Trump, l'in­dé­bou­lon­nable

Mal­gré ses er­reurs po­li­tiques en sé­rie, Trump reste l'idole des 50 % d'amé­ri­cains qui l'ont élu. Pour les pe­tits Blancs, le pré­sident est en­core et tou­jours le rem­part contre le dé­clas­se­ment, le mul­ti­cul­tu­ra­lisme et l'ar­ro­gance des élites.

Causeur - - Sommaire N° 50 – Octobre 2017 - Ma­thieu Bock-cô­té

L'Amé­rique de Do­nald Trump ! Cette for­mule ré­pé­tée avec ef­froi de­puis près d'un an main­te­nant est por­teuse de deux si­gni­fi­ca­tions. Tout d'abord, elle peut faire ré­fé­rence à ce que de­vien­dront les Étatsu­nis sous la pré­si­dence de Trump : on ima­gine une Amé­rique à la fois bel­li­queuse et er­ra­tique sur le plan in­ter­na­tio­nal, et qui se­rait tra­ver­sée en in­terne par des lé­zardes so­ciales et ra­ciales dé­gé­né­rant jus­qu'à une vio­lence ur­baine de plus en plus nor­ma­li­sée. En ré­su­mé, l'amé­rique, au­tre­fois hé­gé­mo­nique et au­jourd'hui se­couée par l'émer­gence d'un monde mul­ti­po­laire qu'elle ne do­mine plus, se se­rait don­né un pré­sident vo­lon­ta­riste pré­ten­dant ren­ver­ser le sens de l'his­toire, mais dont les ges­ti­cu­la­tions pa­thé­tiques l'en­fon­ce­raient plu­tôt dans la dé­ca­dence. Mais cette ex­pres­sion peut aus­si dé­si­gner plus par­ti­cu­liè­re­ment la part de l'amé­rique qui s'est re­con­nue dans la cam­pagne de Trump et qui, en­core au­jourd'hui, le sou­tient de ma­nière presque in­con­di­tion­nelle, mal­gré la cam­pagne de presse qua­si per­ma­nente dont il est la cible. Au­tre­ment dit, on parle de cette frange de l'amé­rique en si­tua­tion d'in­sur­rec­tion et qui conti­nue de voir en Trump l'homme ca­pable de faire écho à sa ré­volte, à la ma­nière d'un dis­si­dent ve­nu de l'over­class, prêt à me­ner une nou­velle guerre des classes. C'est cette deuxième si­gni­fi­ca­tion qui m'in­té­res­se­ra ici. Dans les der­nières se­maines de la cam­pagne pré­si­den­tielle de 2016, Hi­la­ry Clin­ton avait elle-même fait un por­trait au vi­triol des sou­tiens de son ad­ver­saire, en les ré­dui­sant à un « ras­sem­ble­ment de pau­més » (a basket of de­plo­rables). En clair, Trump sé­dui­sait et mo­bi­li­sait la lie de la so­cié­té amé­ri­caine avec un dis­cours ra­di­ca­le­ment an­xio­gène. De fait, Trump avait re­çu l'ap­pui de l'ex­trême droite amé­ri­caine, mais il fal­lait être de mau­vaise foi pour faire de ces sou­tiens sur­ex­po­sés par le sys­tème mé­dia­tique le coeur de son élec­to­rat, qui a lar­ge­ment dé­bor­dé la base tra­di­tion­nelle ré­pu­bli­caine. Trump était da­van­tage le can­di­dat des in­dé­pen­dants que des re­pré­sen­tants du conser­va­tisme of­fi­ciel, qui l'ac­cu­sèrent de s'éloi­gner des axes tra­di­tion­nels de la po­li­tique ré­pu­bli­caine, qu'il s'agisse de la di­plo­ma­tie « im­pé­riale » au ser­vice de la « dé­mo­cra­tie », de la cri­tique du big go­vern­ment ou de la pro­mo­tion de l'éco­no­mie de mar­ché. Au contraire, Trump pro­po­sait une forme de re­tour au réa­lisme di­plo­ma­tique et pré­ten­dait ser­vir da­van­tage les in­té­rêts de Main Street que de Wall Street : c'était le can­di­dat du na­tio­na­lisme éco­no­mique en lutte contre le