2. Pas la même terre…

La na­ture du sol au­ra éga­le­ment une in­ci­dence sur la chasse des chiens. Entre la caillasse du Mi­di et le sous-bois hu­mide so­lo­gnot par exemple, la dif­fé­rence est no­table. Ima­gi­nez un peu.

Connaissance de la Chasse - - Obstacles et qualités -

Le cal­caire tran­chant et les as­pé­ri­tés des sols de la gar­rigue chauf­fée au rouge en été sont sans doute un des pires cau­che­mars de nos meutes. Les bons chiens, les plus re­qué­rants, les plus in­fa­ti­gables se­ront aus­si ceux qui souf­fri­ront le plus. Sou­vent, l’abra­si­vi­té des roches les rend in­dis­po­nibles pen­dant plu­sieurs jours : on ne compte plus les cous­si­nets fen­dus. Cer­tains ter­ri­toires sont cou­verts de caillasses, une dif­fi­cul­té lors des rap­pro­chers, la voie étant alors bien moins forte. En cas de perte, les chiens les plus re­qué­rants et obs­ti­nés dé­bus­que­ront les ani­maux. Un fin li­mier – ils ne sont pas lé­gion – fe­ra sou­vent le bon­heur d’une Acca ou d’une com­mu­nale… Il n’est pas rare qu’un ex­cellent chien se né­go­cie plu­sieurs mil­liers d’eu­ros. Les arié­geois, les gas­cons et autres bleus four­nissent d’ex­cel­lents rap­pro­cheurs sur de tels ter­rains.

La voie est vite per­due

Sur le lit­to­ral, les ma­ré­cages, re­paires ap­pré­ciés des san­gliers, offrent des condi­tions éga­le­ment très dif­fi­ciles aux chiens. De­man­dez à un pi­queux de Ca­margue ce qu’il en pense. La voie des ani­maux est vite per­due dans les ma­ré­cages… et les me­nées dans ce bio­tope sont par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reuses pour les chiens de pe­tite taille, alour­dis quel­que­fois par des gi­lets de pro­tec­tion né­ces­saires mais par­fois très gê­nants. Dans les Landes, les sols sa­bleux ne fa­vo­risent pas non plus la prise d’odeur, no­tam­ment en dé­but de sai­son, et les meilleurs li­miers ont par­fois du mal à re­mon­ter jus­qu’aux re­mises. En mon­tagne, le dé­ni­ve­lé met aus­si l’or­ga­nisme des chiens à rude épreuve et la suc­ces­sion des jour­nées de bat­tues sur une longue sai­son contri­bue, si une nour­ri­ture adap­tée no­tam­ment en hi­ver ne suit pas, à la fa­tigue du chien. Les bru­nos du Ju­ra, les chiens cou­rants suisses ou les chiens de Saint-Hu­bert se­ront par­faits sur ces ter­ri­toires.

Les ter­ri­toires vastes et for­te­ment dé­ni­ve­lés sont l’apa­nage des chiens en­du­rants et bien gor­gés.

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