­se­ment, une In­sou­mise cha­ri­table vient m’éclai­rer.

— Ce qui veut dire c’est que y’a pas de tri af­faire. Un in­té­griste c’est un in­té­griste point fi­nal. A bas les re­li­gions, vive Mélenchon ! Moi : Si, jus­te­ment, on peut les trier. En l’oc­cur­rence, sui­vant qu’ils tuent où qu’ils ne fassent que nous cas­ser les pieds. Il y a dif­fé­rents de­grés de dan­ge­ro­si­té. C’est comme les vol­cans, ac­tifs ou éteints. Depuis un cer­tain temps, ce­lui qui est en érup­tion, c’est l’is­la­misme. Ça em­pêche pas de sur­veiller les autres, mais les cou­lées de lave viennent de ce­lui en ac­ti­vi­té…

Ça a éner­vé la tendance al­ter­mon­dia­liste de mon Jean-luc :

— Les autres in­té­grismes ne tuent pas? Vous avez lu l’his­toire? Vous vou­lez le mo­no­pole de la pleur­niche et de la souf­france? L’in­té­grisme éco­no­mique ne tue pas les tra­vailleurs? L’in­té­grisme Amé­ri­ca­no-sio­niste qui met à feu et à sang le Moyen Orient et qui fait le lit du ter­ro­risme?

« Mo­no­pole » et « pleur­niche » m’ont su­bi­te­ment fait pen­ser à la ter­mi­no­lo­gie so­ra­lienne. Je vais voir sur le mur du mon­sieur, et bin­go ! Il par­tage des posts de Dieu­don­né et même, pour me gâ­ter, des pho­tos de Cheikh Yas­sine, le fon­da­teur et di­ri­geant spi­ri­tuel du Ha­mas… Moi : Il le sait le gou­rou que vous ad­mi­rez So­ral et Cheikh Yas­sine ? Je me di­sais bien que votre vo­ca­bu­laire me rap­pe­lait quel­qu’un… — Bye bye, on a des com­bats plus im­por­tants en ce mo­ment que de choi­sir le bon vo­ca­bu­laire pour plaire au Crif. Mélenchon est in­sou­mis... c’est comme ça. Elle de­vrait aus­si ar­rê­ter de cou­per la pa­role .... sûre d’elle et do­mi­nante la ma­dame Abe­cas­sis. Moi : On vous parle d’in­té­grisme is­la­miste et vous vous lan­cez dans une dia­tribe nau­séa­bonde sur le crif, les sio­nistes, le peuple sûr de lui et do­mi­na­teur… Au­tant de ré­fé­rences an­ti­sé­mites en 2 posts, c’est psy­chia­trique ou bien ? Et c’est là que le ca­ma­rade de gauche, le digne hé­ri­tier du Jean-luc de L’OCI m’a en­tre­pris : — Et oui, ef­fec­ti­ve­ment, les re­li­gions sont dan­ge­reuses car Dieu fut in­ven­té par les puis­sants pour écra­ser les peuples. Ré­sis­tance !!! Eh oui je suis com­mu­niste, mais nous ne sommes pas ain­si que les livres d’his­toire nous dé­peignent. Ni sta­li­niens ni san­gui­naires, nous sommes sim­ple­ment hu­mains. Moi : Vous vou­lez dire qu’on a beau­coup exa­gé­ré les exac­tions de Sta­line ? — Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de morts. Je dis qu’on a peut-être un peu for­cé le trait. Moi : C’est un pote à vous le mec qui dit la même chose des chambres à gaz ? — Pas de pa­ra­no ca­ma­rade ! Je dis que le Sta­li­nisme, c’est pas ça le com­mu­nisme. Moi : C’est sûr ! C’est un peu comme l’is­la­misme c’est pas ça l’is­lam ? Vous vou­lez pas faire le mé­nage, vi­rer les « c’est pas ça » et re­ve­nir quand tout se­ra clean ? — Sans les com­mu­nistes tu ne se­rais peut être ja­mais al­lé à l’école, tu n’au­rais pas de sé­cu, pas de congés payés, pas de ré­gle­men­ta­tion du tra­vail, pas de smic, toutes ces bonnes choses que les gens pour qui tu votes ont com­bat­tues. D’ailleurs si j’étais pré­sident, je les sup­pri­me­rais pour tous les sa­la­riés qui votent à droite ! Trop fa­cile de cra­cher sur la gauche et de pro­fi­ter de ses bien­faits quand on a pas­sé sa vie à fer­mer sa gueule de­vant ses pa­trons, à ne ja­mais faire la grève en lais­sant les autres se mouiller à sa place. Moi : Je suis im­pa­tient que vous soyez au pou­voir, ca­ma­rade !

Et puis est ar­ri­vé ce­lui qui al­lait trans­for­mer ma vie sexuelle :

— Liberté aux pa­les­ti­niens. L’in­té­griste ca­tho­lique ( kul­kusk­lan ) tue aus­si des êtres hu­mains sale FDP Moi : Le kkk n est pas ca­tho­lique mais pro­tes­tant cu­cul-clan toi même ! — A vé­ri­fier Moi : OK vé­ri­fie et re­viens me voir quand tu veux, ma mère te fe­ra un ta­rif aus­si ré­duit que la taille de ta bite… Alors pris en dé­faut, il fait comme Jean-luc, il en ap­pelle aux ca­ma­rades, à « Les gens ». — Oh les gens, re­gar­dez bien cette page de fa­cho ca­tho, com­ment elle for­mate les gens dans l’in­jure. Y ra­conte que de la merde. On est pas des mou­tons aveugles Moi : Donc vous conve­nez que vous êtes bien des mou­tons mais avec une bonne vue ? — Va te faire en­cu­lé Moi : C’est vrai ? Je peux ? Tu veux bien ?

Et c’est comme ça que grâce aux fiers In­sou­mis, j’ai dé­cou­vert l’amour des hommes. J’ai main­te­nant deux pas­sions dans la vie : Les contre­pè­te­ries et si­non… Jean-luc Mélenchon. Mais pro­fond. •

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