libre-échan­gisme gé­né­ra­li­sé. Tou­te­fois, c'est sur­tout en s'at­ta­quant sé­vè­re­ment à l'im­mi­gra­tion mas­sive, et plus par­ti­cu­liè­re­ment à l'im­mi­gra­tion illé­gale, que Do­nald Trump a dy­na­mi­sé sa cam­pagne et pro­vo­qué l'écla­te­ment de la vie po­li­tique amé­ri­caine. On peut à bon droit sou­te­nir que Trump éruc­tait plus qu'il ne par­lait et qu'il avait dé­jà épou­sé des po­si­tions ab­so­lu­ment contraires. Il n'em­pêche que c'est avec ce pro­gramme, en tout cas avec ce dis­cours, qu'il a rem­por­té la pré­si­dence alors que la plu­part des ana­lystes ne lui ac­cor­daient au­cune chance de vic­toire. Cette vi­sion – as­so­ciée à Steve Ban­non, le stra­tège mau­dit de la droite amé­ri­caine, qui a sui­vi Trump à la Mai­sonb­lanche en jan­vier avant de la quit­ter à la fin de l'été – ne ve­nait pas de nulle part. Elle avait dé­jà été por­tée pen­dant les an­nées 1990 par Pa­trick J. Bu­cha­nan, une fi­gure ma­jeure du po­pu­lisme ré­pu­bli­cain, qui est par­ve­nu, en 1992 et en 1996, à faire trem­bler les élites de son par­ti, avant de s'en faire chasser peu à peu, comme s'il n'était plus pos­sible pour sa sen­si­bi­li­té de s'y faire en­tendre et res­pec­ter. En d'autres mots, la vic­toire de Trump re­po­sait moins sur sa cé­lé­bri­té que sur sa ca­pa­ci­té in­dé­niable à ca­na­li­ser un cou­rant po­li­tique mé­dia­ti­que­ment « in­vi­si­bi­li­sé » (mais qui n'en de­meu­rait pas moins ac­tif dans les pro­fon­deurs de la so­cié­té amé­ri­caine). Trump a consciem­ment cher­ché à trans­gres­ser, de la ma­nière la plus bru­tale qui soit et sou­vent de ma­nière gros­sière et gro­tesque, les codes du po­li­ti­que­ment cor­rect. Pour em­prun­ter un concept à la po­li­to­lo­gie fran­çaise, Trump a su cap­ter et ca­na­li­ser l'in­sé­cu­ri­té cultu­relle amé­ri­caine. On a ten­dance, un peu trop ra­pi­de­ment, à ré­duire celle-ci à sa di­men­sion ra­ciale, ce qui n'est pas sur­pre­nant, par ailleurs, dans un pays qui connaît au­jourd'hui une sur­chauffe des ten­sions in­ter­com­mu­nau­taires. Parce qu'on se re­pré­sente fa­ci­le­ment l'amé­rique comme un grand pays uni­ver­sa­liste, qui se se­rait construit de­puis ses ori­gines grâce aux vagues suc­ces­sives d'im­mi­gra­tion ayant dé­fer­lé sur lui, on en vient à ou­blier qu'elle a une iden­ti­té na­tio­nale propre qu'on ne sau­rait ré­duire aux pro­messes de l'ame­ri­can Dream. En d'autres mots, l'amé­rique n'est pas qu'une na­tion­cre­do, mais est aus­si une na­tion-hé­ri­tage. Il y a une na­tion his­to­rique amé­ri­caine et elle se sent fragilisée, no­tam­ment par l'his­pa­ni­sa­tion ac­cé­lé­rée des États du Sud. On a vu se mul­ti­plier, au fil des ans, les lois as­su­rant le sta­tut de l'an­glais aux États-unis, comme s'il y était me­na­cé, ce qui semble dif­fi­ci­le­ment conce­vable pour ceux qui su­bissent chez eux l'hé­gé­mo- →

nie de la « langue de la mon­dia­li­sa­tion ». Pour­tant, les Amé­ri­cains sont de plus en plus nom­breux à se sen­tir étran­gers chez eux et à avoir l'im­pres­sion que l'amé­rique his­to­rique se di­lue dans un mul­ti­cul­tu­ra­lisme ex­trême, où la lé­gi­ti­mi­té même du pays est dis­qua­li­fiée.

