L'es­prit de l'es­ca­lier

Chaque di­manche, à mi­di, sur les ondes de RCJ, la Ra­dio de la Com­mu­nau­té juive, Alain Fin­kiel­kraut com­mente, face à Éli­sa­beth Lévy, l'ac­tua­li­té de la se­maine. Un rythme qui per­met, dit-il, de « s’ar­ra­cher au mag­ma ou flux des hu­meurs ». Vous re­trou­ve­rez s

Causeur - - Sommaire N° 50 – Octobre 2017 - Alain Fin­kiel­kraut

LES PO­LÉ­MIQUES MÉMORIELLES 10 sep­tembre

Dans Le Spec­ta­teur en­ga­gé, Ray­mond Aron évoque une conver­sa­tion avec Sartre au len­de­main de la Li­bé­ra­tion : « Nous nous sommes po­sé la ques­tion : pour­quoi n'y a-t-il pas eu un seul ar­ticle, un seul, qui ait écrit : Bien­ve­nue aux Juifs de re­tour dans la com­mu­nau­té fran­çaise ? Pas même un ar­ticle de Mau­riac. » Mau­riac avait pour­tant vu sous l'oc­cu­pa­tion les wa­gons em­plis d'en­fants juifs ar­ra­chés à leur mère. Et quand il avoua, quelques an­nées plus tard, l'im­pos­si­bi­li­té pour lui de se dé­bar­ras­ser de cette vi­sion à Elie Wie­sel, ce­lui­ci ré­pon­dit sim­ple­ment : « Je suis l'un d'eux. » D'où la belle pré­face de Mau­riac à La Nuit. Mais en 1945, la France avait d'autres chats à fouet­ter. Le 11 no­vembre de cette an­née-là, 15 dé­pouilles mor­telles étaient réunies au­tour de la flamme du Sol­dat in­con­nu : deux ré­sis­tants de l'in­té­rieur, un homme et une femme ; deux dé­por­tés, un homme et une femme – des com­bat­tants et non des « dé­por­tés ra­ciaux » ; un pri­son­nier abat­tu lors d'une éva­sion ; un FFI et en­fin, neuf mi­li­taires des dif­fé­rentes ar­mées et théâtres d'opé­ra­tions. Le dé­por­té ré­sis­tant était un hé­ros, le « dé­por­té ra­cial », comme on di­sait alors, une vic­time. Au sor­tir de la guerre, on pou­vait plaindre les vic­times, mais on cé­lé­brait les hé­ros. Et l'heure, pour la France, ne pou­vait pas être à l'exa­men de conscience. La France avait ga­gné la guerre, elle se ran­geait tout en­tière dans le camp des vain­queurs : « Pa­ris ou­tra­gé, Pa­ris bri­sé, Pa­ris mar­ty­ri­sé, mais Pa­ris li­bé­ré, li­bé­ré par lui­même, li­bé­ré par son peuple avec le con­cours des ar­mées de la France, avec le con­cours et l'ap­pui de la France en­tière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éter­nelle », avait dé­cla­ré le gé­né­ral de Gaulle à Notre-dame, le 25 août 1944. Et, à Georges Bi­dault qui, le même jour, lui pro­po­sait de pro­cla­mer so­len­nel­le­ment la Ré­pu­blique de­vant le peuple ras­sem­blé, de Gaulle fit cette ré­ponse cin­glante : « La Ré­pu­blique n'a ja­mais ces­sé d'être. La France libre, la France com­bat­tante, le Co­mi­té français de la li­bé­ra­tion na­tio­nale, l'ont tour à tour in­cor­po­rée, Vi­chy fut tou­jours et de­meure nul et non ave­nu. Moi-même, je suis le pré­sident du gou­ver­ne­ment de la Ré­pu­blique, pour­quoi irais-je la pro­cla­mer ? » Cette condes­cen­dance pour ceux qui ne doivent pas leur dé­por­ta­tion à leur en­ga­ge­ment et ce grand mythe na­tio­nal n'ont pas ré­sis­té au tra­vail de la mé­moire. La vic­time a été res­tau­rée dans sa di­gni­té et l'illé­gi­ti­mi­té de Vi­chy ne dis­pense plus la France de tout ques­tion­ne­ment sur el­le­même. Il faut s'en ré­jouir. Mais, en di­sant, le 16 juillet 1995, qu'avec la rafle du Vel d'hiv', la France avait com­mis l'ir­ré­pa­rable, Jacques Chi­rac a ren­ver­sé l'af­fir­ma­tion du gé­né­ral de Gaulle au lieu de la pro­blé­ma­ti­ser. Il est pas­sé de la fier­té na­tio­nale à la culpa­bi­li­té na­tio­nale, de la cé­lé­bra­tion de la gran­deur à l'ex­pia­tion du crime, et ses suc­ces­seurs, comme gri­sés de re­pen­tance, ont vou­lu lais­ser leur marque en al­lant tou­jours un peu plus loin. Chaque dis­cours était une per­for­mance pé­ni­ten­tielle

