Ça, je n’au­rais pas dû le mettre on­line

Et si on tour­nait les doigts sept fois sur le cla­vier avant de pos­ter un truc en ligne ?

Cosmopolitan (France) - - La Une - Par So­phie Billaud et Ch­loé Plan­cou­laine Pho­to Re­bec­ca Sch­weins

Et si on tour­nait les doigts sept fois sur le cla­vier avant de pos­ter un truc en ligne ? Par So­phie Billaud et Ch­loé Plan­cou­laine.

« LOL »

Voilˆ ce que je com­mente sous la pho­to hi­la­rante dÕune amie bou­teen- train. Elle poste rŽ­gu­li•re­ment des images ou ci­ta­tions co­miques sur Fa­ce­book. Cette fois, cÕest la pho­to dÕun bon beauf, torse nu sous sa sa­lo­pette, avec un cÏur <3 iro­nique en lŽ­gende. Je poste un bon gros LOL donc, et jÕar­gu­mente m•me dans un deuxi•me post : « Le style qui tue. » Sauf que cette fois, ce nÕest pas une blague, mais une pho­to de son pa­pa chŽ­ri, comme me lÕap­prend une amie com­mune par MP. Maïa, 24 ans

Un tweet po­li­tique

Pour les der­ni•res Žlec­tions prŽ­si­den­tielles, je suis ˆ fond ! CÕest la pre­mi•re fois que je vote, jÕai mes idŽes et un par­ti po­li­tique prŽfŽrŽ. Ë une se­maine du pre­mier tour, je suis tout ex­citŽe et ba­lance « CÕest le mo­ment ou ja­mais, tous der­ri•re Ni­co­las Sar­ko­zy ! » sur Twit­ter. En quinze mi­nutes, la moi­tiŽ de mes fol­lo­wers se dŽ­sa­bonnent de mon compte. Je re•ois des tex­tos de mes potes me de­man­dant quelle mouche a bien pu me pi­quer. Bah au­cune ! CÕest juste que jÕai ja­mais vrai­ment parlŽ de mes opi­nions po­li­tiques et que je le fais pour la pre­mi•re fois sur un rŽ­seau so­cial. Peut-•tre une mau­vaise idŽe, dÕailleurs. Mé­la­nie, 23 ans

Mon bon plan res­tau sur un fo­rum

Dans les com­men­taires dÕun ar­ticle sur les res­tau­rants lyon­nais, une fille ex­plique quÕelle vient pas­ser quelques jours dans la ville et quÕelle cherche un res­tau aty­pique. Elle aime lÕau­then­ti­citŽ et la cui­sine mai­son. ‚a tombe bien ! JÕai une su­per adresse ni­chŽe sur les pentes de la CroixRousse o• ils font les meilleurs gra­tins dau­phi­nois du monde. CÕest un res­tau familial pas tr•s connu avec une dŽ­co « ma­mie bri­tish » et des plats faits mai­son ! Hop, je lui file lÕa­dresse, le nom et lui prŽ­cise que cÕest vrai­ment une perle. DÕautres in­ter­nautes com­mentent mon post et ont aus­si bien en­vie de tes­ter mon plan. CÕest le pe­tit res­tau des pentes qui va •tre content. Trois mois plus tard, ma can­tine fŽ­tiche af­fiche com­plet chaque fois que jÕy mets les pieds. Le bouche ˆ oreille du Net, •a nÕa pas que du bo­nÉ Ka­tia, 32 ans

Une dé­mo de danse sur You­Tube

Il y a un an, je com­mence le hoo­ping – de la danse avec un hu­la hoop. Et en juin, je par­ti­cipe au spec­tacle de fin d’an­née. Mes amis me tannent pour voir la vi­déo du spec­tacle. Je fi­nis par cra­quer, je poste la vi­déo sur You­Tube et j’en­voie le lien par mail à mes amis. Grosse er­reur : je n’ai pas pri­va­ti­sé la vi­déo avec un mot de passe. C’est quand une col­lègue tombe des­sus et la fait tour­ner dans tout l’open space que je re­grette. De­puis, c’est le running gag. Je dois même faire une dé­mo au pro­chain pot… Ca­role, 31 ans

Des pro­blèmes de couple sur mon blog

Je tiens un blog de psy­cho et avec plus de 1 500 fans Fa­ce­book, il marche plu­tôt bien. Je parle d’amour, de psy­cho­lo­gie mas­cu­line, de sexe mais aus­si de cé­li­bat. Un jour, je fais un ar­ticle sur les pro­blèmes de li­bi­do en couple. J’y ra­conte l’his­toire d’un homme qui a une baisse de dé­sir et les pro­blèmes que ça en­gendre. De nom­breuses lec­trices té­moignent. Mais quand mon mec tombe sur l’ar­ticle, clai­re­ment ins­pi­ré de notre vie in­time, je re­çois son der­nier tex­to : « J’au­rais pré­fé­ré qu’on dis­cute de nos pro­blèmes avant que t’en parles à tes lec­trices. Tu m’as man­qué de res­pect, vaut mieux qu’on en reste là ! » Mo­ra­li­té ? Le Net n’est pas mon jour­nal in­time, je ne fais plus au­cune al­lu­sion à ma vie per­so. Fa­rah, 27 ans

