Dé­part d’une fi­gure de la chasse

Connaissance de la Chasse - - Étranger -

Nombre de chas­seurs ayant fré­quen­té de­puis le dé­but des an­nées 2000 le Bur­ki­na Fa­so ont, à la fin de leur sa­fa­ri, croi­sé à Oua­ga­dou­gou, le tran­si­taire Jean-Louis Lebeuf pour ré­gler le ra­pa­trie­ment de leurs tro­phées. Fon­da­teur de l’en­seigne Cour­tage In­ter­na­tio­nal, grand connais­seur de l’Afrique et de la chasse, ce per­son­nage at­ta­chant s’est éteint à la mi­no­vembre 2014, à l’âge de 73 ans, des suites d’une longue ma­la­die. Na­tif de l’Oise, il s’était ex­pa­trié pour la pre­mière fois en 1971 au Ca­me­roun, à Doua­la, où il a tra­vaillé dans le tran­sit in­ter­na­tio­nal pour la Soaem (le groupe Bol­lo­ré d’au­jourd’hui). En 1972, au Ga­bon, à Li­bre­ville et en 1973 à Port Gen­til. En 1974, il ar­rive à Nouadhi­bou, en Mau­ri­ta­nie, pose ses va­lises de 1975 à 1979 à Da­kar, au Sé­né­gal. À l’is­sue de ce sé­jour, Jean-Louis rentre en France en 1980 et crée à Or­ly, en 1981, sa pre­mière en­tre­prise de tran­sit in­ter­na­tio­nal « Air Freight Col­lec­tors » qu’il re­vend ra­pi­de­ment à son as­so­cié pour fon­der, à Rois­sy cette fois, en 1983, « Tran­sit Air Ex­press ». C’est là qu’il com­mence à mettre en place des pro­cé­dures de dé­doua­ne­ment des tro­phées de chasse en tra­vaillant avec le taxi­der­miste Michel Val­lier. En 1988, l’ap­pel de l’Afrique est si fort qu’il re­vend son en­tre­prise et part pour un an au Sé­né­gal, tou­jours pour exer­cer dans le trans­port et le tran­sit. Un an plus tard, en 1989, il s’as­so­cie avec M. De­tre­me­rie et crée Co­mores Sa­fa­ri Ser­vices. Le pre­mier gé­rait le bu­si­ness des tro­phées et l’autre ce­lui des Co­mores. À par­tir du dé­but des an­nées 1990, Jean-Louis ajoute une corde à son arc en par­tant tra­vailler le temps de la sai­son de chasse au Bur­ki­na Fa­so, sur le cam­pe­ment du Lion à Ou­ga­rou qui est alors gé­ré par Serge Aguière. Il passe ain­si six mois en France pour ses af­faires de tran­sit et six mois en brousse à gui­der et à gé­rer la lo­gis­tique. En 1994, il re­joint la Rca avec Ray­mond Fe­comme. Il s’oc­cupe de la lo­gis­tique et du ra­pa­trie­ment des tro­phées. À la mi-1996, les émeutes le font quit­ter Ban­gui pré­ci­pi­tam­ment pour Li­bre­ville puis la France. Il a tout per­du en Rca. Après quelques courts mois dans l’Hexa­gone, il file à nou­veau en fin 1996 vers le Bur­ki­na Fa­so et s’ins­talle à Oua­ga­dou­gou. Il exerce alors une sai­son sur la zone de Koa­kra­na, ex­ploi­tée par la com­pa­gnie « Gourm­mou Sa­fa­ri » de Pa­trick Bé­riou. Dans le même temps, Jean-Louis gé­rait le ra­pa­trie­ment des tro­phées. La so­cié­té Cour­tage In­ter­na­tio­nal voit bien­tôt le jour. En 2008, Pa­trick Bé­riou in­tègre cette struc­ture. Les deux hommes s’en­tendent très bien et s’as­so­cient. En 2011, Jean-Louis prend of­fi­ciel­le­ment sa re­traite mais conti­nue à tra­vailler uni­que­ment pour gar­der le contact avec le mi­lieu de la chasse qu’il aime tant. En 2012, il de­mande et ob­tient la na­tio­na­li­té bur­ki­na­bé. Dans la droite ligne de ce qu’avait mis en place Jean-Louis, Pa­trick va pour­suivre l’ac­ti­vi­té d’im­port-ex­port. Il nous a confié : « Jean-Louis a eu une vie tel­le­ment riche et il avait tant de connais­sances qu’il fau­drait un livre pour ra­con­ter son par­cours. Il était avant tout un homme hon­nête et gé­né­reux, tou­jours prêt à ai­der son en­tou­rage. J’ai un grand res­pect pour lui… » L’en­semble de la ré­dac­tion de Connais­sance de la Chasse adresse ses plus sin­cères condo­léances à sa fa­mille.

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