et chaque perf' ap­pe­lait son dé­pas­se­ment. Au dî­ner du CRIF de fé­vrier 2012, Fran­çois Fillon, Pre­mier mi­nistre, s'est ex­cla­mé : « Les Eu­ro­péens ont eu l'idée folle de la Shoah, la France et l'al­le­magne. » Fran­çois Hol­lande a en­ta­mé son man­dat par ces mots bien sen­tis : « La vé­ri­té, c'est que ce crime fut com­mis en France par la France ! » Comme si rap­pe­ler que l'ordre ve­nait des na­zis eût at­té­nué la res­pon­sa­bi­li­té de la po­lice fran­çaise. Et le nou­veau pré­sident n'a pas vou­lu être en reste. Il a donc ra­jou­té : la France, la France seule, était cou­pable, et la rafle avait com­men­cé bien avant le 16 juillet 1942, bien avant la dé­faite, l'ar­mis­tice et le choix par Vi­chy de la col­la­bo­ra­tion avec l'al­le­magne. « Le ra­cisme et l'an­ti­sé­mi­tisme étaient pré­sents dans la IIIE Ré­pu­blique, a dit Ma­cron, l'af­faire Drey­fus en avait mon­tré la vi­ru­lence. » Quel manque de sen­si­bi­li­té his­to­rique ! Au monde aba­sour­di, l'af­faire Drey­fus avait mon­tré tout autre chose : un ca­pi­taine de l'ar­mée fran­çaise condam­né pour haute tra­hi­son, des in­tel­lec­tuels qui veulent ju­ger sur pièces, un dé­bat qui s'en­flamme et, fait sans pré­cé­dent dans l'his­toire eu­ro­péenne, le pays tout en­tier di­vi­sé au­tour du sort d'un Juif. « L'af­faire d'un seul est de­ve­nue l'af­faire de tous », comme l'a dit Cle­men­ceau et Drey­fus a été ré­ha­bi­li­té. Ce qui fait que Le­vi­nas, ar­ri­vé en France en 1923 et re­ce­vant l'en­sei­gne­ment de maîtres qui avaient été ado­les­cents lors de l'af­faire Drey­fus, a pu par­ler de la vi­sion éblouis­sante pour un nou­veau ve­nu d'un « peuple qui égale l'hu­ma­ni­té » et d'une « na­tion à la­quelle on peut s'at­ta­cher par l'es­prit et par le coeur aus­si for­te­ment que par les ra­cines. » Le dis­cours pro­non­cé par le nou­veau pré­sident en hom­mage aux vic­times de la rafle du Vel d'hiv' a bles­sé Paul Thi­baud comme Français et comme in­tel­lec­tuel sou­cieux de la vé­ri­té. Je le com­prends. Car dire que la France seule a com­mis l'ir­ré­pa­rable et qu'elle s'y pré­pa­rait de longue date, si­non de­puis tou­jours, c'est non seule­ment gom­mer l'al­le­magne hit­lé­rienne, c'est ou­blier la France com­bat­tante, c'est ou­blier que les ré­sis­tants se sont bat­tus pour la France, et que de Gaulle di­ri­geait un gou­ver­ne­ment qui re­pré­sen­tait la France au­près des Al­liés. On re­con­naît, certes, qu'il y eut des hé­ros, mais le sens de leur com­bat de­vient, comme na­guère Vi­chy, nul et non ave­nu. Certes, la pré­séance des dé­por­tés ré­sis­tants sur les dé­por­tés ra­ciaux avait quelque chose d'in­sup­por­table, mais de­vons-nous, nous, Juifs, nous ven­ger en fai­sant fi de la mé­moire de la Ré­sis­tance ? Les « fils et filles des dé­por­tés juifs de France » ont ache­té une pleine page du Fi­ga­ro pour af­fi­cher le dis­cours d'em­ma­nuel Ma­cron. Avant de crier aus­si os­ten­si­ble­ment vic­toire, ils au­raient dû se sou­ve­nir que les ré­sis­tants n'ont pas de « fils et filles » et que la mé­moire de ce qu'ils furent et de la cause pour la­quelle ils ont com­bat­tu nous in­combe donc à tous, qui que nous soyons. Je se­rai même plus pré­cis : la Ré­sis­tance ne se trans­met pas de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion. Les Juifs se doivent donc de ne pas pro­fi­ter de leur avan­tage et de veiller sur elle, de lui faire une place. S'il avait vou­lu al­lier la jus­tesse et la jus­tice, Jacques Chi­rac au­rait dû dire : « L'état français a com­mis l'ir­ré­pa­rable. » Il au­rait alors ces­sé d'exo­né­rer la France sans l'in­cri­mi­ner en bloc. La vé­ri­té au­rait été res­pec­tée et, avec elle, ceux qui tels Jacques Ma­ri­tain, dé­non­çaient dès dé­cembre 1942 les lois an­ti­sé­mites de Vi­chy « avec leur cor­tège de bas­sesse mo­rale et de cruau­té », ain­si que « cette chose qui n'avait ja­mais souillé notre his­toire, la vio­la­tion du droit d'asile, la li­vrai­son des ré­fu­giés étran­gers et des Juifs na­tu­ra­li­sés français » et qui, en même temps, re­fu­saient à ce « pseu­do-gou­ver­ne­ment » le droit de par­ler comme s'il était la France. Pas de « en même temps », ce coup­ci, pour Ma­cron, car, comme le re­mar- →