Mes ta­lents de ska­teuse sur adop­teunmec.com

Alors que cer­taines sont à fond sur les sur­feurs, moi c’est les ska­teurs. Ce qui me plaît ? Leur cô­té casse-cou et grunge à rou­lettes ! Sur adop­teunmec.com, ils ont car­ré­ment créé un cri­tère pour les sé­lec­tion­ner : le kiff to­tal ! De mon cô­té, j’ai aus­si in­di­qué que j’étais une pas­sion­née de skate. Ça les at­tire tous ! Le jour où je ren­contre Jules en chair et en os, il me parle de sa pas­sion pour ce sport, de ses com­pètes à tra­vers le monde… Trop ex­ci­tant ! Puis il se met à me par­ler de son der­nier pop shove-it, des curbs et il me de­mande si je maî­trise bien le switchs­tance. Hein ? Quoi ? Euh… Com­prends pas. Grillée : mon pro­fil ment, je ne suis ja­mais mon­tée sur un skate. Clé­mence, 21 ans

La pho­to d’un pote

Je me sers de Fa­ce­book comme d’un album pho­to que je par­tage avec mes vrais amis. Les autres, je les bloque sur des listes res­tric­tives. J’ou­blie par­fois que tout le monde n’uti­lise pas les ré­seaux de la même fa­çon. Mon ami Fred, par exemple, se sert de Fa­ce­book pour trou­ver du bou­lot. Il pose en cos­tard sur sa pho­to de pro­fil et ne poste que des trucs sé­rieux. Ça fonc­tionne : il ob­tient un en­tre­tien. Et lors­qu’il arrive, son fu­tur em­ployeur lui de­mande s’il n’est pas trop fa­ti­gué. Bi­zarre comme ques­tion. Moins bi­zarre quand il dé­couvre que la veille, sans ré­flé­chir, j’ai ta­gué une pho­to de lui sur Fa­ce­book, les yeux rouges et un mo­ji­to à la main. Pas­ca­line, 24 ans

« Alors, comment va ton pe­tit bi­dou ? » sur le mur d’une amie

Je l’ai croi­sée la se­maine d’avant, dans une belle robe de gros­sesse. In­no­cem­ment, je lui de­mande des nou­velles via son mur Fa­ce­book. Une heure plus tard, elle efface mon mes­sage et m’en­voie un tex­to fu­ri­bond : « Mer­ci, on peut comp­ter sur ta dis­cré­tion, pfff. » Elle ne l’a pas en­core an­non­cé à tous ses proches, et je viens de la griller de­vant ses 250 friends. Dont je ne fais plus par­tie. Aman­dine, 29 ans

Un tag : « Au Sucre à Lyon »

Dans le nou­veau bar bran­ché de la ville, ma soirée com­mence bien. Je si­rote une mar­ga­ri­ta et j’échange les der­niers po­tins avec mes deux meilleures amies. De­puis mon smart­phone, je me tague sur Fa­ce­book. Une heure plus tard il dé­barque : le re­lou de ma pro­mo qui like tous mes posts de­puis que j’ai ac­cep­té sa de­mande d’ami. « Si­mon ! Qu’est-ce que tu fais là ? » Il est ve­nu tout seul et m’avoue : « J’ai vu que tu y étais, je me suis dit pour­quoi pas… » Oui mais là tu vois, c’est une soirée entre filles. C’est ce que j’au­rais dû lui dire, mais je n’ai pas osé. On a pas­sé le reste de la soirée à cher­cher des su­jets de conver­sa­tion avec lui. Je dois une tour­née à mes amies, mais avant, mon Fa­ce­book mé­rite un gros tri. Inès, 22 ans

Le dé­tail d’un édifce go­thique sur Ins­ta­gram

Je suis pas­sion­née par l’architecture et sur­tout par les mo­nu­ments historiques. Mon compte Ins­ta­gram est blin­dé de pho­tos de gar­gouilles ou de clo­chers d’église. Dès que je vois un dé­tail qui me plaît, je shoote et pu­blie sur Ins­ta. Ce jour-là, c’est une croix toute bis­cor­nue qui at­tire mon at­ten­tion. Je la prends en pho­to et je la mets en ligne. Dans l’après-mi­di, mon cou­sin me prend à par­tie : « T’au­rais quand même pu évi­ter d’ins­ta­gram­mer pen­dant l’en­ter­re­ment de notre ar­riè­re­grand-oncle, non ? » Euh… Ouais, pour ma dé­fense, je l’ai vu qu’une fois le grand-oncle. Bon, c’est vrai que ça se fait pas trop, mais Oba­ma a bien fait un sel­fie pen­dant l’en­ter­re­ment de Man­de­la, non ? Pau­line, 22 ans

