Ca­nard chas­sé par les grands froids ?

Connaissance de la Chasse - - Courrier Des Lecteurs -

Ha­bi­tant en bor­dure du Pe­tit Lay, pe­tite ri­vière ser­pen­tant au coeur du bo­cage ven­déen, j’ai, ce 24 jan­vier, pho­to­gra­phié cet étrange ca­nard. Suite à la vague de froid de ces der­niers jours, la chaus­sée dis­tri­buant le mou­lin était com­plè­te­ment prise par la glace, à l’ex­cep­tion d’une pe­tite nappe d’eau en bor­dure des pelles. C’est ici que se trou­vait cet oi­seau ma­gni­fi­que­ment co­lo­ré. Il m’est ar­ri­vé à quelques re­prises d’ob­ser­ver des col­verts sur cette ri­vière, mais ja­mais un tel ca­nard. Un ami m’a lais­sé en­tendre qu’il s’agis­sait pro­ba­ble­ment d’un ca­ro­lin. Avez-vous une ex­pli­ca­tion quant à la pré­sence de ce spé­ci­men ? » Alexandre Blai­neau, Mou­champs (Ven­dée)

Il ne s’agit non pas d’un ca­nard ca­ro­lin, mais d’un ca­nard man­da­rin mâle. Ces deux es­pèces ont comme ca­rac­té­ris­tique com­mune un plu­mage des plus co­lo­rés qui en fait des oi­seaux ma­gni­fiques. Leurs ori­gines sont tou­te­fois bien dif­fé­rentes. Si le ca­ro­lin niche en Amé­rique du Nord, le man­da­rin est quant à lui ori­gi­naire de l’est de l’Asie. Ce der­nier se ren­contre en Chine, Co­rée, Ja­pon et en Si­bé­rie ex­trê­meo­rien­tale. Tou­te­fois, il fut in­tro­duit en An­gle­terre au dé­but du siècle, et les pre­mières re­pro­duc­tions eurent lieu dans le Parc zoo­lo­gique de Londres. En 1928, des es­sais d’éle­vage furent me­nés avec des in­di­vi­dus non éjoin­tés sur le lac Fox­wa­ren, au sud-est de la Grande-Bre­tagne. Quelques in­di­vi­dus s’échap­pèrent et fi­nirent par for­mer de pe­tites co­lo­nies « sau­vages ». C’est ain­si que le pre­mier man­da­rin fut ti­ré en 1938 sur la Ta­mise. Avec l’avè­ne­ment de la Se­conde Guerre mon­diale, plu­sieurs des oi­seaux par­qués en An­gle­terre s’échap­pèrent à leur tour avant de se re­pro­duire li­bre­ment. Au­jourd’hui, de fa­çon ré­gu­lière, des ob­ser­va­teurs si­gnalent des man­da­rins ac­com­pa­gnant d’autres mi­gra­teurs le long des côtes at­lan­tiques. Il est donc théo­ri­que­ment pos­sible que ce ma­gni­fique ana­ti­dé soit is­su d’une souche sau­vage. Mais ce n’est qu’une hy­po­thèse… Il nous semble en ef­fet beau­coup plus plau­sible qu’il se soit échap­pé de l’en­clos d’un col­lec­tion­neur voi­sin.

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