Cou­ché dans la bet­te­rave, avec le so­leil pour té­moin

Connaissance de la Chasse - - Photos Choc - Pierre Croix­val

3 juillet, en plaine pi­carde. Notre col­la­bo­ra­teur, Olivier Bû­che­ron, par­court la plaine à l’af­fût des che­vreuils en pré-rut. À 150 mètres, il re­père un ani­mal dans un champ de bet­te­raves. Il connaît ce bro­card au masque par­ti­cu­liè­re­ment clair, âgé de 4-5 ans. Il porte ici cinq cors, et une ra­mure bien moyenne qu’Olivier dé­cide de mieux voir, et pour ce­la dé­cide de s’en ap­pro­cher à pied, à bon vent et dans un si­lence ab­so­lu. Dès dé­but mai, lorsque les pre­mières feuilles de bet­te­raves su­crières at­teignent 10 cm en­vi­ron, les che­vreuils re­joignent ces cultures et s’en re­paissent. Plus le temps passe, et plus l’es­pèce va trou­ver re­fuge dans ces océans de ver­dure at­tei­gnant 50 cm de haut. Le che­vreuil s’y nour­rit, et s’y re­pose en toute tran­quilli­té, car cou­ché il passe in­aper­çu ; le seul mou­ve­ment des oreilles peut le trahir. Jus­qu’à la ré­colte, de fin à sep­tembre à cou­rant no­vembre, les che­vreuils – bro­cards, che­vrettes et faons – peuvent élire do­mi­cile et même ru­ter dans ces cultures. Les der­nières sur pied avec le maïs. Les der­niers re­fuges de la plaine… Olivier nous ra­conte : « Lorsque j’ai com­men­cé à ap­pro­cher le che­vreuil, ce­lui-ci s’est cou­ché. Aus­si ai-je pris un point de re­père, une herbe haute iso­lée. Et heu­reu­se­ment que j’avais trou­vé cet in­dice, car j’ai bien failli ne pas re­trou­ver l’ani­mal. À 10 mètres, je ne le voyais pas. Il a fal­lu que très len­te­ment, je l’ap­proche à 5 mètres pour pou­voir faire ce por­trait. L’ani­mal se croyait in­vi­sible. Il l’était presque ! »

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