La pou­pée qui fait oui

Causeur - - Sommaire - Par Jean-paul Li­lien­feld*

À Pa­ris, le pre­mier bor­del de pou­pées vient d'ou­vrir. Dans un lieu se­cret du 14e ar­ron­dis­se­ment, dont l'adresse ne peut être ob­te­nue qu'après ré­ser­va­tion en ligne, des pou­pées mou­lées en si­li­cone pro­posent leurs charmes aux ama­teurs. Criantes de réa­lisme, Li­ly, Kim ou So­phia af­fichent des men­su­ra­tions de man­ne­quins ano­rexiques (ex­cu­sez le pléo­nasme) qui fe­ront hur­ler les mi­li­tantes an­ti-gros­so­pho­bie. Mais c'est en­core Kim qui se pré­sente le mieux : « La­tine, 1,53 m, 38 ki­los. Brune aux yeux verts, j’ai des lèvres char­nues, et des formes très... très... gé­né­reuses », per­sifle la ba­by doll sur le site du bouge. Pour ré­ser­ver un cré­neau avec la pou­pée, pré­voyez 89 eu­ros l'heure en tête-à-tête, 149 eu­ros les ga­li­pettes avec deux belles de jour pour les ama­teurs de jeux à trois. Moyen­nant un pe­tit sup­plé­ment de 20 eu­ros de l'heure, un « masque de réa­li­té ar­ti­fi­cielle » exalte les sens des clients, dont les plus ti­mides op­te­ront pour la li­vrai­son à do­mi­cile (200 eu­ros/heure). Si le mon­sieur Claude mai­son a dé­cla­ré au quo­ti­dien 20 mi­nutes :« Je m’at­ten­dais à une clien­tèle de dé­tra­qués et non, ce sont des gens très nor­maux qui viennent », on peut s'in­ter­ro­ger sur le succès de la pou­pée la plus po­pu­laire. Celle-ci me­sure 1,46 m, pour 26 ki­los, soit les men­su­ra­tions de ma fille à 12 ans. Le bel âge ! « C’est parce qu’elle se ma­nie fa­ci­le­ment », nous ras­sure le maître des lieux. Il est cer­tain qu'un être hu­main qui dit non est beau­coup moins pra­tique... « #metoo ! », ré­cla­me­ront cer­taines. Yes you can : le lan­ce­ment de ro­bots sexuels masculins est an­non­cé pour bien­tôt. Quitte à faire se re­tour­ner Marthe Ri­chard de pro­fun­dis, au­tant jouer la pa­ri­té : do­tés de pé­nis bio­niques, d'une in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle et d'une per­son­na­li­té, ces gent­le­men du plai­sir pour­ront par­ler, ap­prendre et sa­tis­faire les moindres dé­si­rs sexuels de leurs client(e)s. Ils se ven­dront en­vi­ron 10 000 eu­ros pièce, ce qui – à court terme – re­vient sen­si­ble­ment plus cher qu'une pou­pée féminine. Le pa­triar­cat se niche vrai­ment par­tout. • * Re­trou­vez les vi­déos ins­pi­rées des brèves de Jean-paul Li­lien­feld sur sa chaîne You­tube :« JPL fait des K7 chouettes ».

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