Chute d’un grand roi de la brousse

Connaissance de la Chasse - - Étranger -

Comme il en a l’ha­bi­tude de­puis huit ans, le guide fran­çais (Apha et Aggc) Ni­co­las Dubich s’est ren­du au dé­but 2015, pour le compte de l’agence W Sa­fa­ri de Georges Guillard, sur la zone bur­ki­na­bé de Pa­ma Centre Sud du conces­sion­naire Ben­ja­min Bas­so­no pour conduire quelques sa­fa­ris. C’est ain­si qu’au dé­but du mois d’avril, il a ac­cueilli un chas­seur amé­ri­cain dé­si­reux de ré­col­ter un lion. Au cours des trois pre­miers jours de cette vil­lé­gia­ture, plu­sieurs bons pieds de mâles sont re­pé­rés sans que ja­mais le contact vi­suel ne puisse être éta­bli. Le cin­quième jour, une grosse em­preinte est re­le­vée au­près d’un point d’eau. La re­mon­tée dure 30 min. au bout des­quelles l’équipe dé­couvre au dé­tour d’un bas-fond que l’ani­mal est en com­pa­gnie d’une lionne et de quatre lion­ceaux. Pas ques­tion de ti­rer en pa­reil cas. Le chas­seur est déçu mais com­prend. Une heure plus tard, une très grosse trace (11 cm de lar­geur de cous­si­net) est dé­cou­verte. Il s’agit d’un très grand lion. Une heure et de­mie de pis­tage plus tard, le fé­lin est vu se dé­fi­lant. Le ju­ger est com­pli­qué. Un pis­teur par­ti en avant pour vé­ri­fier la trace re­vient en an­non­çant que le chat a tué une fe­melle d’élé­phant à une cin­quan­taine de mètres de là. Ni­co­las sait alors qu’il a toutes les chances de re­voir le fuyard. Il prend le temps de trou­ver un coin d’af­fût et l’at­tente com­mence. Elle est de courte du­rée. Le lion, sans doute ti­raillé par la faim, re­vient droit sur sa vic­time. Il est à en­vi­ron 40 m. Le PH le suit dans ses jumelles. Il ra­conte : « Je le vois, il est énorme. La scène est ir­réa­liste. Nous sommes ca­mou­flés der­rière des feuillages. Concen­tré sur sa viande, il ne nous voit pas et s’ar­rête à 25/30 m. Mon chas­seur tire. Sa balle est très basse dans l’épaule. Il re­tire et le lion dis­pa­raît dans un bas-fond en pous­sant des gro­gne­ments à vous gla­cer le sang. Le mi­lieu est très sale et je ne cherche pas à m’ap­pro­cher. À deux re­prises, je vois le bles­sé sans pou­voir faire feu. Je sais que plus le temps passe et plus nous nous met­tons en danger. Le lion nous a re­pé­rés. J’aper­çois sa tête qui nous fait face. Il fouette de la queue et dé­marre en pous­sant un ter­rible ru­gis­se­ment. Au même ins­tant, la 416 de mon client claque et le chas­sé dis­pa­raît. Je m’avance seul et trouve la dé­pouille. Ce fé­lin est de taille ex­cep­tion­nelle. De retour au camp, je pro­cède aux men­su­ra­tions comme l’obligent les au­to­ri­tés du Bur­ki­na Fa­so. Le roi déchu me­sure 2,78 m de long pour une hau­teur de 1,22 m au gar­rot. Son crâne af­fiche 39 cm de long pour une lar­geur de 25 cm. D’après nos re­cherches, il se si­tue dans les 25 meilleurs lions au clas­se­ment Sci. C’est, sans au­cun doute, le plus gros de ma car­rière. Pour information, nous avons vu 17 lions en deux se­maines de chasse. »

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