Un nou­veau sta­tut

Mon amou­reux est par­ti au travail. J’ai en­core une pe­tite heure avant de quit­ter l’ap­part à mon tour et je surfe sur Fa­ce­book. Puis je poste un nou­veau sta­tut : « Beau­ti­ful day in Tou­louse ! » Pro­blème : de­puis une heure, je suis connec­tée sur son pro­fil, pas le mien. Mais je ne réa­lise ma bê­tise que trop tard. Mon mec a dé­jà dé­cou­vert « son » nou­veau sta­tut. J’ai dû avouer que je che­ckais son Fa­ce­book pen­dant son ab­sence. Et ra­mer pour re­ga­gner sa confiance… Caroline, 25 ans

Une pho­to trop ca­non

Je change ma pho­to de pro­fil pour une nou­velle, avec so­leil cou­chant et corps d’athlète af­fi­né par ma jo­lie pe­tite robe noire. En quelques heures, je ré­colte des di­zaines de likes et les « waouh » de mes amis. C’est tou­jours bon pour l’ego. J’ai juste zap­pé un dé­tail, que mon amie Amé­lie n’ou­blie pas de me rap­pe­ler dans son com­men­taire : « Ce

ne se­rait pas la robe que tu m’as “em­prun­tée” il y a deux ans ? » Si. Et même que je lui ai pro­mis ju­ré que je ne l’avais plus et que si, si, je lui avais ren­due. Béa­trice, 29 ans

Un ha­sh­tag #ma­boss es­tu­ne­con­nasse sur Twit­ter

Gros coup de nerfs contre ma boss qui me ba­lance en pleine réu­nion qu’elle n’a rien com­pris à ma pro­po­si­tion pour re­lan­cer le pro­jet Ur­gis et que ce se­rait sym­pa que je re­tra­vaille l’axe Ta­tris. Euh… Elle se fout de moi ? Ça fait trois mois que je tra­vaille sur ce dos­sier week-ends com­pris ! Une fois à mon poste, faut que je me lâche. Je chope mon por­table et tweete : « Rasle-bol ! #ma­bos­ses­tu­ne­con­nasse. » Et tac ! Ma ven­geance vir­tuelle ter­mi­née, je me re­mets sur mes dos­siers. Quinze jours plus tard, je re­pré­sente mon travail et ma boss ap­pré­cie le nou­veau pro­jet. Elle me fé­li­cite plu­sieurs fois puis me lance : « Ta­tia­na ! Je vou­lais vous dire #vo­tre­bos­sest­surt­wit­ter. » Oups ! Ta­tia­na, 27 ans

Une pho­to de la Stan Smith Party sur Ins­ta­gram

La ré­édi­tion de la Stan Smith, c’était LA soirée où il fal­lait ab­so­lu­ment être pen­dant la Fa­shion Week pa­ri­sienne ! Si t’es quel­qu’un de cool, t’étais for­cé­ment à cette soirée, au mi­lieu de Ka­nye West et Ben­ja­min Mille­pied, le ma­ri de Natalie Portman ! Y avait une am­biance de dingue avec un monde de fou, et de l’al­cool à go­go. Le mo­ment pour se la pé­ter : je poste une pho­to de la soirée sur Ins­ta­gram et je ha­sh­tague #soi­rée­deouf, #jyé­tais #stans­mi­th­fo­re­ver… En 30 mi­nutes, j’ai plus de 60 likes dont un com­men­taire : « Hé mais c’est ma pho­to ! T’es pas gê­née toi ! » Grillée : la soirée Stan Smith, j’y ai ja­mais mis les pieds. Car­la, 24 ans

Ma nou­velle coupe de che­veux

Long d’un cô­té, mi-long de l’autre. Osé, mais j’adore. En­fin une coupe qui sort du lot. Quelques se­maines après avoir pos­té la pho­to de ma win ca­pil­laire, je re­marque un phé­no­mène étrange : une, puis deux, puis quatre filles dans mes amies vir­tuelles m’ont tout bon­ne­ment co­piée. Je les ima­gine mon­trant ma pho­to à la coif­feuse : « Je veux la même. » Grrrr ! Laura, 30 ans

Le nom de mon ex sur Fa­ce­book

Oui, je sais, c’est pas bien de stal­ker son ex sur Fa­ce­book. Mais je ne peux pas m’em­pê­cher de vé­ri­fier qu’au­cune fille ne s’ap­proche de trop près sur ses pho­tos. Tant que per­sonne ne me voit… Sauf que ce jour-là, au lieu de ta­per son nom dans la barre de re­cherche, je me trompe : je tape son nom dans la barre de sta­tut et j’ap­puie sur en­trée. Pa­niiique ! J’efface au plus vite, mais le mal est fait : je sais que, dans les heures qui suivent, mon sta­tut va sur­vivre dans le fil d’ac­tua­li­té de mes friends. Une amie me le confirme par MP. #la­honte. Ma­nelle, 27 ans l

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