quait dé­jà Phi­lippe Bur­rin dans Les Lieux de mé­moire, Vi­chy a chan­gé de si­gni­fi­ca­tion. On est pas­sé d'un ré­gime cou­pable d'avoir lé­sé une per­sonne col­lec­tive, la France, à un ré­gime cou­pable d'avoir lé­sé les droits de l'homme. Mais la France est-elle en­core une pa­trie si elle n'est que la pa­trie des droits de l'homme ? Croi­ton vrai­ment qu'on va ré­sor­ber la frac­ture fran­çaise par la lutte in­ces­sante, in­las­sable, ob­ses­sion­nelle contre les dis­cri­mi­na­tions, et par la pro­mo­tion du ra­cisme et de l'an­ti­sé­mi­tisme au rang de prin­cipe ex­pli­ca­tif unique de l'his­toire de la na­tion ? Ce choix exa­cerbe la concur­rence vic­ti­maire. La mé­moire, la France et les Juifs ont tout à y perdre. Ma­cron lui-même s'en rend compte puisque, dans le même dis­cours, il de­mande so­len­nel­le­ment que toute la lu­mière soit faite sur l'as­sas­si­nat de Sa­rah Ha­li­mi, et il dé­nonce cou­ra­geu­se­ment l'an­ti­sio­nisme comme la forme ré­in­ven­tée de l'an­ti­sé­mi­tisme. Le grand rab­bin de France n'a que faire de ces sub­ti­li­tés. Toute re­mise en cause du grand ac­quis chi­ra­quien est à ses yeux sus­pecte. Dans sa ré­ponse mé­pri­sante à Paul Thi­baud, il fait même du zèle ac­cu­sa­toire : ce n'est pas seule­ment la IIIE Ré­pu­blique, c'est la France contem­po­raine qui doit rendre des comptes. Le por­trait de La­val n'est-il pas ac­cro­ché sur un mur du mi­nis­tère de la Jus­tice ? Et ce­lui de Pé­tain au mi­nis­tère des Ar­mées ? Avant Vi­chy, en ef­fet, La­val et Pé­tain ont été mi­nistres de la Ré­pu­blique et tous les por­traits des ti­tu­laires de ces postes fi­gurent dans les dif­fé­rents pa­lais de la Ré­pu­blique. Faut-il les faire dis­pa­raître ? Faut-il les ef­fa­cer de la mé­moire et de l'his­toire pour bien mon­trer qu'on a ter­ras­sé le dra­gon ? Les morts dont nous avons la garde mé­ritent mieux que cette sur­en­chère in­sen­sée.