Re­ve­nons-y : il se­rait sot de nier que la di­men­sion ra­ciale soit ab­sente du ma­laise iden­ti­taire amé­ri­cain, ne se­rait-ce que parce que nous par­lons d'un pays où la conscience ra­ciale est gé­né­ra­le­ment dé­com­plexée, à tout le moins, chez les mi­no­ri­tés. Mais la pers­pec­tive sou­vent an­non­cée d'une Amé­rique mi­no­ri­tai­re­ment blanche d'ici 2050 ré­veille aus­si la conscience com­mu­nau­taire de la po­pu­la­tion d'as­cen­dance eu­ro­péenne, qu'il s'agisse des WASP ou des « Eth­nic Whites ». Cette pers­pec­tive dé­mo­gra­phique se trans­forme alors en fan­tasme po­li­tique ali­men­tant une mou­vance qui hé­site entre le su­pré­ma­tisme blanc et le sur­vi­va­lisme eth­nique. C'est elle qui s'est fait en­tendre en août à Char­lot­tes­ville.

Ce­pen­dant, on au­rait tort de ré­duire l'in­sé­cu­ri­té cultu­relle amé­ri­caine à cette mou­vance ex­tré­miste. L'amé­rique, de­puis le dé­but des an­nées 1990, vit au rythme de la guerre cultu­relle. La cri­tique du mul­ti­cul­tu­ra­lisme amé­ri­cain re­monte au dé­but des an­nées 1990, au mo­ment de la contro­verse des Na­tio­nal Stan­dards, quand la gauche mul­ti­cul­tu­ra­liste a cher­ché à re­fon­der l'ima­gi­naire his­to­rique du pays, ce­lui-ci n'étant plus dé­fi­ni comme une na­tion is­sue de la ci­vi­li­sa­tion oc­ci­den­tale, mais comme une di­ver­si­té de peuples is­sue du croi­se­ment de nom­breuses ci­vi­li­sa­tions. La ma­jo­ri­té a vé­cu cette re­dé­fi­ni­tion iden­ti­taire comme une agres­sion cultu­relle. Les nom­breux dé­bats sur la dis­cri­mi­na­tion po­si­tive et les autres formes de pri­vi­lèges eth­niques qui heurtent à la fois l'in­di­vi­dua­lisme amé­ri­cain et l'exi­gence d'éga­li­té dé­mo­cra­tique ont aus­si pas­sa­ble­ment ac­cru les ten­sions.

Il suf­fit de se tour­ner vers l'oeuvre de Sa­muel Hun­ting­ton pour s'en convaincre. En 2004, le cé­lèbre po­li­to­logue avait si­gné un ou­vrage ma­jeur, Who are We ?, dans le­quel il po­sait ou­ver­te­ment la ques­tion de l'iden­ti­té amé­ri­caine. S'op­po­sant di­rec­te­ment à l'idéo­lo­gie mul­ti­cul­tu­ra­liste et s'in­quié­tant de la dé­na­tio­na­li­sa­tion des élites amé­ri­caines, de­ve­nues in­sen­sibles aux pré­oc­cu­pa­tions de leur propre peuple, il cher­chait à pen­ser les condi­tions d'une re­nais­sance de cette iden­ti­té et, plus exac­te­ment, à dé­fi­nir son noyau exis­ten­tiel qu'il était im­pé­ra­tif de pré­ser­ver pour que le pays de­meure fi­dèle à lui-même. Mais si Hun­ting­ton as­so­ciait cette culture à l'hé­ri­tage fon­da­teur du pays, il ne vou­lait pas l'y en­fer­mer : il te­nait ab­so­lu­ment à dis­so­cier la culture de l'eth­nie, en rap­pe­lant que l'iden­ti­té amé­ri­caine dis­po­sait d'une vraie puis­sance d'in­té­gra­tion. Des gens ve­nant de par­tout à tra­vers le monde pou­vaient se l'ap­pro­prier : en­core fal­lait-il l'as­su­mer et vou­loir la trans­mettre. En d'autres mots, les ra­cines his­to­riques les plus pro­fondes qui avaient ali­men­té pen­dant long­temps une Amé­rique d'as­cen­dance eu­ro­péenne pou­vaient aus­si nour­rir l'iden­ti­té des po­pu­la­tions im­mi­grées. Hun­ting­ton es­pé­rait sor­tir l'amé­rique d'un faux dé­bat où elle de­vrait soit se dé­fi­nir dans l'uni­ver­sa­li­té dés­in­car­née, soit dans la ré­gres­sion ra­cia­liste. Si son livre a été ac­cueilli à la ma­nière d'un scan­dale à sa sor­tie, on constate au­jourd'hui qu'il avait com­pris l'époque dans la­quelle en­trait son pays.

