Les ques­tions qui visent à re­pous­ser l’in­évi­table

Cosmopolitan (France) - - La Une -

Si je fais une heure de sieste, que je mate trois vi­déos ● sur You­Tube et que j’es­saye un nou­veau bun, me res­te­ra-t-il suf­fi­sam­ment de temps pour en­voyer ce mail urgent que je n’arrive pas à ré­di­ger ? Non, je vais de­voir, ivre de stress, bâ­cler deux phrases dont la moi­tié des mots au­ront les lettres in­ver­sées, et mon des­ti­na­taire le re­ce­vra pile cinq mi­nutes après la der­nière li­mite.

Ce gra­tin séché dans le plat que j’ai la flemme de faire ● trem­per dans l’évier, ça peut at­tendre de­main, non ? Ça peut. Si je tiens vrai­ment à souf­frir de la Gra­tou­nette, ça peut.

Si je mange cette ra­clette, que je l’ar­rose de vin blanc, ● que je re­prends deux fois du des­sert en mé­di­sant de ma voi­sine, avant d’en­chaî­ner clope sur clope et sieste, et que je re­pousse mes ré­so­lu­tions de nou­velle an­née à de­main, est-ce que ce se­ra tou­jours va­lable, sa­chant que de­main c’est le 6 mai ? Non.

Le moins dou­lou­reux c’est de le pla­quer avant ou après les ● va­cances ? Avant. Là, il ne sait pas en­core que je le trompe. Pour­quoi je me les pose ? Pour me don­ner l’im­pres­sion que la ques­tion m’em­bar­rasse alors qu’en réa­li­té, c’est la si­tua­tion qui m’em­bar­rasse. Je dé­pense des tas de neu­rones pour re­pous­ser au lieu de ré­soudre et ce temps per­du suf­fi­rait souvent à ré­gler le pro­blème.

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