LA DROITE ET LA GAUCHE 17 sep­tembre

Dans son der­nier livre, Épi­logue, Gé­rard Ge­nette écrit qu'il ap­par­tient à un mi­lieu so­cio­pro­fes­sion­nel où la « gau­chi­tude » est ce que Di­de­rot qua­li­fiait d'« idio­tisme de mé­tier », c'est-à-dire un point d'hon­neur idéo­lo­gique aus­si peu exa­mi­né qu'ailleurs la croyance en l'as­somp­tion de la Vierge. Je n'ai pas le même âge que Ge­nette, mais évo­luant dans le même mi­lieu, je pour­rais re­prendre cette re­marque à mon compte. Et il se trouve que je me suis dé­ta­ché de la croyance spon­ta­née qui était la mienne : la « gau­chi­tude », pour moi, ne va plus de soi. Et c'est aux pen­seurs d'eu­rope cen­trale que je dois d'avoir re­mis en ques­tion ce point d'hon­neur idéo­lo­gique. Dans une nou­velle de Ri­sibles Amours, Mi­lan Kun­de­ra ra­conte les mésa­ven­tures d'édouard, ins­ti­tu­teur dans une pe­tite ville de Bo­hême. Ce­lui-ci cour­tise ar­dem­ment une jeune fille très croyante. Il l'ac­com­pagne donc à l'église et pour qu'elle daigne en­fin cou­cher avec lui, il fait, un jour, le signe de croix avec une agres­sive os­ten­ta­tion. Le con­cierge de l'école le voit, il est donc convo­qué, quatre juges l'en­tendent et, pour s'en sor­tir, il avoue qu'il ai­me­rait ne pas croire en Dieu, mais qu'à sa grande honte, il n'y ar­rive pas. Son ju­ry est at­ten­dri car, écrit Kun­de­ra, « le ré­vo­lu­tion­naire le plus ri­gou­reux ne voit dans la vio­lence qu'un mal né­ces­saire, alors que le Bien de la Ré­vo­lu­tion, c'est la ré­édu­ca­tion ». Comme le dit l'ins­pec­teur ve­nu tout ex­près exa­mi­ner son cas : « La lutte entre l'an­cien et le nou­veau a lieu non seule­ment entre les classes, mais en chaque in­di­vi­du. C'est à ce com­bat que nous as­sis­tons chez le ca­ma­rade : il sait, mais sa sen­si­bi­li­té le ra­mène en ar­rière, nous de­vons ai­der le ca­ma­rade pour que sa rai­son l'em­porte. » Un autre Tchèque, le phi­lo­sophe Vá­clav Bě­loh­rad­ský, a don­né toute sa por­tée à la nou­velle de Kun­de­ra : « L'état so­vié­tique est l'ex­pres­sion la plus au­then­tique de ce sou­ci de mar­cher dans le sens de l'his­toire qui com­mande la sub­jec­ti­vi­té mo­derne. Qui se lève contre le so­leil de la rai­son, qui en­trave la marche du sens de l'his­toire tombe en de­hors de l'hu­ma­ni­té, de­vient un in­fil­tré de l'em­pire de l'in­hu­main. Contre lui, ceux qui ont le sou­ci de l'hu­ma­ni­té ont en­ga­gé une lutte im­pi­toyable. » Le par­ti de l'ave­nir sé­pare les vi­vants des sur­vi­vants, ceux qui ap­par­tiennent au pré­sent et ceux qui ap­par­tiennent au pas­sé, à un temps ré­vo­lu dont ils ne sont que les ves­tiges. On n'est donc pas quitte avec le com­mu­nisme quand on se contente de dé­non­cer l'hor­reur des camps sta­li­niens. Il faut op­po­ser l'éla­bo­ra­tion en com­mun du sens à l'idée d'un sens de l'his­toire. Or, la gau­chi­tude se fonde sur la cer­ti­tude ar­ro­gante d'in­car­ner la marche du monde. Le mot « com­mu­nisme » a qua­si­ment dis­pa­ru du vo­ca­bu­laire de la gauche, le mot « dé­mo­cra­tie » l'a rem­pla­cé, mais ce n'est pas au sens po­li­tique de dé­li­bé­ra­tion, c'est au sens pro­gres­siste d'un mou­ve­ment ir­ré­sis­tible vers la li­ber­té et la lu­mière. Que sont, dans cette op­tique, les ad­ver­saires de la pro­créa­tion

