Au ferme illi­co

Connaissance de la Chasse - - Photo Choc -

C’est à l’oc­ca­sion de l’en­traî­ne­ment d’une meute de beagles que Jean- Ch­ris­tophe Taillefer, chas­seur in­vé­té­ré mais aus­si pas­sion­né de pho­tos ani­ma­lières, a pu fi­ger cette spec­ta­cu­laire scène de ferme dans les Deux-Sèvres. Le san­glier sus­cite bien des convoi­tises, ne se­rait-ce que par sa dan­ge­ro­si­té et les ruses dont il fait preuve pour semer ses pour­sui­vants. Ar­rive un mo­ment où, las de cou­rir, mais aus­si par­fai­te­ment cons­cient de la puis­sance qu’il dé­gage, il ne va pas hé­si­ter à af­fron­ter ses as­saillants. Fai­sant montre de di­verses at­ti­tudes d’in­ti­mi­da­tion, c’est avec une agres­si­vi­té non feinte qu’il en dé­coud alors avec la gent ca­nine. Cette si­tua­tion, dite de ferme et bien connue des conduc­teurs, est par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reuse tant pour les auxi­liaires ca­nins que pour les tra­queurs. Chaque an­née, de nom­breux li­miers font ain­si les frais d’une séance de su­tures chez le vé­té­ri­naire, lors­qu’ils ne sont pas tout sim­ple­ment tués par la bête fé­roce. De la même fa­çon, des ac­ci­dents, plus ou moins graves, sont par­fois à dé­plo­rer chez la gent hu­maine. Si l’image pro­po­sée pré­sente un mâle jo­li­ment ar­mé et ac­cu­sant plus de 130 kg, ne croyez pas pour au­tant que le ferme soit le do­maine ré­ser­vé des gros san­gliers. Les fe­melles ac­com­pa­gnées de mar­cas­sins, voire de bêtes rousses, ont elles aus­si la fâ­cheuse ten­dance à uti­li­ser ce moyen de dé­fense. Bien que ra­re­ment ar­mées, elles n’en sont pas moins dan­ge­reuses, ne se­rait-ce que par les coups de bou­toir et les mor­sures qu’elles tentent d’in­fli­ger. En­fin, bles­sé ou ac­cu­lé dans ses der­niers re­tran­che­ments, un ra­got n’hé­si­te­ra pas non plus à se mettre au ferme. D’or­di­naire, les piqueux savent, à la voix de leurs auxi­liaires, dé­tec­ter si ceux-ci se trouvent ou non face une telle si­tua­tion. Les ré­cris se font alors plus har­gneux et plus puis­sants que ceux pous­sés sur la voie d’un ani­mal se for­lon­geant, et pro­viennent tou­jours du même en­droit. Le de­voir du maître d’équi­page, ou des as­ses­seurs, est alors d’agir au plus vite pour pro­té­ger les chiens, soit en ten­tant de faire cou­rir le sui­dé, soit en l’ache­vant. Mais gare, ce sont tou­jours des mo­ments dé­li­cats où la pru­dence doit res­ter de mise. Jean-Ch­ris­tophe Taillefer, avec Gé­rard Ha­ge­net

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