Nous sommes à l'heure où l'amé­rique re­dé­couvre en quelque sorte sa sin­gu­la­ri­té his­to­rique. Elle se voyait comme un em­pire exem­plaire cen­sé ins­pi­rer l'en­semble de l'hu­ma­ni­té par son mo­dèle ci­vi­li­sa­tion­nel. Elle est obli­gée de se re­dé­cou­vrir comme na­tion et comme peuple, mais au mo­ment où elle cherche à re­nouer avec son hé­ri­tage cultu­rel, elle le dé­couvre écla­té et conflic­tuel. Et cha­cune de ses com­po­santes est alors ten­tée de re­con­qué­rir son pays, comme si elle en avait été dé­pos­sé­dée. L'amé­rique his­to­rique, qui se sent as­sié­gée et fragilisée, veut re­nouer avec une cer­taine idée de l'amé­rique comme pays oc­ci­den­tal. L'amé­rique mul­ti­cul­tu­relle en­tend plu­tôt par­ache­ver la re­cons­truc­tion du pays en ré­pu­blique cos­mo­po­li­tique se dé­fi­nis­sant par son mes­sia­nisme uni­ver­sa­liste – c'est en elle que vien­drait mou­rir le vieux monde pour que sur­gisse une hu­ma­ni­té di­ver­si­taire dont elle se­rait le la­bo­ra­toire. L'amé­rique trum­pienne suc­cède à celle de Ba­rack Oba­ma, qui n'est pas par­ve­nu à créer une so­cié­té post­ra­ciale, comme il l'es­pé­rait et comme il le pro­met­tait. On ne sau­rait pour au­tant le tour­ner en ri­di­cule. Il s'agis­sait pro­ba­ble­ment d'une mis­sion im­pos­sible : un grand dis­cours peut ras­sem­bler les hommes le temps d'une élec­tion, mais les failles pro­fondes d'un pays fi­nissent tou­jours par se faire sen­tir, qu'on le veuille ou non. Les ten­sions ra­ciales qui re­viennent sont ali­men­tées de tous les cô­tés. S'il y a en­core aux États-unis un vé­ri­table ra­cisme an­ti­noir, on y trouve aus­si un vi­ru­lent ra­cisme an­ti­blanc. Il ne sert à rien de le nier.

Mais si la re­ven­di­ca­tion iden­ti­taire re­naît au coeur de l'amé­rique ma­jo­ri­taire, c'est aus­si parce qu'elle a été dia­bo­li­sée in­croya­ble­ment par une élite uni­ver­si­taire et mé­dia­tique qui se com­plaît glo­ba­le­ment dans le po­li­ti­que­ment cor­rect. Le dé­lire idéo­lo­gique de l'uni­ver­si­té amé­ri­caine, qui en vient à conta­mi­ner la so­cié­té dans son en­semble, sur­va­lo­rise les iden­ti­tés vic­ti­maires, comme si le temps était ve­nu pour elles de sur­gir des marges écra­sées par le co­lo­nia­lisme oc­ci­den­tal, et dé­va-