mé­di­ca­le­ment as­sis­tée pour tous, si­non les in­fil­trés de l'em­pire de l'in­éga­li­té et de la dis­cri­mi­na­tion ? Ne de­vrait-on pas ce­pen­dant pou­voir s'in­ter­ro­ger sur la conver­gence ac­tuelle de deux em­bal­le­ments : l'em­bal­le­ment des droits sub­jec­tifs avec l'émer­gence d'un droit à l'en­fant et l'em­bal­le­ment de la tech­nique qui fait en­trer l'homme lui-même dans l'ère de la fa­bri­ca­tion ? Il n'y a pas d'un cô­té les vi­vants, de l'autre les sur­vi­vants. Nous sommes tous des vi­vants tâ­ton­nants. Mais la gauche n'est pas seule­ment le par­ti de l'ave­nir. Elle dé­fend aus­si les faibles. Et cette dé­fense qui m'a fait na­guère choi­sir ce camp la conduit au­jourd'hui à fer­mer les yeux sur l'an­ti­sé­mi­tisme, le sexisme et la fran­co­pho­bie qui sé­vissent dans les quar­tiers « po­pu­laires » ou, quand elle consent à en re­con­naître l'exis­tence, à la dé­duire de la dis­cri­mi­na­tion et de l'in­éga­li­té. Les cou­pables de­viennent les vic­times et deux icônes de la gau­chi­tude, la ro­man­cière Annie Er­naux et le ci­néaste Ro­bin Cam­pillo érigent au­jourd'hui en mo­dèles de la lutte an­ti­ra­ciste les In­di­gènes de la Ré­pu­blique et leur pas­sio­na­ria Hou­ria Bou­teld­ja, qui se fait pho­to­gra­phier à cô­té d'un écri­teau où l'on peut lire : « Les sio­nistes au gou­lag ! » Et puis il y a la ques­tion de l'école. L'en­fer sco­laire est pa­vé des meilleures in­ten­tions éga­li­taires : c'est pour fa­vo­ri­ser les dé­fa­vo­ri­sés qu'on a mar­gi­na­li­sé à l'école une culture pa­tri­mo­niale cen­sée avan­ta­ger les hé­ri­tiers et qu'on a sup­pri­mé la sé­lec­tion. Ré­sul­tat : le ni­veau s'est ef­fon­dré et les pa­rents qui peuvent se le per­mettre contournent la carte sco­laire ou mettent leurs en­fants dans l'en­sei­gne­ment pri­vé. On en ar­rive ain­si, au nom de l'éga­li­té, à tra­hir l'idéal de l'éga­li­té des chances. Le nou­veau mi­nistre de l'édu­ca­tion na­tio­nale fait ce diag­nos­tic, il cherche des re­mèdes, et le par­ti au­to­pro­cla­mé des faibles tire sur lui à bou­lets rouges : il est ré­tro, il est ré­ac, il est conser­va­teur ! J'en conclus donc que c'est parce que je suis de gauche que je ne suis plus de gauche. •

Dis­cours de Jacques Chi­rac lors des cé­ré­mo­nies com­mé­mo­ra­tives de la rafle du Vél'd'hiv, 16 juillet 1995.

« Marche de la di­gni­té » du 19 mars 2017, sou­te­nue par le PIR et la plu­part des par­tis de gauche.

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