Bonnes nou­velles

Connaissance de la Chasse - - Édito - Fran­çois-Xa­vier Al­lon­neau fx.al­lon­neau@edi­tions-la­ri­viere.fr

Sou­ve­nez-vous. Il y a quelques sai­sons, le lièvre brun fai­sait grise mine. Et puis, mi­racle, le ca­pu­cin est re­ve­nu. Certes, l’ani­mal a fait et fait un re­tour va­riable se­lon les ré­gions et les ter­ri­toires. Il n’em­pêche, ce gi­bier ap­porte gé­né­ra­le­ment de bonnes nou­velles. À quelques per­drix grises et rouges na­tu­relles près, le lièvre est « le » gi­bier sé­den­taire – et sau­vage – de nos plaines. Le la­go­morphe illustre éga­le­ment l’un des suc­cès de la ges­tion des chas­seurs, et pour­tant il re­vient de loin. Re­mem­bre­ment et dé­fri­che­ment oblige, la plaine et le bo­cage lui concèdent tou­jours moins de cou­vert. La pré­da­tion mul­ti­plie les at­taques de cor­neilles, pies, re­nards, ra­paces diurnes, chats et chiens er­rants. Au bec, à la dent et à la serre, s’ajoute la route, tou­jours plus fré­quen­tée, tou­jours plus meur­trière de jour comme de nuit. Et puis, il faut comp­ter avec des pra­tiques agri­coles rudes pour l’es­pèce : mé­ca­ni­sa­tion des tra­vaux, fau­chai­son ul­tra­ra­pide des lu­zernes, brû­lage des chaumes, broyage des pailles, trai­te­ments chi­miques mor­tels… La li­ta­nie des ca­la­mi­tés s’en­ri­chit de nom­breuses ma­la­dies bac­té­riennes (pseu­do-tu­ber­cu­lose, pas­teu­rel­lose, tu­la­ré­mie – trans­mis­sible à l’homme), pa­ra­si­taires (coc­ci­diose, dif­fé­rentes formes de stron­gy­lose) et vi­rales (Ebhs, Eu­ro­pean brown hare syn­drome, ap­pa­ru au dé­but des an­nées 1990, et la toute nou­velle Rhdv2, Rab­bit he­mor­ra­gic di­sease vi­rus 2, lire n° 484 d’août de Connais­sance de la Chasse, page 32). Ajou­tez une mé­téo par­fois né­faste (gel, neige per­sis­tante, pluies ex­ces­sives, prin­temps froids et plu­vieux), et vous ob­te­nez un cock­tail dé­vas­ta­teur. Mais c’était sans comp­ter sur le chas­seur ! Ce­lui-ci dé­ve­lop­pa la ges­tion de l’es­pèce. Il mit au point le plan de chasse, créa des Gic, re­strei­gnit voire sus­pen­dit la chasse du lièvre. Après des dé­cen­nies d’ef­forts de la part du monde cy­né­gé­tique, l’es­pèce re­lève les oreilles. Si la sai­son pas­sée avait an­non­cé un fré­mis­se­ment en fa­veur du rou­quin, l’ou­ver­ture 2016 de­vrait confir­mer le re­tour du lièvre sur da­van­tage de ter­ri­toires. Ce­la mal­gré de nom­breux obs­tacles comme nous l’avons vu. Alors, sa­vou­rons la bonne nou­velle. Et ap­pré­cions les chasses du lièvre, tant l’es­pèce se cap­ture de mul­tiples fa­çons : seul de­vant soi, en ligne, en bat­tue, au chien le­veur, au chien d’ar­rêt, au chien cou­rant, à tir, à courre, à l’arc et même « au bâ­ton » ! Un mode de chasse nou­veau, cou­sin de la vè­ne­rie, qui fait la part belle au tra­vail du chien cou­rant, et aux ruses de la lèbre. L’ac­tion de chasse plus que le ta­bleau. Ou le re­tour à l’es­sen­tiel [lire page 62].

L’es­sen­tiel de la chasse c’est aus­si la convi­via­li­té, le par­tage. Dans l’Aude, les Ac­ca ne cessent de s’ou­vrir. La bat­tue tra­di­tion­nelle aux chiens cou­rants ac­cueille dé­sor­mais à bras ou­verts les chas­seurs « étran­gers ». Ils dé­cou­vri­ront, vous dé­cou­vri­rez, que, si chas­ser le san­glier au poste dans la gar­rigue des Hautes-Cor­bières est spor­tif, ce­la consti­tue éga­le­ment un plai­sir as­su­ré [lire page 102]. Le chas­seur s’adapte. D’ailleurs, iI ne fait que ce­la de­puis des di­zaines de mil­liers d’an­nées. Ce qui a per­mis à l’homme d’être ce qu’il est au­jourd’hui. Belle ou­ver­ture à nos amis al­sa­ciens et mo­sel­lans (23 août), corses (4 sep­tembre), du Sud (11 sep­tembre) et du Nord (18 sep­tembre). Bonne lec­ture à toutes et à tous.

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