À chaque fois qu'on fait tom­ber une sta­tue, on ali­mente l'amé­rique trum­pienne en nour­ris­sant son sen­ti­ment d'alié­na­tion.

lo­rise sys­té­ma­ti­que­ment l'iden­ti­té na­tio­nale, comme si cette der­nière était pa­tho­lo­gique et de­vait dis­pa­raître. Le pa­trio­tisme amé­ri­cain, par­tout vi­sible dans une so­cié­té où il est nor­mal d'ac­cro­cher un dra­peau à sa fe­nêtre à n'im­porte quel mo­ment de l'an­née, tend jus­te­ment à se ré­duire à une concep­tion idéa­li­sée du pays, comme s'il por­tait l'idée de tous les re­com­men­ce­ments et où do­mine le dogme se­lon le­quel tous se­raient des im­mi­grants. Un tel dis­cours, toxique par­tout où on l'en­tend, a un ef­fet né­ga­tif sup­plé­men­taire aux Étatsu­nis : il tend aus­si à trans­for­mer la mi­no­ri­té noire en une mi­no­ri­té par­mi d'autres, en niant son ex­pé­rience his­to­rique spé­ci­fique ab­so­lu­ment dou­lou­reuse, qui n'est pas celle d'un groupe im­mi­gré par­mi d'autres. Le mul­ti­cul­tu­ra­lisme fonc­tionne à la ma­nière d'un apla­tis­seur his­to­rique qui vient écra­ser l'his­toire propre de chaque pays, en ré­dui­sant les rap­ports so­ciaux à un jeu à somme nulle entre une ma­jo­ri­té né­ces­sai­re­ment étouf­fante et des mi­no­ri­tés né­ces­sai­re­ment do­mi­nées qu'il fau­drait pous­ser à la ré­bel­lion.

C'est en ayant en tête cet ar­rière-fond po­li­ti­co-his­to­rique que l'on com­pren­dra mieux les évé­ne­ments de Char­lot­tes­ville. L'ex­trême droite et l'ex­trême gauche se sont af­fron­tées de ma­nière à la fois ter­ri­fiante et ubuesque, comme si le pays était condam­né à un af­fron­te­ment entre le ra­cisme et la haine de la na­tion, entre la nos­tal­gie confé­dé­rée et le dé­bou­lon­nage ma­niaque des sta­tues. De sorte que le dé­bat iden­ti­taire amé­ri­cain a été confis­qué par des fa­na­tiques qui le tra­duisent dans la gram­maire de la guerre ci­vile. Une dy­na­mique folle s'est de­puis en­ga­gée, qui semble pous­ser le par­ti mul­ti­cul­tu­ra­liste vers une lo­gique d'éra­di­ca­tion du vieux monde, comme on l'a vu à New York, où le maire Bill de Bla­sio a en­vi­sa­gé de dé­bou­lon­ner une sta­tue de Christophe Co­lomb, dé­cré­tée contraire à l'or­tho­doxie di­ver­si­taire. Seule­ment, à chaque fois qu'on fait tom­ber une sta­tue, comme s'il fal­lait ef­fa­cer le pas­sé et le ré­duire à sa part hon­teuse, on ali­mente l'amé­rique trum­pienne en nour­ris­sant son sen­ti­ment d'alié­na­tion. À chaque fois que le po­li­ti­que­ment cor­rect hys­té­rise les re­ven­di­ca­tions vic­ti­maires des uns et des autres, il pousse l'amé­rique dans les bras d'un pré­sident mé­diocre et très sou­vent odieux, mais qui a su don­ner une ex­pres­sion po­li­tique au ma­laise iden­ti­taire amé­ri­cain. •

Do­nald Trump lors d'un mee­ting à Hunts­ville, Ala­ba­ma, 22 sep­tembre 2017.

Af­fron­te­ment entre mi­li­tants an­ti­fas­cistes et na­tio­na­listes lors du ras­sem­ble­ment « Unite the Right » à Char­lot­tes­ville, Vir­gi­nie, 12 août 2017.

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